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 Curiosité malsaine [suite]

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Elladan
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MessageSujet: Curiosité malsaine [suite]   Jeu 26 Mar - 20:06

Rp précédent: Ici

Je marche dans les ruelles de la cité...
Nospheria me suit toujours, furtive au point que je dois temps en temps regarder derrière moi pour m'assurer qu'elle m'emboite encore le pas...
Je traverse des carrefours, emprunte des venelles lugubres au sol de lave, serpente et tourne à travers des successions d'embranchements tortueux, m'aventure dans des ruelles biscornues où les maisons hétéroclites sont si rapprochées qu'elles s'effleurent presque et oblitèrent toute lueur des étoiles, frôle des murs à la peinture écaillée, passe devant de sombres tourelles imposantes, traverse des places vides aux masures contre les façades desquelles nos pas se répercutent et nous reviennent en écho, tout ça sans même y penser.
Je connais cette ville par cœur, j'y ai si souvent déambulé sans but, plongé dans mes pensées...
Le sens de l'orientation de tout autre être qu'un Démon aurait depuis bien longtemps déclaré forfait dans ce labyrinthe...
Si elle ne parvenait pas à me suivre et me perdait de vue, je doute que, aussi puissante qu'elle soit, Nospheria puisse un jour sortir de ce chausse-trape, ni qu'on la laisse faire de toute façon...
A la vitesse où je marche, elle aurait d'ailleurs depuis longtemps pu être distancée mais elle tient bon sans difficulté apparente ni plainte d'aucune sorte semble-t-il...
Premier test passé avec succès.
Nous arrivons enfin dans une partie où les rues sont plus larges et plus droites, dallées de marbre noir, où les bâtiments sont massifs et richement entretenus (mais pas pour autant moins lugubres), la luminosité augmente imperceptiblement...
Nous atteignons le cœur de l'Empire...
Après quelques centaines de pas dans cette « avenue » principale, je m'arrête face à un bâtiment sans distinction particulière si ce n'est qu'il est bien plus grand que ceux qui l'entourent.
Simple, obscur et trapu, une porte en chêne bardée de montants d'airain...
La porte laisse déjà deviner que ce ne sont pas n'importe quelles bricoles qui sont entretenues à l'intérieur...
Mon invitée ne pourra jamais deviner le nombre de pièges mortels qui se seraient abattus sur elle si elle s'était avancée dans cette partie de la ville, et à proximité de ce bâtiment en particulier, si je n'avais pas été là...
Face à moi, ils se rétractent comme des rats fuiraient dans leur antre...
Je sors vivement une clef à la forme alambiquée de mes frusques et ouvre la fameuse porte.
J'entre et invite d'un geste Nospheria à me suivre.
Elle n'a pas ouvert la bouche du trajet. Elle a suivi sans n'émettre aucun commentaire ni curiosité déplacée.
Bien, j'apprécie sa tempérance...
Il n'empêche que j'aimerais beaucoup voir son beau visage se tordre de douleur sous ma lame...
Je repenserai à ces petits plaisirs plus tard...
Face à nous s'ouvre une pièce spacieuse.
Spacieuse est un euphémisme, immense serait un plus juste mot.
Des étagères dans lesquelles s'entassent des milliers de volumes de toutes tailles, de toutes formes, traitant de tous les sujets imaginables s'offrent à nous à perte de vue.
Les étagères s'enchainent, remplies de livres poussiéreux et d'autres moins, certaines œuvres sont bien connues des Démons, d'autres sont oubliées...
Peut-être contiennent-elles les secrets de quelque puissance perdue?
C'est possible, probable même...
En voyant la quantité d'ouvrages ici, contenant plus de trésors et de connaissances que de nombreux royaumes, on ne peut douter que certains, délaissés dans un coin ou l'autre, renferment des savoirs inestimables qu'il vaudrait la peine de redécouvrir...
Ou peut-être pas...

Je me tourne vers la Nécromancienne:


« Nous y voici.
Libre à toi de consulter ces ouvrages.
Prends-en soin, ils sont inestimables. »


Je désigne une chaise non loin de l'entrée.

« Je t'attendrai et te surveillerai d'ici.
Je ne te conseille pas d'essayer de quitter la pièce ou de me jouer un quelconque mauvais coup...
Ce serait surtout fâcheux pour toi... »


Je me dirige vers la chaise et m'y assieds.
Maintenant il s'agit de la surveiller. Bien qu'elle ne me semble pas hostile, je n'arrive pas à croire qu'elle prenne tous ces risques pour ces ouvrages, précieux j'en conviens, mais elle aurait peut-être pu les trouver ailleurs...
En fait, non, certains volumes sont uniques, elle peut y faire de bien intéressantes découvertes...
Je m'étonne plutôt qu'on lui ait permis d'accéder à la bibliothèque...
Ma chaise est dure, son dossier, droit, tout sauf confortable en somme...
Tant mieux, je ne risquerai pas de m'endormir.

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Nospheria

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MessageSujet: Re: Curiosité malsaine [suite]   Dim 5 Avr - 12:33

Il m’entraîne d’un pas rapide dans un dédale de ruelles sombres et silencieuses. Fort heureusement, elles sont désertes.
Les seuls sons me parvenant sont le bruit de ses pas et le froissement de nos capes.
Malgré la cadence de notre marche, mes yeux repèrent discrètement chaque détail, les transmettent à mon esprit qui les stocke dans un coin de ma mémoire. Cela pourrait bien me servir, un jour.

Bientôt, le décor change. Je devine que nous arrivons à destination, et j’en suis soulagée. Ma respiration se faisait plus courte, presque sifflante, et je n’aimerais pas qu’il décèle une quelconque faiblesse chez moi.
Mon regard se pose sur le sol lisse. J’en perçois la chaleur à travers la mince semelle de mes sandales. Sandales que j’ai de plus en plus de mal à supporter.
J’ai horreur de porter des chaussures… mais je ne voulais pas passer pour une sauvageonne devant eux, ils n’auraient pas pris ma demande au sérieux.

Enfin, nous nous arrêtons devant un grand bâtiment sinistre. La porte est épaisse, elle exhale un parfum de bois sans âge… un frisson d’excitation me parcourt l’échine.
Il me semble qu’une éternité s’écoule tandis que la clef tourne lentement dans la serrure. Je reste impassible, en apparence, mais bouillonne intérieurement.
L’idée qu’il m’entraîne dans un piège ne me vient même pas à l’idée, tant je suis fixée sur mon objectif.

Il entre, m’invite à le suivre…

Waow…



Mais Waow ! Ce n’est pas l’Enfer ici… c’est le paradis.

J’avoue, je les avais sous-estimés. Je ne pensais pas me retrouver dans une immensité de merveilles pareille.
Une vie ne suffirait pas à tous les consulter…

Elladan se tourne vers moi pour quelques recommandations inutiles.
Je ne le regarde plus, mon intérêt est ailleurs.
Oubliée mon envie mordante de l’avoir comme sujet de torture. Elle reviendra plus tard, lorsque j’aurais étanché une partie de ma soif de connaissances.
Sans lui prêter attention, j’avance. Je l’ai frôlé, je crois. J’ai vaguement senti l’étoffe de sa cape me chatouiller le bras.
Navrée, tu étais sur mon chemin...

Je n’ai jamais connu ça, mais je crois qu’en ce moment, je ressens exactement la même chose que ces enfants qu’on gâte trop au matin de Noël. Un émerveillement, suivi d’une question à laquelle on ne veut pas répondre immédiatement, pour faire durer le plaisir, ce petit frisson de suspense qui prend place au creux de l’estomac.
Par où commencer ?

D’abord, laisser au pied d’une chaise mes sandales inconfortables. Le sol frais contraste avec la chaleur de l’air.
Déposer sur le dossier ma cape trop encombrante.
Remonter mes cheveux, les attacher avec la fibule, afin qu’ils ne me gênent pas dans ma lecture.
C’est comme un rituel.
Voilà… je suis prête.

Je m’aventure entre les hautes étagères remplies d’ouvrages de toutes sortes. Mes doigts effleurent les reliures de cuir, comme ils caresseraient le corps d’un amant.
Tout mes sens sont en éveil… je vis.

Je déambule dans les allées, au milieu de ces livres encore inconnus.
Je les déguste par avance.
Je les apprivoise.
Certaines couvertures ont bien résisté au temps, d’autres sont ternes, écorchées, fripées comme la peau des vieux sages croisés au détour d’une légende.
Il est aisé de reconnaître ceux qui sont le plus consultés.
Et puis les autres, les délaissés. Couverts de poussière, racornis, malheureux.
Mais je suis là, et je viendrai, tout à l’heure, vous débarrasser de votre carcan grisâtre.

Retour vers l’entrée, là où j’ai repéré le mot botanique.
Un coup d’œil furtif à mon cerbère. Il veille, raide comme la justice.
Il a l’air fatigué.
Je prends un malin plaisir à me dire qu’il préfèrerait être dans un lit douillet plutôt qu’ici, tandis que de mon côté, je suis dans un état d’extase absolue.
Je lui tourne le dos et disparais entre les rayonnages avant qu’il ne puisse déceler mon sourire.

Botanique donc…
Celui-ci m’a attirée dès que je suis entrée dans la pièce. Sa couverture est écarlate, le titre en lettres dorées. Très tape à l’œil.
Le sujet est explicite : les plantes à poison, où les trouver, comment les exploiter pour en faire des venins mortels.
La Nox Eis fait partie de cette catégorie de fleurs. Si rare que je n’en ai trouvé trace dans aucun ouvrage. Avec un peu de chance, celui-ci fera exception à la règle.

Je l’ouvre avec précaution, commence à en feuilleter quelques pages.
Doucement, je me laisse glisser le long de l’étagère pour me retrouver assise en tailleur, sur le marbre froid.
Sans quitter l’écriture élégante du manuscrit posé sur mes genoux, je sors de la petite bourse attachée à ma ceinture un bâton de cannelle et commence à le suçoter en silence, concentrée.

La nuit promet d’être riche en découvertes.
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MessageSujet: Re: Curiosité malsaine [suite]   Dim 5 Avr - 21:33

Je lui parle mais elle m'a déjà oubliée...
Elle avance droit devant elle vers le savoir.
Elle m'effleure au passage.
En temps normal, l'être qui aurait osé me toucher n'aurait pas vécu plus de trois secondes après ce geste fatal...
Mais dans ce cas précis, je me surprends à la regarder partir, presque rêveur, alors que le bout de mon bras où elle m'a frôlé me semble brûler de l'intérieur...
Reprends toi Ella!
Mais le temps que je me secoue et m'apprête à lui faire regretter ce malheureux contact, elle est déjà loin, au milieu de ses livres...

Je l'observe de loin, émerveillée, regardant tout autour d'elle, comme un enfant trop gâté ne sachant pas quel cadeau de Noël ouvrir en premier...
Elle rayonne.
Tout à fait différente de la Nospheria taciturne et morne que j'ai rencontré aux Portes...
Elle se découvre, relève ses cheveux, dévoilant sa nuque pâle, et s'en va à la recherche d'un premier cadeau à ouvrir...
Elle disparaît vite de ma vue, les yeux rivés sur les couvertures des ouvrages entassés là...
Pendant un moment, je ne repère plus aucun mouvement, juste le bruit de ses pas sur les dalles de marbre noir, le bruissement de ses doigts frôlant la tranche de nos précieux ouvrages...
Je la vois réapparaitre, me jeter un coup d'œil moqueur, puis me tourner le dos, toujours à la recherche de je-ne-sais quelle connaissance...
Je me surprends à rêvasser tout en regardant les courbes de mon invitée se déplacer et se révéler de façon attrayante sous sa robe si cintrée, alors qu'elle louvoie entre les ouvrages...
Je me secoue à nouveau.
Qu'est-ce qui ne va pas chez toi Ella?
A nouveau, elle se fond entre les étagères...
Mais cette fois-ci, elle ne s'éloigne pas, elle semble avoir trouvé son bonheur à une ou deux étagères de distance, si bien que je peux apercevoir, à travers les percées dans les étagères, ses mouvements furtifs...
Une fois un bout de sa tunique, une fois un bras, une autre l'éclair de ses cheveux noirs...
Si mes souvenirs sont bons, elle doit s'être arrêtée du côté des œuvres de botanique.

Je me lève et marche en silence vers elle, autant pour la surveiller et pour voir ce qu'elle a décidé de consulter que pour me dégourdir les jambes et m'empêcher de m'endormir.
J'emprunte le « couloir principal » tracé entre les étagères et en dépasse quelques-unes avant d'arriver au bout de la rangée sur laquelle elle a jeté son dévolu.
Elle est encore à quelques mètres de moi, assise à même le sol, contre l'étagère, suçant un objet non-identifiable...
Je ne pense même pas qu'elle ne m'ait remarqué tant elle est concentrée sur sa lecture.
Je continue de m'approcher jusqu'à ce que je la surplombe de toute ma hauteur et puisse voir ce qu'elle lit.
Botanique...
Ou comment tuer de mille et une recettes différentes...
Ma mémoire n'est pas si défaillante tout compte fait.
Au moins, elle s'intéresse à un sujet dans lequel la bibliothèque est assez riche pour que sa quête ait peu de chances d'être vaine...

« Intéressant »

Tout en m'assaillant à son image sur le sol froid, non loin d'elle, ce murmure m'échappe dans un souffle.

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MessageSujet: Re: Curiosité malsaine [suite]   Mar 7 Avr - 10:56

Je tourne les pages une à une, de plus en plus vite.
De plus en plus fébrile.
De plus en plus frustrée.
Je n’ai pas besoin de détailler chaque paragraphe. Quelques secondes me suffisent à déceler les mots intéressants. De plus, l’ouvrage est enrichi d’illustrations particulièrement réussies, rendant son étude encore plus rapide.
Des fleurs blanches, l’auteur en a répertorié des centaines. Mais pas celle que je cherche.

Je ne sais pas à quoi je m’attendais. Cette étendue de connaissance ne demande qu’à être dégustée, savourée comme un met exquis.
Ces vieux grimoires me testent, ne m’accorderont pas leur confiance tout de suite.
Ils vont me laisser explorer, et ne se dévoiler que peu à peu.
J’espère juste avoir assez de temps pour les séduire…

Trop concentrée, perdue dans mes pensées, je ne l’ai pas entendu arriver.
Mon cerbère…
Je garde la tête baissée sur mon opuscule, obstinément, mais reste sur mes gardes. Son ombre me cache un instant la faible luminosité. Je devine qu’il jette un œil à ce que je consulte.
Cela me parait assez logique, même si je n’apprécie que très moyennement que l’on épie mes lectures par-dessus mon épaule.
Quelques secondes d’immobilité tendue…
Il s’éloigne de quelques pas, je respire à nouveau.

Oui, je m’intéresse aux plantes dangereuses. Quelles conclusions va-t-il en tirer ?
S’il savait…

Je fais comme si je ne l’avais pas remarqué, mais il vient d’ébranler royalement mon recueillement studieux.
Sa présence est troublante.
Je ressens moins d’hostilité qu’à son arrivée, il semble plus calme, plus… je ne saurais dire, pour affiner mon jugement, il faudrait que je le regarde.
L’aura ne révèle pas tout, parfois.

Il va bien falloir que je me décide à relever la tête, j’arrive à la fin du manuscrit.

On dirait que mon gardien a décidé de rester à proximité, pour mieux me surveiller.
J’ai entendu le froissement de sa cape, décelé son mouvement du coin de l’œil. Il s’est assis à même le sol.
Je sens son regard posé sur moi…
Dans le silence fragile des lieux, je n’ai aucun mal à percevoir ce mot caché dans un souffle.

Je relève la tête, le regarde.
La curiosité a fait fondre la glace de ses yeux… juste un peu.
Intéressant, tu trouves ? C’est parce que tu ne sais pas ce que je cherche…
Je referme le volume relié de cuir sans quitter le nécromant des yeux.

Mauvaise pioche, il m’en faut un plus ancien, ne traitant pas uniquement de cette région.
Avec précaution, je me retourne, juste pour remettre le livre en place au dessus de ma tête, et en choisis un autre.
Péché de gourmandise, j’aimerais tous les lire…
Celui-là semble intéressant. Grisâtre, pas très épais, poussiéreux. Il passe presque inaperçu entre les autres.
Je reprends ma position initiale, donne un petit coup de dent à mon bâton de cannelle pour sentir son goût épicé ravir mes papilles.

La main gauche caressant la couverture de mon nouveau sujet d’étude. La droite tenant ma friandise. Je suis prête pour un nouveau voyage.
Presque…
Parce que mon regard, lui, préfère le bleu des yeux du démon aux pages jaunies attendant sagement sur mes genoux.

Je dois me concentrer Elladan…
Je sais que tu dois me surveiller, mais tu ne peux pas rester là, ton regard d’azur posé sur moi.
C’est de l’anti-jeu…

Alors si tu veux encore épier ma lecture, il faudra t’approcher.
Je me détourne légèrement, pour m’arracher à cette contemplation. Il suffit de peu pour qu’il ne puisse plus me voir de face.
Obstinée, je replonge dans mon étude botanique.
Beaucoup moins attentive à ce que je lis que tout à l’heure…
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MessageSujet: Re: Curiosité malsaine [suite]   Dim 14 Juin - 20:16

Elle garde les yeux obstinément baissés.
L'impression est difficilement descriptible mais j'ai l'impression que sa tête, immobile, est la résultante de deux forces qui s'opposent...
Sa soif de connaissance et sa curiosité...
Tout aussi curieux, je l'observe, me demandant qui l'emportera.
Ah! Elle relève la tête, une manche à rien...
Elle me darde de son regard, nos yeux se croisent, s'entrelacent, s'accrochent, se mêlent...
Le claquement de l'ouvrage refermé d'un coup sec brise le lien, l'instant éternel et force le temps à reprendre son cours...
Je secoue le tête, ces yeux... D'un noir si profond... Uniques et inimitables...
Assortis d'un reflet mauve? J'ai cru l'apercevoir, peut-être l'ai-je imaginé...
Elle me fixe toujours mais le reflet – réel ou pas – a disparu...
Finalement, ce pour quoi elle est ici reprend le dessus et elle se retourne – à regret? – afin de jeter son dévolu sur le prochain ouvrage, condamné à être dévoré.
Il était bien dissimulé, minuscule, poussiéreux, presque invisible entre ces deux géants qui l'entouraient, mais rien ne lui échappe, elle le voit, s'en empare et le mène vers son destin; il sera vidé de sa substance, comme le précédent, et comme les suivants...
Elle semble hésiter un instant puis se place légèrement de biais afin de me tourner le dos et se plonge résolument dans sa nouvelle découverte.

Pendant quelque instants, le silence n'est plus troublé que par le froissement intermittent des pages jaunies par le temps...
Je tente de me réintégrer dans mon rôle de gardien imperturbable, intimidant même, mais des sentiments s'infiltrent en moi, me détournant de mon but.
C'est la glace qui emprisonne mon âme, mon cœur qui me procure cette insensibilité si bien venue...
Quel plaisir que de ne pas se soucier de l'extérieur! Que de ne pas être toucher par quelconque sensation! Que de pouvoir torturer et massacrer ses semblables sans remord!
Mais cette glace fond en sa présence et mon âme engourdie retrouve ses sensations...
Je dois résister, je ne peux pas céder.
Éprouver des sentiments? Et puis quoi encoure?
Et surtout pour elle... elle qui n'en éprouve pas elle-même... Avoir de l'intérêt, de la curiosité pour un être aussi sensible qu'un bloc de marbre?

Peut-être est-ce là que se situe le problème en fait...
J'ai trouvé en une ennemie un reflet – bien altéré mais reflet quand même – de ce que je suis...
Et contre ça, contre cette attirance à plonger en moi, à m'engloutir dans cette quête de l'identité, je ne peux rien.
A travers elle, c'est moi que je retrouve...

Je me lève enfin – que faire d'autre? – et étire, tel un félin, mes membres ankylosés.
Veillant à ce qu'un de mes pas sur la pierre nue ou qu'un claquement de ma cape ne la détourne pas de sa lecture, je m'approche d'elle.
Comme précédemment j'observe ce qu'elle est en train de lire, toujours de la botanique, peut-être trouvera-t-elle son bonheur cette fois-ci...
Mais cette fois, je ne m'assieds pas à quelques mètres – histoire de pouvoir la surveiller tout en gardant une vue d'ensemble – mais à côté d'elle, à quelques dizaines de centimètres à peine, assez proche pour pouvoir distinguer chaque lettre de son ouvrage... ou encore chaque pli de sa robe...

Pourquoi m'être placé si proche d'elle?
Je ne sais pas... Je pourrais me donner des raisons – surveiller que les connaissances qu'elle déterre ne sont pas un trop grand risque par exemple – mais ces raisons ne pourront tenir bien longtemps...
Rien à faire, j'ai besoin de savoir...
Savoir quoi?
Je ne sais pas non plus... Savoir pourquoi...
Pourquoi quoi?
Pourquoi... Pourquoi sa ressemblance avec mon être me semble si forte peut-être...
Elle réagit comme j'aurais réagi, haït comme j'aurais haï, réfléchit comme je l'aurais fait moi-même... Elle me ressemble.

Et qui se ressemble...

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MessageSujet: Re: Curiosité malsaine [suite]   Dim 20 Sep - 19:49

Cet ouvrage est plus sombre que l’autre. Moins illustré, les descriptions des plantes sont néanmoins plus détaillées.
Je dois me concentrer un peu plus pour repérer les informations qui m’intéressent. Très vite, je suis repartie dans mon étude, oubliant peu à peu mon démon gardien et ses yeux océan dans lesquels j’ai bien failli me noyer.

Rien, absolument rien ne doit me détourner de ma quête…

Obstinément, je lui tourne le dos, le regard parcourant studieusement chaque page du petit livre.
Quand soudain…
Un froissement discret, un déplacement d’air plus léger qu’une brise d’été.
Il bouge…
Est-ce qu’il décide enfin de s’éloigner pour me laisser étudier en paix ? Je tends l’oreille… Non, bien entendu, ce serait trop beau.
Mais… mais qu’est-ce qu’il fait… ah non, ça, tu n’as pas le droit !

Il s’est assis tranquillement à quelques centimètres de mon dos. Je peux presque sentir son souffle sur ma nuque.
Sans que je puisse le contrôler, mes muscles se sont légèrement raidis, comme pour se préparer à un danger imminent.
Je me concentre sur ma respiration pour me détendre un peu, tout en restant attentive à chacun de ses mouvements.Et en me demandant à quoi il joue.
S'il compte juste me perturber, je ne lui laisserai pas ce plaisir. Mais quelque chose me dit qu'il ne s'agit pas uniquement, et même pas du tout, d'un genre de mesquinerie. J'espère qu'il est un peu plus subtil que ça...

Je retrouve ma ligne et reprend la lecture, tournant lentement les pages fragilisées par les années.
Avec la ferme intention de ne pas lui prêter la moindre attention.

Mais il y a son aura qui vient jouer à se mêler à la mienne.
Et puis ce parfum, qui flirt avec mon odorat.
Et tous mes sens focalisés sur sa présence.

Ça m’agace, de ne pas être de marbre.

Mais je ne me retournerai pas…
A moins qu’il ne fasse l’erreur de me toucher.
A cette idée, j’ai machinalement passé un doigt sur mes ongles et la langue au bout d’une canine.
La magie n’est pas toujours l’arme la plus redoutable…
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MessageSujet: Re: Curiosité malsaine [suite]   Jeu 8 Oct - 21:15

Oups!
J'ai peut-être été trop loin.
Je me suis trop approché.
Elle n'a pas bougé mais s'est tendue, raidie, sa respiration est devenue – très légèrement – plus courte.
Cela n'a duré que quelques secondes, quelques secondes avant que sa volonté, sa froideur ne parvienne à reprendre le dessus sur l'étonnement – le malaise? – qu'elle a éprouvé instinctivement à mon approche.
Je n'en éprouve qu'une petite pointe de remords...
Mais c'est déjà trop.
Depuis quand est-ce que j'éprouve le moindre remord suite à mes actes?

De toute façon, remords ou pas, je n'aurais pu faire autrement...
La curiosité est trop forte.
Elle ne fait qu'enfler...
Oui, c'est n'est que de la curiosité, tout simplement.
J'en suis persuadé.
Je m'en convainc encore et encore.
Cela ne peut être que cela!

J'entrave le cours de mes pensées, qui m'emmène invariablement sur la même pente glissante, qui menace, une fois de plus, de me lancer dans une crise identitaire...
Le silence se fait en moi.
Je me rends compte qu'elle s'est replongée dans sa lecture, me rayant, me semble-t-il, totalement de ses préoccupations.

A mon plus grand étonnement, j'en ressens de... de l'agacement?
Non, ce n'est pas ça.
J'essaie d'analyser ce sentiment nouveau et de le nommer...
Non, je ne ressens pas de l'agacement, plutôt de la... jalousie.
Je ne tourne vraiment plus rond là...
De la jalousie envers qui? Envers quoi?
Envers un livre?
Parce qu'il accapare son attention que j'aimerais monopoliser?
C'est la meilleure, celle-la...
Depuis quand est-ce que je me soucie que quelqu'un me porte de l'attention?

Un instant, j'envisage de me déplacer légèrement, de la frôler afin de sentir à nouveau une quelconque réaction à mon égard, de la rappeler à mon bon souvenir en quelque sorte...
De la voir à nouveau se tendre, d'entendre à nouveau sa respiration se saccader pendant une infime instant...
Rien qu'à y penser j'en éprouve une pointe de plaisir anticipé.
Mais je m'arrête avant de commettre cet acte puéril...
Il ne faut pas que je perde de vue que sous ses dehors inoffensifs (tant que l'on ne s'arrête pas à son regard froid comme le marbre du moins), elle est sûrement presque aussi dangereuse que moi...
Et puis, quel âge ai-je pour chercher à obtenir ainsi de l'attention, à l'image d'un enfant gâté?
Il faut vraiment que je prenne l'air moi...
Je deviens complétement insensé.

Je me contente donc de l'observer avec application, de la tête aux pieds, mémorisant chaque parcelle de son être, étanchant ma curiosité insatiable, buvant tout mon soûl de son être mais n'en ayant jamais assez, tel un marcheur assoiffé au sortir du désert, buvant encore et encore...
Cette curiosité est comme un abîme sans fond au coeur de mon être, qui ne demande qu'à être rempli des visons de ses formes parfaites.

C'est alors que je m'attarde sur la peau diaphane de son dos, que sa robe dévoile généreusement, que j'avise une marque étrange, dépassant légèrement de sa robe. Pour le peu que j'en vois, ce tatouage semble harmonieusement serpenter vers le bas de son dos...

Avant que mon esprit n'ait le temps d'assimiler et encore moins d'arrêter l'initiative – manoeuvre perverse! - de mon subconscient, ma main s'est machinalement levée et s'est approchée pour effleurer la marque sur son dos.
Au moment où ma main rentre en contact avec sa peau, fraîche comme un matin d'hiver et lisse comme la soie, mon esprit reprend enfin les commandes de mon corps – trop tard.
Ce contact provoque en moi deux réactions simultanées.
Je ressens comme une délicieuse décharge électrique partant de la main coupable et se répandant dans chaque partie de mon corps, comme si, auparavant incomplet, je venais de retrouver ma partie manquante, comme si chaque particule de mon corps, flottant précédemment au hasard, venait soudain de rejoindre l'espace qui lui était réservé, comme si, tout à coup, je venais de nouer avec l'unicité – quelle sensation enivrante!
Mais ce sentiment de félicité est pour ainsi dire instantanément rendu nul et non-avenu par la tension qui s'empare tout à coup de tout mon corps.
Mon esprit engourdi se réveille enfin et retrouve toutes ses capacités.
Je retire précipitamment ma main.
Le contact n'a pas duré une seconde mais j'ai été trop loin, je le sens.
Elle va réagir, pour sûr, mon subconscient sera satisfait...
Mais j'ai bien peur que sa réaction ne ressemble à une catastrophe naturelle.

Tous les sens en éveil, je me prépare à accueillir l'attaque qui ne manquera pas d'arriver – boule de feu ou autre déferlante de magie débridée.
J'ai dépassé les limites implicitement fixées.
J'ai atteint le point de non-retour.

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MessageSujet: Re: Curiosité malsaine [suite]   Jeu 17 Déc - 14:21

Douleur !
Tout ce que je ressens, durant cette fraction de seconde, c’est une douleur insondable, une souffrance qui se répand en un instant dans tout mon être, qui me brûle de l’intérieur, me donnant envie de hurler.
Comme je la connais, cette sensation.
C’est à cause d’elle que je suis là, pour m’en débarrasser.

Alors je ne hurle pas, parce que ce n’est vraiment pas mon genre.
Je préfère souffrir en silence…

… puis attaquer.

Avant même que la douleur ne se soit dissipée, mon corps a réagi.
Je lâche le livre, qui tombe au sol et se referme avec un petit son doux. Mais bien avant que nous n’entendions ce bruissement de pages poussiéreuses se retrouvant dans une étreinte amoureuse, je me suis retournée.

Tu n’aurais pas dû me toucher, jamais.
Et surtout pas à cet endroit là.
Je vais te le faire regretter.
Tu vas hurler, et tu m’imploreras, encore et encore, d’arrêter ton supplice.
Dans quelques instants, le grand Elladan ne sera plus qu’un jouet. Un jouet entre les mains d’une enfant capricieuse.
La brûlure dans mon dos réclame vengeance.

Une proie assise, aussi vive soit-elle, est si vulnérable…
Dernier effort de mes muscles endoloris, l’impression que des couteaux percent chaque parcelle de ma peau, et me voilà le dominant légèrement. Je ne pense même pas à utiliser la magie et sort directement les griffes.
Assise sur ses genoux, ses hanches solidement emprisonnées entre les miens. Et surtout… surtout son délicieux cou, à la peau veloutée, à la merci de ma main gauche.
Je l’ai poussé contre l’étagère, et le choc a fait tomber deux ou trois ouvrages autour de nous. Je n’aime pas abîmer les livres, il faudra les remettre en place…

Ma main droite a attrapé son poignet gauche pour immobiliser son bras… et puis… et puis quoi ?

L’évidence me revient en plein visage. Qu’est-ce que je vais lui faire ? Il vient pratiquement d’anéantir mes pouvoirs à cause de la douleur, seule la rage me permet de tenir, mais ça ne durera pas.
Alors quoi ? Il lui suffira d’une pichenette pour m’envoyer à terre. Rien qu’un souffle pour m’achever.

Il est chez lui, il a tous les avantages. Tout ce que je peux faire, c’est le lâcher, lui faire croire qu’il ne s’agissait que d’un avertissement. Me laisser le temps de reprendre mes esprits et de canaliser à nouveau mon énergie.
Juste ça…

Alors, après un dernier regard haineux, je desserre doucement mon étreinte, en essayant de reprendre le contrôle de ma respiration.
Ma main gauche glisse le long de son cou, la droite libère son poignet si fin, sans jamais lâcher son regard.
J’ai l’impression que le temps a suspendu sa course, tant la tension est grande.

Plus qu’un mouvement du bassin et j’aurai libéré ses jambes. Ou peut-être qu’il m’aura tuée avant.

Mourir dans une bibliothèque, ne plus jamais souffrir… j’ai presque envie de sourire…
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MessageSujet: Re: Curiosité malsaine [suite]   Ven 18 Déc - 18:11

Je ne m'y attendais pas à celle-la tiens.
Elle aurait tenté de me foudroyer, j'aurais été prêt à l'arrêter, je m'y serais attendu, mais ça...
Retour à l'état primitif.
Dents et ongles.
Primitif peut-être, mais fichtrement efficace.
Je ne peux m'empêcher d'être admiratif.
En un clin d'œil, elle est sur moi.
Elle me domine du regard, serrant fermement mes hanches entre ses cuisses...
Je me surprends à songer que cela aurait pu être plutôt agréable...
Mais la froideur de son regard m'enlève toute envie de profiter du moment.
Elle ne ris pas, elle.
Un soif meurtrière la submerge.
Elle va tenter de me faire payer mon acte au centuple.
Je me prends à me demander pourquoi mon geste a provoqué chez elle une telle rage.
Elle a peu être un sens de la propriété personnelle très développé, ne supporte pas qu'on franchisse sa bulle de protection...
Mais même, sa réaction n'aurait pas été telle. Je fixe son regard hargneux, tentant de déchiffrer ses sentiments...
A travers sa rage, filtre autre chose...
De la douleur.
Elle ne peut entièrement me le cacher. Commençant à entrevoir sa force mentale, je me doute qu'elle doit souffrir mille morts.
Est-ce moi qui ai causé cela?
Un simple frôlement peut donc à ce point la faire souffrir?
Qui sait...

Toutes mes réflexions n'ont duré que le temps d'un clignement de paupières, le temps que je commence à reprendre mes esprits et me prépare à réagir.
J'ai beau commencer à l'apprécier malgré tout – je me demande bien pourquoi d'ailleurs –, je ne compte pas la laisser essayer de me tuer, même si je lui ai causé une effroyable douleur, ce n'est quand même pas comme si je l'avais fait volontairement quand même?

Mais avant que je songe à répliquer, elle semble retrouver ses esprits.
Continuant à la fixer, j'aperçois presque les rouages de son esprit.
Le premier réflexe passé, elle se met à analyser objectivement la situation.
Bien vu ma belle... Même si tu venais à bout de moi, ce qui n'est pas gagné (j'avoue que tu as pris l'avantage mais rien n'est encore joué), que ferais-tu après?
Tu te rappelles où tu te trouves n'est-ce pas?
Je suis le cours de ses pensées et pressens la conclusion à laquelle elle va arriver.
Sans me lâcher du regard, elle desserre lentement, presque sensuellement, son étreinte...

Ce n'est plus moi qui doute à présent, j'ai repris la position dominante.
C'est elle qui doute.
Elle reprend doucement sa position, attendant la riposte qui ne manquera pas d'arriver.

Étonnamment, je n'ai pas envie de la détruire.
Pourtant, quiconque m'aurait menacé ainsi n'aurait pas respiré aussi longtemps qu'elle l'a déjà fait.
Avant qu'elle n'ait pu se mettre hors de portée, je lui reprends les poignets, doucement mais fermement.


« Je ne pensais pas que cela te causerait une telle douleur... »

...

« Excuse-moi »

Ce mot là a eu du mal à sortir.
Il n'est jamais sorti auparavant d'ailleurs.
Je devrais me révolter contre moi, à m'excuser alors qu'elle a failli tenter de me tuer, il y a quelques secondes à peine, mais je n'en ai plus la force, mon armure a volé en éclat et je n'arriverai pas à la reconstituer tant qu'elle sera si près de moi.
Je ressens de la culpabilité alors que je suis en position de lui faire payer cet affront!
Je ne suis plus moi-même.
Ou bien, peut-être n'ai-je jamais été moi-même jusqu'à cet instant?
J'ai changé.
Elle m'a fait changer.

Je fixe ses yeux, son magnifique regard noir, qui tire vers le mauve.
Elle s'est arrêtée dans son mouvement quand je lui ai attrapé le poignet, elle me fixe donc également, à genoux, à moitié relevée, totalement immobile, attendant ma réaction...
J'approche mon visage du sien, me relevant légèrement pour me retrouver à sa hauteur.
Tout en continuant à m'approcher, je songe, que finalement, c'est un avantage qu'elle ait tenté de me tuer; elle sera peut-être plus compréhensive face à l'énormité de ce que je m'apprête à faire...
Le choc et tout ça, vous voyez...
Je ne sais comment elle va réagir, j'appréhende sa réaction, mais il est déjà trop tard.
Qu'ai-je fait...

Mes lèvres atteignent les siennes.

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MessageSujet: Re: Curiosité malsaine [suite]   Mer 23 Déc - 4:16

J’ai attendu qu’il m’achève, mais la mort s’est faite attendre.
Alors que je pressentais une déferlante de colère et que j’essayais de m’éloigner prudemment, il s’est contenté de me rattraper doucement. Sa main, refermée délicatement autour de mon poignet, ne m’a même pas fait mal, ce qui est incroyable puisque mon corps entier n’est qu’une immense douleur en cet instant.

Je me demande furtivement s’il va choisir d’employer une méthode plus subtile pour me faire souffrir davantage, lorsque ses mots me coupent le souffle.

Il vient de me présenter des excuses…

J’en reste abasourdie.
Des excuses !
Je suppose que ce n’est vraiment pas son genre, il n’a pas l’air habitué à prononcer ces mots.
Sa voix me déconcerte également, il ne s’adresse plus du tout à moi sur le même ton qu’à mon arrivée. J’ai ressenti de la sincérité dans ces paroles, et c’est cela qui me touche le plus. Depuis quand se sent-il coupable de faire souffrir une « ennemie » ?

Je ne sais même pas quoi lui répondre. Je vole de surprise en surprise et la souffrance ne m’aide pas à avoir les idées claires.
Le mieux, je suppose, serait de me dégager doucement, de m’éloigner un peu et d’en rester là, avant d’aggraver la situation.
Sauf que…

Le fait qu’il soit si proche à présent me confère un peu de soutien pas désagréable du tout, je peux admirer tout à loisir ses beaux yeux et puis… et puis j’ai encore des livres à explorer, reprend-toi Nïn bon sang !
Quand même… s’il ne me tue pas, quel mauvais coup prépare-t-il ?
Peut-être que…



Je…
Comment dire…
J’ai loupé un truc là, non ?

Il y a un instant, je le menaçais parce qu’il avait osé m’effleurer le dos, et le voilà qui récidive avec un baiser. Ce type est fou, complètement.
Sûrement quelque chose en rapport avec l’air vicié des enfers.
Si je résume, il est hautain, froid, beau à se damner et complètement dingue. Mon alter ego masculin, diraient certains. Ce doit être pour ça qu’il me trouble autant… et que je refuse de me l’avouer.

Il n’empêche que je n’arrive pas à comprendre comment il en est arrivé là…

Tellement estomaquée que je me laisse faire, en plus.
Si j’étais vraiment honnête avec moi-même, j’admettrais…
J’admettrais qu’il m’a plu dès que j’ai posé les yeux sur lui.
J’admettrais que j’ai aimé susciter sa curiosité.
J’admettrais qu’en cet instant, je prends un certain plaisir à sentir ses lèvres contre les miennes.

Mais ce n’était qu’une timide caresse. Comme s’il s’attendait à un retour de bâton.
Je me surprends à sourire intérieurement. Il se méfie encore, c’est bien…


- Tu t’excuses toujours de cette façon, ou c’est une coutume enférienne ?

J’ai parlé à voix basse, par respect pour les lieux, en réalisant que c’était sans doute la première fois qu’il entendait le son de ma voix.
J’ai une envie irrépressible de continuer ce qu’il vient de commencer mais…

Mais là, tout de suite, j’ai un problème plus important.
La douleur qu’il vient de provoquer a déclenché ce que j’appelle une crise. Pas une grosse, pas de celles qui m’obligent à m’enfermer pendant des semaines, pas de celles qui me font réclamer la mort, pas de celles qui me font croire que cette fois, je n’y survivrai pas.
Juste une petite.
Un pic de douleur tellement intense qu’il me fera perdre connaissance, et peut-être cracher un peu de sang. Rien de bien méchant, comparé à ce que j’ai pu connaître.
Seulement, personne n’a jamais assisté à ça. Et je ne tiens pas à ce qu’il soit le premier.

Première étape, m’éloigner de lui, car ce genre de douleur irradie. Même Yzraël me fuit dans ces moments là. Il serait fâcheux qu’il prenne ça pour une contre-attaque en traitre.
Vite, je dois me lever, car la brûlure remonte déjà le long de ma colonne vertébrale.

Concentration. Je rassemble mes dernières forces, pose une main sur sa poitrine et l’invite à se lever en même temps que moi, ainsi, il verra moins que j’ai du mal à tenir debout… j’espère.

Deuxième étape, ramasser les livres éparses sur le sol de marbre et les remettre en place, délicatement, sans lui prêter la moindre attention, histoire de faire le point et de trouver un plan. Je garde néanmoins entre mes bras l’ouvrage qu’il m’a forcée à lâcher il y a quelques instants.

J’ai la tête qui tourne… la nuque enflammée, ma vision se trouble.

En me relevant, j’essaye de ne pas croiser son regard. Mais il m’attire comme un aimant, c’est plus fort que moi. J’aimerais avoir la volonté de reculer, mais mon front vient se poser sur son épaule, et c’est avec difficulté que j’étouffe un gémissement de douleur.


- Tu devrais me laisser un moment… pas de coup en douce, c’est promis.

Un ultime effort, je me détourne de lui et me faufile entre les rayonnages, là où ils sont plus serrés, plus en désordre…
Pourvu qu’il ne me suive pas.
Car mes jambes ne me portent plus.

Je n’arrive plus à respirer correctement.
Je viens de tomber à genou, j’ai la sensation d’être une petite poupée de chiffon. Rien de plus.
Une petite poupée qui s’accroche à la seule chose qui l'attache à la vie : un vieux livre poussiéreux.
Le sol est frais ici, il atténue un tout petit peu le feu qui me dévore.
Je ne dois pas perdre conscience.
Pas ici.
Pas maintenant.

Il ne faut pas…
Surtout pas…
Non…
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MessageSujet: Re: Curiosité malsaine [suite]   Sam 26 Déc - 21:52

Très légèrement, j'abrège le contact.
Je me plonge dans la profondeur de son regard.
Dans ses yeux, j'aperçois tout d'abord la pure surprise.
Je suis moi-même aussi étonné qu'elle.
Je ne sais pas ce qui m'a pris.
Je ne sais toujours pas si je regrette mon geste...
Rationnellement, sachant qui je suis, ce je
dois être, je devrais le regretter.
Mais aussi fort que j'essaie, il m'est impossible de ressentir la moindre once de regret.
Je me sens plutôt... satisfait.
Je devrais me révolter contre ce genre de sentiment si peu en accord avec ma nature mais je commence à me rendre compte que c'est une cause perdue.
Face à elle, je ne serai jamais plus l'être froid et insensible que j'ai pu être.
Il va falloir que je m'y habitue...

Va-t-elle réagir à mon geste comme après notre premier contact?
Sommes-nous condamnés à un éternel recommencement?
Attraction, répulsion, encore et encore?

Je ne la quitte pas des yeux, prêt à tout, mais elle ne semble pas hostile cette fois.
Je me surprends à éprouver un sentiment d'apaisement.
Au moins, elle ne souffre pas dès que je l'effleure, le problème ne vient donc pas de moi, plutôt de là où j'ai posé ma paume je suppose...
Au-delà de son étonnement, elle ne semble même pas répugnée par mon geste.



Un simple chuchotement.
Une symphonie à mes oreilles.
J'ai l'impression que c'est la première fois que j'entends le timbre de sa voix.
Néanmoins cette voix correspond si bien à celle que je lui avais prêtée que je ne me rends pas tout de suite compte que je vis une première...
Avant que je n'ai pu trouver quoique ce soit à répondre, elle pose fermement une main sur ma poitrine et se relève à mes côtés.
Je la regarde, interloqué.
M'aurait-elle
touché?
J'ai du mal à y croire...
Cela m'étonne d'autant plus qu'elle semble l'avoir fait sans aucune raison.
Par
plaisir? Plaisir de sentir le contact de mon corps sur sa paume?
Même si je sens bien que mon cerveau droit – ce traitre! - aurait beaucoup aimé, je commence à un peu trop bien la comprendre pour croire à cette seule raison.
Je m'oblige à l'étudier de plus près...
Et remarque que derrière sa carapace de volonté, légèrement fissurée, la souffrance rompt les digues, la submerge.
Encore...
Se serait-elle alors
appuyée contre moi?
Aurait-elle cherché un soutien auprès de moi?
Elle se met à ramasser fébrilement les quelques livres qui ont chuté lors de notre... altercation.
Je l'observe sans un mot, cherchant le propos approprié.
Je la sens empressée.
Ce fait me trouble encore plus et m'empêche de réfléchir posément.

Avant que je n'ai pu esquisser le moindre geste – décidément, je suis continuellement pris de vitesse aujourd'hui – elle s'adresse à nouveau à moi.
Mon analyse était la bonne, malgré le fait qu'elle mente du mieux qu'elle le puisse, elle ne va pas bien du tout.
Elle ne parvient même plus à masquer correctement ni ses mensonges, ni sa douleur...
Elle tente de me parler gentiment, me tutoie, me fait des promesses...
J'aurais tant aimé qu'elle me parle ainsi sans raison mais je sens qu'elle tente simplement de me rassurer, elle me caresse dans le sens du poil...

Elle s'éloigne rapidement entre les rayonnages.
Je ne sais pas si elle espère réellement que je vais la laisser partir comme ça sans me poser aucune question...
Au-delà de ma méfiance envers elle, qui n'est que minime, elle est tout sauf en sécurité ici, seule.
Se rappelle-t-elle qu'elle se trouve au centre d'une cité dont chacun des habitants sans exception la tuerait sans se poser de question s'il en avait l'occasion?
Je la suis silencieusement à quelques mètres de distance à peine.
Elle ne remarque même pas que je suis dans son dos; elle ne va vraiment pas bien...
Elle parcourt quelques rangées, de plus en plus serrées, s'enfonce vers le coeur de la bibliothèque, le pas de moins en moins sûr.
Elle finit par tituber tituber, tomber à genoux et s'effondrer à même le sol.
Je n'ai rien vu venir, j'ai sous-estimé le problème.
Sans me rendre compte de ce que je fais, je m'élance vers elle.
Délicatement, je la tourne sur son dos afin de voir son visage.
Elle a perdu connaissance.
Me doutant de la douleur qu'elle devait ressentir, c'est sûrement mieux comme ça...

Ses traits apaisés, paupières closes, elle semble si fragile, comme il est dur de ne pas oublier qu'elle a, il y a quelque minutes seulement, hésité à me tuer – hésité à essayer du moins...
Pris d'une brusque inspiration, je la prends dans mes bras et la ramène vers le rayon que nous venons de quitter.
Tenant son corps léger d'une main, je m'efforce de ranger rapidement les ouvrages qu'elle n'a eut le temps de remettre à leur place.
J'hésite à récupérer l'ouvrage auquel elle s'accroche toujours afin de le remettre à sa place mais décide finalement de le placer dans la poche intérieure de ma tunique.
Dès que je suis sûr qu'il ne reste plus aucune trace de notre passage, je passe ma deuxième main sous son dos et marche d'un pas souple vers la sortie.
Je quitte la bibliothèque et me fais happer par la nuit.
L'air glacé s'engouffre dans mes poumons, et moi dans les lugubres venelles de la cité.
Seule la lune éclaire faiblement mon chemin.
Comme tout à l'heure, je parcours rapidement grandes places désertes et ruelles étroites, longe murs écaillés et façades marbrées.
Comme tout à l'heure, les seuls sons audibles sont le bruit de ma respiration et celui de mes pas que les façades me rendent en écho.
Enfin presque.
Cette fois, une autre respiration, plus faible, vient s'ajouter à la mienne.
Cette fois, un autre corps, vient s'ajouter à la chaleur que me procure ma tunique.
A peine gêné par le poids de son corps, au cours ma sombre marche à travers la cité endormie, je me surprends plusieurs fois à la serrer plus fort, d'un geste protecteur, geste que j'abrège aussitôt après m'être pris entrain de l'accomplir.
Je m'arrête finalement face à une simple demeure que rien ne différencie de ses voisines.
Quoi de mieux pour se protéger d'éventuels ennemis que la banalité?
J'y pénètre sans m'arrêter, prenant à peine le temps d'ouvrir la porte devant moi et monte au dernier étage de la bâtisse.
J'atteins enfin mon sanctuaire.
D'une main, j'allume rapidement la bougie posée près de l'entrée.
Une simple pièce fonctionnelle.
Un lit, une chaise et une table sur laquelle repose une plume et un parchemin, quelques objets hétéroclites sur une étagère, trophées ramenés des mes nombreuses escapades, ici une plume ramassée sur le corps d'un monstre vaincu, là un rarissime serre-tête obtenu aux dépens d'un autre...
Aux murs, une toile représentant la Cité, une autre la Déesse.

Je me dirige vers mon lit et l'y pose doucement.
Je passe les draps au-dessus de son corps glacé par l'équipée en ville et m'assieds sur le bord du matelas – rembourré grâce à la participation généreuse de toute une génération d'aigles royaux, ou d'aiglons royaux plutôt – auprès d'elle.
Ne connaissant nullement l'objet de son mal, je ne vois d'autre solution qu'attendre que, la douleur passant, elle recouvre ses esprits.

Je souris en pensant à la situation dans laquelle je me suis fourré.
Ramener un être comme elle dans le seul lieu auquel je me sens – me sentais? – réellement en sécurité.
Dangereuse...
Dangereusement belle.
Je me demande bien sur quoi tout ceci va déboucher.

Je me couche à moitié sur l'espace encore libre et observe un instant sa perfection.
Je laisse mon regard glisser sur les traits de son visage...
Il chute le long de son cou et erre au milieu des draps, suivant les monts et les vallées créés par son corps...
Petit à petit, mes yeux ouverts opposent moins de résistance à mes paupières, qui cherchent sans relâche à les bâillonner...
La fatigue me rattrape; j'ai beau me targuer de ma résistance, je ne suis pas encore exempt de ce genre de contraintes...
Je résiste un peu pour la forme...

Et rends les armes.

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MessageSujet: Re: Curiosité malsaine [suite]   Mar 29 Déc - 23:32

Il fait si froid.
Cette obscurité insondable m’oppresse, je voudrais en sortir mais ne trouve aucun chemin. Je voudrais courir, mais mes pieds restent immobiles, je voudrais hurler, mais aucun son ne sort de ma gorge.
Par contre, je les entends, ces voix fantomatiques, qui viennent me siffler aux oreilles la triste vérité. Et je les vois, ombres parmi les ombres, tourner autour de moi. Ils prennent la forme de tout ce en quoi, tous ceux en qui, j’ai osé croire.

Ils murmurent que je suis perdue, que plus rien ne me sauvera.
Ils susurrent que je resterai seule, que le reniement est mon destin.
Ils me suggèrent d’abandonner.
Ils m’ouvrent un chemin, sur lequel ils m’entraînent.
Je les suis, sans opposer trop de résistance. Car c’est le seul. Car je n’ai pas la force de lutter.
Et pourtant, la panique s’insinue dans mon cœur, un peu plus à chaque pas. Je tente de ralentir, mais ils me poussent, m’agrippent pour m’emmener avec eux…

Et puis soudain… plus rien. Le noir absolu, à nouveau.
Le froid.
Je viens de retomber avec violence dans la réalité.
Mon semi-coma se termine dans un sanglot apeuré, et je reprends conscience de mon corps, encore tremblante. Comme à chaque crise, les cauchemars sont revenus.
Mon cœur bat à me rompre les côtes, mais je ne souffre plus le martyr, au moins.

C’est alors que, les yeux toujours clos, je me rends compte que le matelas sur lequel je repose est bien plus mœlleux que celui meublant ma chambre.
Si je ne suis pas dans mon refuge, je suis forcément en danger. Alors je rassemble mes souvenirs, et tout me revient. La Bibliothèque, Elladan, la douleur, le baiser, et le noir.

Dans quel pétrin me suis-je encore mise ?

Feignant le sommeil profond, j’analyse la situation à l’aide de mes autres sens. Je suis en vie, aucun démon n’a donc profité de mon inconscience pour m’achever, bon point.
La qualité du couchage me fait penser que je ne suis pas dans une cellule de prison.
Je ressens toujours la présence d’Elladan, et en tendant l’oreille, distingue même sa respiration, comme s’il était tout près. Une respiration douce et apaisée.
Je suppose qu’il n’y a pas trop de risque.

J’ouvre les yeux.

Je suis dans ce qui a l’air d’une chambre toute simple, éclairée par une faible bougie dans un coin.
Il semblerait que mon cerbère m’ait ramassée à la petite cuillère pour me mettre à l’abri. Je ne pensais pas qu’il se sentait aussi responsable dans son rôle de gardien.
A moins qu’il n’y ait autre chose… je chasse cette idée séduisante mais dangereuse de ma tête.

En tout cas, lui a l’air profondément endormi. Il devait être vraiment épuisé pour se laisser prendre par le sommeil encore enveloppé de sa cape, et surtout aussi près de moi…
Je le regarde quelques instants. Son visage respire la sérénité, sa poitrine se soulève régulièrement, lentement. Il n’a jamais eu l’air plus éloigné d’un démon qu’en cet instant.
Je tends la main pour repousser une mèche de ses cheveux mais retient mon geste, ne voulant pas le réveiller avant d’avoir examiné la pièce.

Avec précaution, je repousse le drap et me lève. Je suis encore faible, et ma vue est un peu brouillée, mais en regardant par la fenêtre, je constate que nous sommes à l’étage d’une maison. Impossible de fuir par ici si la situation tourne au vinaigre.
La porte quand à elle n’est même pas fermée à clef, je ne suis donc pas prisonnière. Bonne nouvelle. Je pourrais partir, mais je n’ai absolument aucune idée de l’endroit où nous sommes, et tenter de retrouver le chemin vers la sortie serait certainement suicidaire…
Après quelques secondes de réflexion, je souffle la bougie, car la lumière est inutile pour le moment.

Grelottante de froid, je décide alors d’allumer un feu dans la cheminée. Je m’agenouille devant l’âtre et vérifie qu’il contient le bois nécessaire.
Plus qu’à allumer une petite flammèche, j’ouvre la main, geste habituel et… rien.
Je recommence… rien.
Pas même une petite étincelle.
Alors ça… je suppose que je suis trop épuisée pour produire quoi que ce soit de magique, autant me reposer encore un peu, tant que je ne suis pas trop en danger.

La démarche mal assurée, je retourne près du lit dans lequel je me glisse en douceur.
J’ai froid, et le mince drap ne me réconforte pas vraiment.
Du coin de l’œil, j’avise la longue cape d’Elladan. Elle a l’air particulièrement chaude…
D’un geste mesuré et prudent, je tire un pan d’étoffe jusqu’à ce qu’elle nous recouvre tous les deux. Voilà…
Je frissonne encore un peu, mais c’est mieux que rien.

En espérant que mon « gardien » se souvienne qu’il ne souhaitait pas me tuer avant de s’endormir, et qu’il ne change pas d’avis.
Je le regarde encore un peu, mais le sommeil ne tarde pas à me gagner. Déjà, mes paupières se referment.

Pourvu que le réveil ne soit pas trop violent…
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MessageSujet: Re: Curiosité malsaine [suite]   Jeu 31 Déc - 17:59

Non!
Je la vois, là-bas, au loin qui me tourne le dos, qui s'éloigne de plus en plus...
Je m'élance afin de la retenir mais la distance qui nous sépare ne fait qu'augmenter.
Je baisse mon regard vers le sol à mes pieds; il semble me tirer en arrière et lui donner des ailes.
Ce n'est pas lui qui m'arrêtera.
Je frappe du talon avec une ardeur redoublée sur la terre stérile.
Elle semble se rapprocher – un peu... petit à petit...
Je me retrouve enfin à son niveau et, sans réfléchir, l'attrape par le bras.
Son contact me brûle, comme si j'avais saisi à pleines mains un tison sortant de la forge.
Je m'efforce de ne pas laisser échapper le grognement de douleur qui nait au fond de ma gorge.
Je m'efforce de ne pas lâcher prise.
Elle se retourne alors vers moi et je dois à nouveau combattre une envie irrépressible de lâcher prise; ses yeux ne sont que ténèbres, pas la moindre teinte, seulement la nuit.
Sans que je ne puisse réagir, elle se jette sur moi, se dégage de ma poigne et court vers la lumière...
Je vois sa robe, noire comme sa chevelure, noire comme ses pupilles, fendue jusqu'à la taille, voltiger autour de ses jambes à la manière de ses cheveux autour de sa nuque.
Je veux m'élancer à nouveau à sa poursuite mais un regard vers le sol m'apprend que je suis enfoncé jusqu'aux chevilles dans la roche.
Je ne peux que la regarder, impuissant, disparaître dans le tunnel lumineux...
Et, comme des sables mouvants, la pierre m'engloutit, je m'y enfonce sans réagir, les yeux dirigés vers le trou béant dans lequel elle vient de disparaître.
Ce tunnel éclatant, cette lumière insoutenable qui me brûle les yeux, qui s'attaque à mes iris...

Qui se transforme en un premier rayon de soleil matinal qui, profitant de l'occasion qui lui est donnée, s'engouffre joyeusement à travers la fenêtre de ma chambre pour atterrir sur mon visage.
Tout en tentant vainement d'ouvrir mes yeux encore trop sensibles, j'essaie de me remettre les idées au clair, de séparer rêve et réalité.
Chose rapidement faite lorsque, dans une timide incursion à travers le rideau de mes paupières, je me rends compte que je ne suis pas seul sous ma cape.
Parvenant enfin à garder les yeux plus de quelques secondes ouverts, je remarque que, dans son sommeil, Nospheria, s'est blottie dangereusement près de moi, afin de se réchauffer avec un maigre coin de ma cape...
Avec culpabilité, je constate qu'il ne fait pas bien chaud dans la pièce et que, dans la précipitation de la nuit passée, j'ai totalement oublié de récupérer sa cape dans la bibliothèque...
Je me relève légèrement, évitant le moindre geste risquant de la réveiller, et jette un regard vers la cheminée.
Aussitôt, quelques étincelles embrasent le bois sec.
L'atmosphère commence rapidement à se réchauffer.
Satisfait de n'avoir pas dû me lever, je m'apprête à m'enfoncer à nouveau dans le matelas quand l'astre du jour me rappelle à son bon souvenir.
Avec un grommellement, maudissant cette magie inutile qui n'est même pas capable de fermer des rideaux à distance, je me lève doucement pour aller rétablir la pénombre sur la pièce.
Sur mon bureau, la bougie que j'ai laissé allumée durant la nuit, est consumée depuis longtemps et a répandu une mare de cire sur le bois.
Je me dirige vers mon lit et remarque qu'en mon absence, Nospheria s'est mise à trembler..
Je me recouche à ses côtés et, voyant que ses tremblements ne cessent pas, je me serre un peu plus contre elle et passe ma cape autour de ses épaules.

Je me demande tout de même qu'est-ce qui, en elle, m'a fait changer ainsi.
Ou bien peut-être n'ai-je pas changé?
Peut-être suis-je juste différent avec elle?
Je ne sais pas laquelle de ses hypothèses est la bonne...
Je ne pourrai la savoir qu'après avoir repris contact avec le monde...

Malgré que je me sente légèrement cotonneux, Morphée ne semble plus avoir besoin de mes services aujourd'hui...
En attendant son réveil, ne voyant que faire d'autre, je ferme tout de même le yeux...
C'est à présent dans les bras d'Athéna que je me réfugie.
Mon esprit s'agite, mon âme s'envole, mes pensées fusent, s'ordonnent...
Je lâche prise, cesse de me soucier des changements qui s'opèrent en moi, rien de bien important finalement, ne me préoccupe plus de ce que les autres penseront de cet épisode pour le moins étrange, peut-être suis-je tombé dans les bras de Vénus également, mais à quoi bon s'en soucier? Ce n'est pas tellement désagréable et puis de toute façon, je ne vois pas ce que je pourrais faire pour empêcher cela.
Arrivera ce qui doit arriver.
Et comme cela ne m'était plus arrivé depuis longtemps, somnolant dans mon lit, aux côtés de celle qui, il y a une journée à peine, était pour moi une inconnue, je retrouve enfin la paix...

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MessageSujet: Re: Curiosité malsaine [suite]   Dim 3 Jan - 1:02

Il fait bon ce matin, une douce chaleur m’entoure et me laisse savourer ce réveil moelleux.
Pour la première fois depuis longtemps, je me sens parfaitement reposée.
Les paupières encore closes, je me prends à réfléchir à ce que je vais faire de ma journée. Peut-être une balade avec Yzrael…
Profitant encore un peu du calme matinal, je me remémore un rêve étrange au sujet d’Elladan, un démon des enfers. D’autant plus étrange que je ne rêve jamais, mon esprit préférant nettement cauchemarder…
Il est étonnant de voir à quel point les rêves peuvent être stupides. Dans celui-ci, il prenait soin de moi après que je me fus évanouie au beau milieu de leur Bibliothèque. Absurde… rien que l’idée d’accéder à leurs ouvrages me parait impossible, alors la suite…

Je chasse ces pensées de ma tête et dans un étirement félin, m’apprête enfin à abandonner ma couche douillette.
Quand soudain, mes doigts rencontrent… ce qui semble être quelque chose d’humain.
J’ouvre promptement les yeux…


- Shol Vahr !

Le murmure de stupeur m’a échappé et en une fraction de seconde, j’ai sauté hors du lit, n’écoutant que mon instinct primaire.
Et j’ai reculé, prudente, jusqu’à avoir le dos collé au mur le plus proche, les mains levées dans une posture défensive, comme face à un adversaire redoutable.
De là, j’ai regardé Elladan avec de grands yeux ronds… juste un instant, le temps de me reprendre, de me redresser un peu et de faire retrouver à mon visage son masque d’indifférence. Car l’adversaire en question n’a rien d’hostile, du moins pour le moment.

Ce n’était donc pas un rêve…

J’inspire profondément afin de retrouver mon calme, me demandant ce que je vais bien pouvoir lui dire.
Profitant de cette seconde de flottement, je fais un pas en avant et jette un œil autour de moi, me demandant quelle heure il peut bien être.

Des rideaux masquent la fenêtre, mais je devine au liseré de lumière qu’ils cachent que le jour est déjà levé.
Dans la cheminée, un feu crépite et réchauffe agréablement la chambre. Le foyer étant vide lorsque j’ai fait le tour de la pièce pendant la nuit, j’en déduis qu’Elladan l’a allumé durant mon sommeil. Et qu’il n’en a toujours pas profité pour m’assassiner…
Soit il aime les challenges, soit il n’a toujours pas l’intention de me faire de mal.
Je me détends très légèrement.

Je repose le regard sur mon « hôte ».
N’étant pas très bavarde de nature, je ne trouve pas les mots convenant à cette situation improbable. Peut-être qu’il va parler, lui.

Oui, ce serait bien…

Parce que moi, j’ai une drôle de sensation dans l’estomac. Un mélange d’anxiété, et de curiosité. Un peu comme quand je suis entrée dans la bibliothèque, me demandant quelle richesse j’allais trouver, mais aussi quel danger me guettait.

Et si j’ouvre la bouche, les questions vont fuser, incontrôlables. Pourquoi ne pas m’avoir tuée ? Où est-ce qu’on est ? Pourquoi ne pas être restés à la Bibliothèque ? Qu’est-ce que tu comptes me faire ? Qu’as-tu fais de ma cape ? Je peux retourner lire ?

Oui, mieux vaut se taire… Même si je dois lutter pour garder un air plus ou moins digne, ce qui est difficile étant donné les circonstances.

Ne sachant pas non plus quelle attitude adopter, je me contente de rester debout, entre le lit et le mur, à regarder mon ex-gardien.
Et j’attends…
J’attends qu’il se décide à débloquer cette situation pour le moins embarrassante.
Et je redoute déjà l’instant où il me demandera quelques explications…
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MessageSujet: Re: Curiosité malsaine [suite]   Mer 6 Jan - 21:38

Bien qu'immobile, le souffle apaisé, j'étais frais et alerte, lorsqu'elle émergea du sommeil.
Elle commença à bouger, s'étira... et m'effleura la main.
Tout alla alors très vite.
Son souffle, jusqu'alors aussi apaisé que le mien, se coupa.
Je la sentis se lever vivement et s'écarter tout aussi vivement du lit pour aller se plaquer dos au mur, en position de défense.
Je ne m'attendais pas à une telle réaction mais ne m'inquiète pas plus que ça.
Elle doit être légèrement désorientée; à peine réveillée, se rendant compte qu'elle se trouve dans un lieu inconnu, aux côtés d'un démon, un être qui est censé être son ennemi...
Elle va vite reprendre ses esprits...
Du moins, je l'espère...
Il est vrai qu'étant restée inconsciente toute la soirée, elle en est toujours au stade « tout démon est un ennemi et Elladan avec », ou pas loin de là...

J'entends son souple rapide, tendu.
J'entends le plancher de la chambre protester faiblement lorsque ses pieds nus l'effleurent.
Je reste encore quelques secondes immobiles, les yeux clos.
Je daigne finalement ouvrir les paupières et croiser son regard.
Longtemps, nous nous fixons sans rien dire.
Elle ne semble plus sur le point de bondir et de tenter de m'égorger mais elle n'est pas pour autant totalement en paix avec elle-même.
Ni avec moi.
De nombreuses questions doivent la tarauder...
Voyant qu'elle ne semble pas décidée à les poser, je romps finalement le silence.
Ne sachant pas non plus par où commencer, je décide de faire simple et de commencer par le début.
D'une voix monocorde, posée, je commence un récit le plus condensé possible des événements de la veille:


« Je suppose que tu te souviens que tu t'es évanouie...
Ne sachant ce que tu avais, ni le temps que ça allait durer j'ai décidé de t'allonger dans ma chambre.
Ce n'est peut-être pas la meilleure idée que je n'ai jamais eu mais c'est la seule que j'ai eu sur le moment...
Puis... et bien je me suis endormi...

Voilà, je pense que c'est tout...
Ah non, dans la précipitation, j'ai oublié ta cape et tes sandales à la bibliothèque.
Et tu as eu froid pendant la nuit, j'ai donc allumé un feu et ai partagé ma cape...
C'était quand même ma faute si tu n'avais pas la tienne... et également si tu as eu cette... crise... si je ne m'abuse...
C'est quelque chose de courant chez toi d'ailleurs ou bien cela vient juste de moi? »


Plus long que prévu finalement...
Mais tout est dit, je pense...
Ah non!
Je fais un geste vague vers le bureau où j'ai posé son livre après l'avoir sorti de ma poche.


« Et, ne sachant qu'en faire, j'ai pris le livre que tu lisais aussi... »

Le silence se réinstalle entre nous.
J'attends sa réaction...
Espérons qu'elle ne soit pas trop... excessive...

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MessageSujet: Re: Curiosité malsaine [suite]   Jeu 7 Jan - 19:49

Il a ouvert les yeux, tranquillement. Même pas surpris par mon bond hors du lit.
Je le soupçonne de s’être réveillé bien avant moi et d’avoir attendu la fin de mon sommeil réparateur en me tenant chaud.
Si j’avais conscience que les petites attentions gentilles existent, je trouverai ça… plutôt mignon.
Heureusement pour moi, je suis dénuée de toute sensibilité sur ces choses là.
Enfin je crois…
J’espère…

Au bout de quelques minutes à se regarder dans le bleu/le noir des yeux, il rompt enfin le silence. Même si je m’attends à quelques questions embarrassantes, ça m’arrange qu’il engage la conversation.

Le voilà qui me raconte notre nuit, avec son habituel ton égal et sans émotion. Jusqu’au moment où il me souligne que j’ai eu froid.
Ça alors, il se sent coupable. Coupable de m’avoir mise dans cet état.
Encore une fois, il me surprend… Mais je n’ai pas le temps d’analyser cette réaction étrange car il vient d’aborder le sujet que je redoutais tant.

Comme ça, l’air de rien, il me pose une question particulièrement personnelle.
Ça m’agace… d’un côté il est aux petits soins pour moi, il se sent coupable, et d’un autre il fait comme si ça n’avait aucune importance.
Je sais très bien que je le prends mal pour une tout autre raison. Parce que c’était mon secret, que personne n’avait jamais assisté à ça, et que maintenant, je vais devoir me justifier, que ça risque de me mettre en danger, qu’il va peut-être passer le mot à tous ses supers copains démons et… et… je dois me calmer là…
Je respire profondément, et sans lâcher son regard, lui répond entre mes dents :

- Rassure-toi, ça ne vient pas de toi…

Le petit air sarcastique, c’est cadeau, ça t’apprendra… A quoi ? Je ne sais pas.
Ça me fait du bien.
Il « sait » quelque chose de moi, ça suffit comme raison.

Mais sa dernière phrase vient ébranler sérieusement ma théorie bien pratique du « tu m’exaspères ».
« Ne sachant qu’en faire ». Menteur.
Si, comme j’en ai la conviction, il a rangé les autres livres, il n’a donc pas gardé celui-ci par hasard.
Il l’a mis de côté… pour moi…

Et c’est étrange, mais cette attention là, bien plus que le feu dans la cheminée, bien plus que sa cape autour de mes épaules… elle me touche, je crois.
Tout à coup, je le regarde différemment.
Un peu plus… humainement.

Alors pour garder une touche de dignité –oui, celle qui est déjà bien entamée-, je reporte mon attention sur le livre. Et j’essaye d’ignorer le petit chatouillis qui vient de s’installer au creux de mon estomac.
Avec prudence, je fais le tour du lit, en me tenant tout de même à une distance plus que correcte d’Elladan.

Les yeux de nouveau pétillants, je saisis l’ouvrage et cherche la page à laquelle je l’avais abandonné juste avant notre « incident fâcheux ». La voilà…
Mais avant de continuer ma lecture, je suis prise d’une inspiration soudaine.
Je me retourne et le regarde.
J’ai l’impression qu’il attend une réaction de ma part.

- Merci…

Parce que même si ça me dérange, il s’est occupé de moi. Et qu’au lieu de fournir le strict minimum, il a ajouté le petit bonus que je tiens entre les mains.
C’est sans doute idiot, mais ça ne me laisse pas indifférente.

Je décide alors de lui poser une question gênante. Chacun son tour.
Lentement, je m’approche et vient m’asseoir près de lui, sur le lit.
Je n’ai pas lâché son regard un instant.
Je pose le livre sur mes genoux puis, après quelques secondes d’hésitations, je me décide à murmurer…


- Désolée pour… tout ce dérangement.

Quelques secondes encore…

- Pourquoi tu ne m’as pas tuée ?
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MessageSujet: Re: Curiosité malsaine [suite]   Lun 11 Jan - 11:31

Ah...
Les questions personnelles n'ont pas l'air d'être les questions auxquelles elle préfère répondre.
Son regard me l'a bien fait comprendre.
Nos regards s'accrochent toujours... Et ne se lâchent pas.

Cela ne vient pas de moi donc?
Tant mieux... Mais je crois que je n'aurai pas droit à plus d'explications.
Soit.
Cela ne m'intéresse pas plus que ça de toute façon...
Nous sommes ennemis; demain, elle aura quitté la Cité et la vie reprendra son cours, sans elle...
Non?

Par contre, lorsqu'elle a appris que son livre était ici, son regard a changé.
Il s'est... réchauffé.
Elle a même omis pendant un instant qu'il lui était interdit de laisser transparaitre la moindre gratitude.
Toute à son plaisir de l'avoir retrouvé, elle s'approche, oubliant presque qu'elle me considère comme un ennemi mortel, me contourne et va admirer l'ouvrage qu'elle n'a eu le temps d'achever.
Je ne peux m'empêcher de songer avec ironie que c'est ce livre qui m'a fourni la victoire au jeu de « je ne baisserai pas le regard en premier »...
Je continue tout de même de suivre le moindre de ses gestes, essayant de mieux la comprendre, de la déchiffrer...
Pourquoi?
Je ne sais pas.
Mais cela ne peut pas être une mauvaise chose de tenter de mieux la cerner, si?
Elle est déjà sur le point de replonger dans sa lecture et de m'oublier totalement.
Je le vois à ses yeux qui pétillent, son attention accaparée par la couverture de l'oeuvre, imaginant déjà les merveilles qu'elle recèle et qu'elle n'a pas encore découvertes.
Mais elle relève finalement les yeux vers moi.



Non je n'ai pas rêvé, elle m'a bien remercié.
Un mot aussi étrange sortant de sa bouche que le « désolé » qui est sorti de la mienne hier soir...
Tout ça pour un bête... livre.
Je lui ai fourni un lieu sec et douillet où dormir, je ne l'ai pas tuée – ce qui n'est pas un avantage négligeable –, je l'ai tenue au chaud, mais tout cela doit lui sembler moins digne de remerciement.
J'ai toujours un peu de mal à la suivre.
Cela viendra...

Hein?
Mais pourquoi cela viendrait-il?
Demain, elle s'en va; je ne la reverrai probablement jamais au vu de sa discrétion, et voilà, fin de l'histoire.
Non?
J'aimerais bien savoir ce que mon subconscient est en train de tramer...



Ah...
Mon tour d'avoir à rendre des comptes sur mon comportement...
Que vais-je bien pouvoir lui répondre?
Sais-je moi-même pourquoi je ne l'ai pas tué?
Ça oui, facile...


« Et bien, je ne vois pas pourquoi je t'aurais tuée...
On m'a demandé de te surveiller, je le fais.
Et tu n'as rien fais qui mérite la peine de mort...

Bon, il est vrai que tu m'as sauté dessus, hier soir dans la bibliothèque...
Mais disons que tu avais des circonstances atténuantes...
Pourquoi t'ai-je amené ici aurait été une meilleure question...
Mais à cette dernière, je n'ai pas de réponse... »


Non vraiment je ne vois pas...
Je ne sais pas...
Quelques longues secondes passent pendant lesquelles je l'observe intensément, essayant de découvrir mes raisons dans son observation...
Quelles sont donc mes raisons?
Je le sens très mal...
Qu'est-ce qui a ses raisons que la raison ignore déjà?
Cela m'échappe, étonnamment, mais j'ai le sentiment que je préfère ne pas le savoir.
Oublions ça.


« Non, vraiment je ne sais pas.
Je dois avouer que tu me... troubles... Nospheria.
Je ne sais pas encore si c'est positif ou négatif pour toi mais je pense que tu es en droit de le savoir... »


Je ne sais pas non plus pourquoi je lui ai dévoilé mes sentiments actuels.
Peut-être que j'espère qu'elle pourra m'éclairer...
La bonne blague...
Nospheria, qui ne me parle déjà à peine quand elle n'a pas le choix, me parlerait d'un sujet qui ne l'intéresse pas le moins du monde, viendrait éclairer ma lanterne?
Elle se réjouirait plutôt de me voir dans le brouillard.

Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire d'elle...
Et de moi par la même occasion...

Bon soyons objectif.
Quelle est la suite des opérations?
Bibliothèque?
Retour à la case départ?
Départ de quoi au fait?
Quel chemin a été parcouru?
Aucun.
Rien du tout.
Elle est une corvée dont je veux être débarrassé au plus vite.
Mais pourquoi ai-je cette sensation bizarre au creux du ventre lorsque je pense à son départ?
Cette sensation de... vide?


« Bon qu'est-ce qu'on fait maintenant? »

Ah... Et bien j'ai parlé tout haut en fait...
Elle pourra me dire comment elle voit la suite de la journée au moins...

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MessageSujet: Re: Curiosité malsaine [suite]   Jeu 14 Jan - 19:14

Quel long discours pour une question si simple. On dirait presque qu’il prend plaisir à s’entendre parler…
Ou peut-être que ça le rassure, de combler le silence. Il y a des gens comme ça…

En plus, je trouve son excuse incohérente. Il prétend que je ne mérite pas la peine de mort, alors que le simple fait de ne pas appartenir à leur secte de dégénérés aurait pu lui servir d’excuse.
Je suis une ennemie après tout, non ?

Voilà maintenant qu’il me trouve des « circonstances atténuantes ». Ça me ferait presque sourire, tiens…

Vraiment, aucune logique… tu me caches quelque chose Elladan…

Je me garde bien de laisser transparaître une quelconque émotion, mais essaye de déceler un indice dans son regard tandis qu’il m’observe avec un air de profonde réflexion.
Mais lui aussi est un maître dans l’art du visage impassible.
Ses yeux sont juste un peu moins glacés qu’à la normale, rien de plus…

Enfin, il reprend la parole, plus hésitant.

Je le trouble.
Oui, et alors ?
Je me doute bien qu’il ne m’a pas embrassée juste parce qu’il n’avait rien d’autre à faire.
Je trouble les gens sans arrêt depuis ma naissance, pour diverses raisons, et de multiples façons.
On s’habitue… J’ai appris très jeune à ignorer tout ça…

Je m’abstiens tout de même de hausser les épaules.
Parce qu’il a prononcé mon nom… et cette petite sensation étrange au creux de mon estomac est revenue de plus belle.
Est-ce qu’il l’a dit d’une façon particulière, ou bien est-ce juste le timbre de sa voix ? Ou peut-être que j’imagine des choses.
En tout cas, je ne vois pas quoi lui répondre.

Bien sûr, je pourrais lui dire que je ne suis pas totalement indifférente à sa présence mais…non, plutôt crever que me retrouver une seconde fois en position de faiblesse face à lui.

Ce silence est tout de même un peu embarrassant.
Allez, un effort, je dois bien pouvoir trouver quelque chose à dire.

Changeons de sujet, je vais lui demander ce qu’il compte faire de moi maintenant. Après tout, il m’a ramené un livre, il va bien me laisser un moment pour le feuilleter…
Je sens que je peux trouver quelque chose dans cet ouvrage. Il me faut juste un peu de temps.

Et puis, soyons honnête, je ne me sens pas si mal ici. Je n’ai pas vraiment envie de partir tout de suite. L’idée de laisser derrière moi cette magnifique bibliothèque me contrarie…

« N’est-ce vraiment qu’à cause de la bibliothèque ? » me nargue une petite voix, du fin fond de ma conscience…
Je la chasse brutalement, agacée…

C’est alors que le Prince se remet à parler.
Ça me surprend qu’il me pose cette question. Nous sommes bien chez lui non ? Pourquoi me laisse-t-il le choix ? Serait-il un brin gentilhomme ? En tout cas, il n’a pas l’air de vouloir me mettre dehors immédiatement, c’est toujours ça.
Et puis la tournure de sa phrase laisse supposer que nous ferons quelque chose ensemble, ou pas du tout. C’est logique, il a pour mission de me surveiller.
Mais quand même… il doit avoir compris que je ne compte ni le tuer, ni m’en aller avant d’avoir lu tout ce que je désirais.
Il pourrait vaquer à ses occupations, quitte à m’enfermer quelque part. Du moment que j’ai des livres, le reste m’est totalement égal.
Cependant, je suppose qu’il est trop consciencieux pour ça…

Tout à coup, je me rends compte qu’à force d’essayer de décrypter ses moindres gestes et paroles, je suis encore restée muette. Il ne faudrait pas qu’il prenne cela pour une forme d’impolitesse…

Je désigne le livre sur mes genoux…


- J’aimerais le finir, si tu n’y vois pas d’inconvénient…

Quelques secondes de réflexion.
J’ai bien envie de…
Je ne devrais pas dire ça mais… c’est plus fort que moi !


- J’imagine que tu en as marre de ton rôle de Gardien, si tu as des choses à faire vas-y, je ne vais pas me sauver… Ou alors, tu peux m’enfermer dans la bibliothèque…

Je ne sais pas comment il va prendre la petite provocation.
Je sais bien que je n’aurais pas dû.
Mon côté joueur a repris le dessus, l’espace d’un instant.
Et malgré ma raison qui s’affole déjà en prévision de sa réaction, je suis plutôt fière de moi.
J’espère juste qu’il n’a pas vu mon petit sourire en coin…
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MessageSujet: Re: Curiosité malsaine [suite]   Ven 15 Jan - 21:08

Décidément, au plus je me fais bavard, au moins elle parle...
Bon, si elle ne dit rien, je vais devoir faire un choix...
C'est quand même fou que la première idée que me vienne en tête c'est de rester ici, avec elle, de profiter de sa présence...
Je ne vais vraiment pas bien.
Le baiser de hier soir n'aurait-il pas été une simple erreur de parcours?
Cela complique vraiment les choses...



Ah, quel plaisir de ne pas devoir débloquer la situation!
Je ne peux m'empêcher de sourire en coin.
Je ne sais pas si c'est vraiment l'impression que ma mimique donne, je ne suis pas non plus un habitué de ce genre d'acrobaties faciales...
Déjà en tant que gardien, je ne peux me permettre de la laisser seule... Question de sécurité.
Mais maintenant, de plus, une variable plus que subjective vient s'ajouter.
Et l'apparition de cette variable m'embête vraiment.
Non, ce qui m'embête vraiment, c'est que, inconsciemment, je me réjouisse de son apparition.

Il va falloir faire avec.
Je ne pense pas que je pourrai me défaire de mon... addiction... aussi facilement que ça.
Voilà, c'est dit.
Je me suis avoué ce qui me pend au nez depuis hier soir...
Au moins, elle semble avoir gardé tous ses esprits elle.
Enfin, pas tout à fait...


« Non, désolé, ça, je ne pourrai l'accepter.
Ce n'est pas que je ne te fais pas confiance... »


Allez si, un peu quand même.

« Mais j'ai des responsabilités, je ne peux me le permettre.
Désolé. »


Désolé...
Le mot de trop.
Désolé de quoi?
Enfin bon, maintenant que je me suis avoué ma faiblesse, je peux me trouver des excuses, c'est déjà ça de gagné.
Et de toute façon, je n'ai pas envie de faire autre chose que de la surveiller...
Je commence à trouver cette tâche fort plaisante...


« Nous pouvons aller à la bibliothèque maintenant si tu le souhaites.
Mais si tu veux simplement achever la lecture de cet ouvrage, nous pouvons... rester ici. »


Mais pourquoi ai-je dit ça moi?
Il faut que je rattrape le coup maintenant.


« Il y fera sûrement meilleur que dans la bibliothèque... »


Ella, tu racontes vraiment n'importe quoi.
Et tu parles de nouveau trop...
Ce qui fait qu'elle va encore moins parler, si mon hypothèse se confirme...
Donc maintenant, tu te tais.
A toi la main, Nospheria.

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MessageSujet: Re: Curiosité malsaine [suite]   Lun 18 Jan - 16:05

Je m’attendais à ce genre de réponse, mais pas au minuscule sourire en coin l’accompagnant.
Alors comme ça, monsieur aussi est un peu joueur… intéressant…

Et il est encore désolé. Doublement en plus.
Je vais finir par le croire vraiment sincère s’il continue.

Je continue à l’observer tandis qu’il parle.
Imperceptiblement, je le trouve moins assuré.
Ce n’est pas vraiment flagrant, plutôt un ressenti…
Mais peut-être que je me fais des idées.

Comme je l’ai remarqué il y a quelques minutes, il n’a pas l’air très pressé de me voir disparaître. A moins que son sens du devoir ne soit particulièrement développé…
Après tout, il ne me doit rien, je me suis invitée toute seule à la Cité, et il pourrait m’en chasser avec pertes et fracas si l’envie lui prenait.
A condition d’assumer le traitement que je pourrais lui accorder pour m’avoir mise dehors…

Pour l’instant, mon départ n’est pas d’actualité, alors je vais profiter de lui encore un peu.
Lui, le livre !
Pas le démon… enfin…
Il interrompt le cours de mes pensées voguant dangereusement vers des eaux encore inexplorées en reprenant la parole, et même si je n’en montre rien, je lui en suis reconnaissante.

- Nous pouvons aller à la bibliothèque maintenant si tu le souhaites.
Mais si tu veux simplement achever la lecture de cet ouvrage, nous pouvons... rester ici.

Non, ce n’est pas qu’un ressenti, il a bien eu une fraction de seconde d’hésitation.
Mais cela ne veut rien dire, il est normal qu’il préfère rester dans un endroit confortable plutôt que de retourner sur le sol dur ou la chaise raide de la Bibliothèque.
Hier encore, s’il m’avait laissé le choix, j’aurais opté pour la bibliothèque, rien que pour le contrarier. Mais aujourd’hui, quelque chose a changé.
Je me dois bien d’être arrangeante, après ce qu’il a fait pour moi cette nuit.
Ouais… si ma gratitude était la seule raison me poussant à rester à l’abri ici, ça se saurait.

A l’abri… depuis quand je me sens en sécurité dans la demeure de l’un deux ? J’en arrive à penser n’importe quoi, je dois me ressaisir et ne pas oublier les raisons pour lesquelles je suis venue jusqu’ici.


- Il y fera sûrement meilleur que dans la bibliothèque...

Quoi ?
Perdue dans mes pensées, je n’imaginais pas qu’il avait quelque chose à rajouter.
Il aurait mieux fait de s’abstenir, d’ailleurs, car cette phrase sonne faux. Non, pas vraiment faux, mais de quoi se justifie-t-il au juste ?
Pourquoi prend-il la peine de trouver une excuse ?

Je regarde autour de moi…
Meilleur que dans la bibliothèque ? Avec un feu mourant et des rideaux masquant les quelques rayons de soleil qui pourraient réchauffer la pièce ? Bien sûr, bien sûr…
Je crois que finalement, nous avons tous les deux envie de rester ici encore un peu.
Pourquoi ? On verra bien…
Je vais arrêter de me poser des tas de questions, me plonger dans mon livre et advienne que pourra.

Mais avant…
Je me lève, m’approche de la cheminée et replace un peu de bois par-dessus les charbons encore rougeoyants. En créant une flammèche afin de raviver le feu, je vérifie que mes pouvoirs sont revenus. Bien…

Je me tourne vers mon Gardien :


- Oui, maintenant il fera certainement meilleur ici…

Tu vois, je ne suis pas dupe…
Je me détourne bien vite pour masquer mon air satisfait…

Ensuite, trouver l’endroit le plus confortable pour savourer l’ouvrage.
La chaise du bureau… bien trop dure.
Le fauteuil près de l’âtre… pourquoi pas.
Le matelas de plume reste tout de même le plus attirant. Seul problème, et pas des moindres, Elladan est toujours assis, et je ne voudrais pas avoir l’air d’empiéter sur son espace.
Cependant, s’il m’a pardonnée de lui avoir sauté dessus pour le menacer, il devrait bien pouvoir accepter de partager son confortable couchage un peu plus longtemps.
Et puis si ça l’ennuie, nous n’aurons qu’à retourner à la Bibliothèque, ce n’est certainement pas moi que ça dérangera le plus…

Je passe devant la fenêtre et entrouvre très légèrement les rideaux afin d’avoir un rai de lumière suffisant pour lire, puis fais le tour du lit pour retourner de mon côté.
De mon côté ? Je ne saurais dire pourquoi cette pensée m’amuse autant…

Petit instant d’hésitation, je regarde mon gardien, le livre serré entre mes bras, remet en place le drap, puis me décide enfin à m’asseoir à côté de lui.
Le matelas n’est pas aussi large qu’il le paraissait lorsque nous étions allongés l’un contre l’autre, nos épaules se frôlent mais j’ai la sensation qu’aucun de nous n’admettra que ce « presque » contact le perturbe.

Je m’aperçois alors qu’il n’a pas posé sa cape.
Une si grande cape pour un seul homme ? Je lui en emprunte un pan que je passe autour de mes épaules, comme il l’avait si bien fait lorsque j’étais endormie.
Tu as voulu jouer en t’approchant hier… apprend que moi aussi, je sais faire ce genre de choses…
Histoire de justifier mon geste, je lève la tête vers lui :

- Il faudra tout de même que nous allions chercher ma cape…

Nous… voilà que je l’emploie aussi…
Je ne précise pas quand. Après tout, rien ne presse…

Voilà… maintenant que je suis parfaitement installée, je devrais peut-être arrêter de le regarder…
J’y arrive au prix d’un gros effort, et me plonge enfin dans ma lecture.
En un instant, je retrouve la page à laquelle je m’étais arrêtée.

A quoi va bien pouvoir s’occuper mon démon pendant ce temps ?
Question bien vite balayée par le flot d’information contenu dans les pages jaunies que j’ai sous les yeux.

Peu à peu, mon esprit s’évade.
Mon corps se détend…
Le temps suspend sa course…
Je me sens bien…
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Elladan
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MessageSujet: Re: Curiosité malsaine [suite]   Jeu 21 Jan - 19:33

Je crois hélas que mon excuse est tombée à plat...
Elle se lève, allume d'un geste le feu (elle me semble d'ailleurs plutôt satisfaite de la réussite de ce petit tour, mais peut-être ai-je rêvé...).
Je n'avais pas besoin de sa petite touche d'ironie pour comprendre le sens général du message, merci...
En gros, Ella, tu ne bernes personne...
Pas même toi.

Mais, tout ceci ne change rien au résultat; elle préfère également rester ici.
Je ne sais rien de ses raisons – qui sont sûrement totalement différentes des miennes – mais, au moins, nous sommes tous les deux satisfaits.
Elle balaye un instant la pièce du regard.
Ah oui.
Problème intéressant.
Où va-t-elle décider de s'asseoir?
Va-t-elle préférer le fauteuil, plus confortable, près de l'âtre ou plutôt ma chaise du bureau, droite, pour bien me montrer qu'elle ne s'accorde jamais le moindre plaisir, qu'elle reste de marbre en toute circonstance?
Un petit test psychologique involontaire qui va me permettre d'approfondir ma compréhension du personnage...

Elle passe devant les rideaux et les ouvre légèrement afin de laisse filtrer un mince rai de lumière dans la pièce.
Tu aurais pu les ouvrir plus, tu sais...
Ma chambre n'est pas un sanctuaire où seul l'obscurité a droit de séjour...

Elle contourne le lit, s'éloignant de mon bureau.
Je l'observe attentivement.
Elle longe le lit, s'approche de la cheminée... et s'assied à côté de moi sur le lit.

Je mets quelques secondes avant de me rendre compte de ce qui est arrivé.
Mon moment d'immobilité stupéfiée est heureusement passé inaperçu.
D'immobile à immobile, il n'y a pas grand changement...

Tous mes pronostics sont mis à mal là...
Est-ce pour moi – mon coeur a un raté à cette pensée, le fourbe! – ou pour le confort du lit qu'elle s'est assise là?
Je n'ai pas de grand espoir quant à la réponse.
Enfin, cela ne change pas grand chose, si?

Elle se replonge dans sa lecture.
Nos épaules se frôlent.
Aucun de nous deux ne fait mine de vouloir se décaler et abréger le contact intermittent.
J'ai l'impression de commencer à mieux me comprendre, à mieux la comprendre, nous comprendre.
En fait, moi comme elle, nous nous ressemblons; nous sommes totalement incompréhensibles.
Cela ne m'avance pas à grand chose, mais je nous ai au moins trouvé un point commun.

Je me prends – sans grande surprise à force – à apprécier la petite décharge électrique qui parcourt mon corps à chacune de nos courtes liaisons...
Du courant alternatif en quelque sorte...
Je me laisse bercer par cette douce sensation.

Quelques secondes passent, sans bruit...

C'est alors que, sans crier gare, Nospheria s'empare d'un coin de ma cape et s'y glisse.
Je l'observe, muet de stupeur.
Face à mon étonnement, sa réponse est aussi convaincante que la mienne tout à l'heure.
Je ne réagis pas.
Je ne peux m'empêcher d'apprécier cette proximité.

J'essaie, non sans mal, de me concentrer.
Devrais-je trouver une occupation?
Un quelconque moyen pour me changer les idées pendant qu'elle – un imperceptible frisson me parcourt à nouveau alors que nos épaules se joignent une énième fois – est plongée, en apnée, dans les plantes médicinales et autres joyeusetés?
Surtout dans les autres joyeusetés d'ailleurs.

Plus pour m'empêcher d'être tenté de me pencher un peu plus vers elle et de rallonger nos contacts que pour autre chose, je détache doucement la cape et la lui pose sur les épaules avant de me lever et d'aller ouvrir un peu plus grand les rideaux.
Je fais rapidement volte face pour ne pas avoir à faire face à sa réaction.
Peut-être croit-elle que je la fuis?
De fait, c'est un peu le cas...
Mais il faut que je prenne un peu mes distances, afin d'éviter de réitérer mon erreur d'hier soir...
Mais était-ce vraiment un erreur?
Le combat est rude...

J'observe les alentours.
Le ciel est étonnamment dégagé aujourd'hui; c'est une chose rare en ces terres...
Le soleil traverse gaiement les carreaux et se déverse dans la pièce.

J'espère que la lumière ne la dérange pas...
Non mais hé!
Ella!
Tu es chez toi oui ou non?
Tu as quand même le droit de faire ce que tu veux sans te soucier à tout bout de champ de savoir si cela lui plaira ou pas!
Les symptômes de ma maladie sont vraiment effrayants.
Mais tellement agréables ne peut s'empêcher de me souffler une partie de moi, qui menace de m'envahir tout entier ces derniers jours d'ailleurs...

Je ne vois pas du tout à quoi m'occuper, à part à l'observer...
Mais cela n'est définitivement pas une brillante idée.
Ce qui ne m'empêche pas de jeter un regard furtif en sa direction.
A quoi est-elle en train de penser?
Est-elle plongée dans sa lecture, ou bien pense-t-elle à ma fuite?

Je m'efforce de regarder la pièce d'un regard extérieur.
La feu crépitant joyeusement au fond de la pièce.
Les rais de lumière en faisant briller de plein feu tout un pan.
Ses cheveux sombres rendus éclatant par l'astre du jour.
Mon lit, encore défait.
Et enfin elle.
Assise sur celui-ci, plongée dans sa lecture.
Concentrée.
Son visage harmonieux à moitié plongé dans l'ombre.
Une magnifique analogie de son être...

Un vrai tableau de maître.

Cette réflexion me donne une idée.
Un moyen de m'occuper l'esprit tout en ayant une excuse pour lui jeter un ou deux regards furtifs de temps en temps.
Je ne sais pas du tout si l'idée est si bonne que cela.
Mais maintenant qu'elle s'est fait sa petite place dans mon cerveau, elle ne veut plus le quitter.
Je prends distraitement un bout de parchemin et ma plume, posés sur le bureau.
Je trempe cette dernière dans l'encre.
Je grave la vision de son être dans mon esprit et me lance.
Je n'ai plus fait aucun dessin depuis une éternité.
Et je n'ai d'ailleurs jamais eu aucune prétention d'un prétendu don dans cette activité.
Mais cela ne m'empêche d'aimer ça.
Et puis, tout le monde sait dessiner finalement, non?

Il suffit de laisser notre bras s'exprimer.
Le laisser capturer la scène sur la page, la fixer à tout jamais.
Comme un brin de passé qui ne le sera jamais tout à fait.
Un simple regard permettra à jamais de replonger en cet instant.
Qui ne sera jamais perdu.

Tout en me laissant penser, mon bras s'active.
J'essaie de représenter au mieux ce qui s'offre à ma vue.
J'essaie de laisser transparaitre tous les sentiments qui émanent d'elle.
Sa concentration, sa grâce, sa détermination.
La lumière et ses jeux.
Tâche ardue avec en tout et pour tout une plume et de l'encre noire!
Mais j'ai toujours préféré les dessins que cela crée.
Tellement plus... authentiques.
On y revoit presque le dessinateur en arrière-plan, en train de tracer courbes et traits, en train de créer son oeuvre...

C'est à mon tour d'oublier ce qui m'entoure.
Et par la même occasion d'oublier de me préoccuper de sa réaction si elle aperçoit mon oeuvre.
Espérons que sa lecture la passionne assez pour qu'elle ne s'occupe pas de moi.

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MessageSujet: Re: Curiosité malsaine [suite]   Jeu 10 Juin - 21:10

Cet ouvrage est particulièrement détaillé. Et de plus, parfaitement organisé.
En quelques secondes, je retrouve le chapitre sur les plantes nocturnes.
Très vite, j’oublie de nouveau ce qui m’entoure en scrutant les lignes d’écriture élégantes mentionnant toutes les particularités de dizaines de végétaux.

C’est alors qu’un frôlement à peine perceptible interrompt ma concentration.
Je fais mine de continuer à lire mais tous mes sens sont à l’affût.

Elladan, très délicatement, vient de détacher sa cape pour la poser sur mes épaules.
Le frôlement du bout de ses doigts sur ma peau nue fait remonter une décharge le long de ma nuque.
Malgré cela, je garde les yeux rivés sur le schéma d’une fleur écarlate, magnifique au demeurant, mais à des lieues de ce que je recherche.
Heureusement qu’il ne sait pas que je suis en quête de pétales blancs…

Mais…
Où va-t-il ?

Il s’est levé, a contourné le lit pour ouvrir un peu plus les rideaux.
Mes paupières ont frémi devant l’afflux de clarté.

Que veut-il éclairer, au juste ?
Que désire-t-il chasser, derrière l’excuse de la pénombre ?
Sur quoi veut-il faire la lumière ?

« Liboiselle Anamorfis » C’est le nom inscrit sous le dessin.
« Fleurit uniquement à la saison des pluies… meurt en quelques minutes lorsque les pétales ne sont plus hydratés… permet de préparer un philtre de… »
Mais qu’est-ce que je fais ?
« Rarissime… très onéreuse… »
Pourquoi perdre mon temps avec cette plante ?
« Tige fragile mais racines fortes… »
Mon hôte, sans le savoir, m’a fait perdre le fil de mon investigation…

Stop…
Je dois me reprendre.

Tout de même…
J’ai du mal à l’admettre, mais le fait qu’il s’éloigne me… dérange ?
Non…
Il me vexe franchement !
Surtout qu’il n’avait pas l’air d’être contrarié par ma compagnie, bien au contraire…

A moins qu’il ne s’éloigne par peur. Mais peur de quoi ?
Je sais bien que je l’ai « attaqué » hier soir, mais je doute qu’il soit vraiment inquiet à ce sujet.
Craindrait-il… d’être un peu trop proche de moi ?
Absurde !
Le baiser d’hier n’était que… qu’une regrettable erreur.
Qui ne se reproduira pas.
Jamais.
Un égarement, oui c’est ça.
Qui sera bien vite oublié.
Non ?

Pour compenser ma vue, accaparée par le livre, je mets tous mes autres sens au service d’un espionnage en règle du démon.
Il s’est assis…
J’ai l’impression qu’il m’observe.
Mon cœur vient de rater une marche, encore…

Je me fustige en silence : il joue son rôle de gardien, rien de plus.

A peine convaincue par cette affirmation, mais voulant néanmoins avancer dans ma lecture, je reporte mon entière attention sur l’ouvrage.
Si monsieur ne souhaite pas profiter de ma proximité, qu’il reste donc à son bureau.

En silence, avec délicatesse, je tourne les pages vieillies par les années.
Les minutes passent…

« Gardania Epicilia » Trop bleue…
« Treolis Nissiforia » Sans fleur…
« Baforem Akylonia » Bien trop grande…

Je laisse échapper un soupir. Mon exploration servira-t-elle à quelque chose ?
Quand, dans un coin légèrement effacé par le temps, une petite illustration attire mon attention.
Une fleur aux pétales d’un blanc immaculé. Nichée entre les racines d’un gros chêne.
La même que dans mes souvenirs…

La paragraphe accompagnant la gravure est malheureusement particulièrement court.

« Sephiria Noxerielys »
« Petite fleur à laquelle on attribue un grand pouvoir d’empoisonnement. Certains parlent aussi d’énigmatiques vertues curatives.
Néanmoins réputée pour n’être qu’une plante légendaire, tant sa puissance et sa rareté sont grandes. Aucune preuve formelle de son existence n'a été apportée à ce jour.
Selon les régions, elle porte différents noms, ce qui la rend encore plus mystérieuse : Roseis Allora, Noctarine Facinatum, Nox Eis… »

Un frisson m’a parcouru des pieds à la tête lorsque mes yeux se sont posé sur ces derniers mots.
La Nox Eis…
Je m’insurge cependant contre ce que je viens de lire. Cette fleur n’est pas légendaire, je l’ai vue de mes yeux.
Chez moi…
Bien loin d’ici.
Mais je l’ai vue.

Ses vertues, je les connais. En application sur la peau, elle atténue les douleurs les plus cruelles.
Je regrette qu’aucune recette ne vienne compléter le sujet.
Mon père a emporté ce secret dans la tombe, et cette découverte ne fait qu’amplifier mon idée selon laquelle il devait être un hermétiste vraiment puissant.

Il faut que je note ces informations, même si elles sont minces.
Les différents noms donnés ici pourraient m’aider dans mes futures recherches.
Une petite voix me susurre que je suis loin d’en avoir terminé avec la bibliothèque des EnferS, et cette pensée, inexplicablement, me ravit.

C’est alors que je me rends compte que ma plume et mon parchemin sont restés dans ma besace…
Avec ma cape…
La-bas…

Je me vois dans l’obligation d’emprunter ce petit matériel à Elladan.
Je relève la tête, prête à parler la première, pour une fois.
Mais je reste les lèvres entrouvertes, à observer le démon.

Il tient à la main une longue plume et devant lui se trouve un morceau de parchemin, sur lequel il griffonne avec dévotion.
Il a l’air absorbé par son travail.
Je suis des yeux sa main, décrivant d’amples mouvements.

Je crois bien qu’il dessine.
J’aimerais bien voir son œuvre, ayant toujours été fascinée par ce talent, mais la prudence et la bienséance me dictent de rester à ma place.

Il est tellement accaparé que je n’ose pas le déranger.
La lumière vient éclairer ses cheveux, les auréolant d’argent.
Son visage est serein.
Ses yeux voguent d’un côté à l’autre de la feuille, tandis qu’il inspecte ses traits d’encre.
Que peut-il bien esquisser avec autant de passion ?

Immobile, j’attends.
J’attends qu’il lève les yeux.
Et s’il se souvient que je suis là, alors je lui demanderai de me prêter sa plume, rien qu’un instant.
Pour le moment, je l’observe. Je me délecte de son image, qui n’a plus rien d’un démon.

Jamais je n’avouerai que j’y prends un plaisir certain…
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MessageSujet: Re: Curiosité malsaine [suite]   Mer 16 Juin - 16:36

D'aucuns sont persuadés que le dessin demande un grand talent et une incroyable expérience avant d'être capable de créer un œuvre qu'ont pourrait – au mieux – qualifier d'acceptable.
Ceux-ci se trompent lourdement.

J'ai perdu toute notion du temps.
Les traits et les courbes se succèdent sur le parchemin, ils se placent juste là où ils le doivent, ne tremblent ni n'hésitent, et laissent peu à peu apercevoir sa silhouette délicate.
J'ai l'impression que le sujet de mon œuvre prend vie en moi; je pourrais détailler le moindre des plis de sa robe, la moindre des courbes de son visage, la moindre des expressions reflétées par ses iris, le clair-obscur de la chambre, le soleil dans ses cheveux, les faisant briller de mille feux, l'ombre que ceux-ci projettent sur son visage figé par la concentration...
Et je les couche, petit à petit, sur papier.

Je n'ai besoin que de quelques rapides coups d'œil dans sa direction pour fixer un détail qui ne serait pas encore enchâssé dans mon esprit; et ils sont de moins en moins nombreux.
Je pourrai bientôt faire rejaillir ses traits quand elle sera au loin, m'abreuver à loisir à son souvenir...
J'ai un pincement au cœur – qui aurait crû que j'en possédais un? – à cette pensée.
Nous ne nous connaissons qu'à peine, n'avons échangé que quelques mots, et pourtant, je ressens déjà un lien puissant nous unissant.
Elle me manquera...

Mon œuvre est déjà bien avancée, on distingue déjà clairement Nospheria, concentrée sur le mince ouvrage botanique.
Seuls ses jambes manquent à l'appel et sont encore logées dans un creux de ma tête.
Alors que je relève la tête afin de lui lancer un coup d'œil discret, je croise ses yeux qui m'observent.
Manqué pour la discrétion.
Mais que fait-elle?
Elle tient précieusement le livre ouvert à une page qu'elle ne semble pas décidée à laisser échapper.
Et m'observe intensément.
Aurait-elle trouvé son bonheur?
La fameuse raison pour laquelle elle s'est aventurée jusqu'ici?
L'aventure s'achève-t-elle?
Va-t-elle finalement quitter le sombre empire des EnferS?
Je ne peux me détacher de son regard.
Le sien, serein – cela n'a pas l'air de la contrarier du tout que de m'observer ainsi –, semble attendre quelque chose.
Le mien est plein d'interrogations anxieuses.

Nous nous observons.
Ma main reste agrippée à la plume.
Une goutte d'encre s'écrase sur le bois du bureau, évitant de peu la destruction de l'œuvre inachevée.
Nous ne nous quittons pas des yeux.
Je m'en veux de briser ce silence mais c'est ce qu'elle semble attendre de moi.

« Puis-je t'être utile en quoi que ce soit? »

D'une voix que je ne reconnais pas.
Sans son mordant habituel, presque tremblante.
Une voix de perdant.
Une voix de faible.
Je n'aime pas cette voix.

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MessageSujet: Re: Curiosité malsaine [suite]   

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