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 Quand les fleurs pleuvaient...

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Sun Jian
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MessageSujet: Re: Quand les fleurs pleuvaient...   Jeu 21 Aoû - 17:07

Je n’y arrive pas Maître !

- Tu n’essayes pas assez Sun, avait-il répondu. Il semblait déçu et vraiment froid.

Je me tenais sous un cerisier. Mon nodachi restait inlassablement coincé dans son fourreau. Le soleil déclinait, si je n’y arrivait pas avant la nuit complète, la honte hanterait ma nuit.

L’exercice était simple à expliquer. C’était à la fin du sakura, le soir de mes 13 ans.
J’avais reçu mon nom d’homme et ma nouvelle arme, un nodachi alourdi.

Je devais prouver que j’étais devenu un homme. La honte de cette journée se reporterait sur le reste de ma vie. Je maniais déjà le wakizashi et le katana bien mieux que tout ceux de mon âge. Mon Maître et tout le village attendait beaucoup de cet exercice : trancher au vol les pétales avant qu’ils ne tombent.

J’ai toujours vu les grands se servir de leur nodachi avec tant de facilité. Mes bras sont trop courts, ou je ne sais pas, moi… il ne sort pas…


Mon Maître était parti. Il m’abandonnait devant l’arbre, sans rien dire. J’avais brisé les espoirs.
Peut-être même, qu’ils changeraient mon nouveau nom, pour que tout le monde se rappelle que je suis un incapable…
Je me laisse tomber. Je suis seul désormais, et ça durera, tant que je ne saurais pas ne serait-ce que dégainer. Je ne peux plus pleurer, je suis un homme maintenant.
Mais j’ai toujours tout réussi quand j’étais enfant. Ma vie commence si mal, j’aimerais revenir à cette époque, et m’entraîner d’avantage.


-On ne te punira pas, tu sais ? avait-dit une petite voix rieuse.

Je me suis relevé si rapidement que j’ai trébuché. Elle m’a surpris, et elle ne devait pas me voir me morfondre. Mais là, c’était pire.

En fait, je ne sais pas si elle me parlais vraiment directement. Sans se soucier de moi, elle s’amusait, avec ses poignards, à fendre tous les pétales autour de l’arbre.

Elle dansait si bien, si vite…
Et elle n’avait pas encore 13 ans…
Elle rigolait… elle se moquait de moi, elle voulait que je la vois faire, si facilement.

J’ai hurlé, l’enfant était encore trop présent :


-C’est ça ! Moque-toi ! Moi aussi si j’avais des petits poignards comme toi ..!

Je n’aurais pas dû, j’avais à peine fini ma phrase qu’elle me les tendait, un sourire atrocement arrogant sur son visage.

J’en ai coupé deux, au moins…


-Laisse-moi ! Va-t-en ! Ou je…
Je bouillonnais, j’étais alors plus faible qu’une enfant. Je me suis recroquevillé, j’aurais pleuré, mais ça l’aurait fait tellement rire… tellement plus.
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Za'Hya
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MessageSujet: Re: Quand les fleurs pleuvaient...   Ven 22 Aoû - 16:52

T'as pas le droit d'échouer.
T'as pas le droit d'avoir peur, d'avoir mal, d'être triste. Tu peux pas douter, pas faiblir, pas toi, Sun, pas toi... Si tu renonces, comment je vais faire, moi, hein, pour que le monde tienne encore debout ? Relève-toi, Sun. Je t'en supplie...

Et comme il ne se relève pas et que je vois qu'il a les yeux qui brillent et l'haleine courte, je panique et je sors de ma cachette, celle où je suis restée tout le temps à le regarder, à l'exhorter, à gémir à chaque échec. Sun, tu dois réussir. T'as pas le droit de détruire mon héros...

Et je viens parader sous ses yeux, avec mes petites lames si vives, si légères, et je viens le pousser, le bousculer, le titiller là où ça marche, là où je sais qu'il va essayer encore, au moins une dernière fois, à l'orgueuil, ça lui est venu récemment celle manière de me regarder comme si j'étais une gamine et lui un grand, eh bien vas-y maintenant, prouve-le moi que tu es un grand, Sun, un homme, quelqu'un qui ne renonce pas...

Et je ricane et je le toise et je le raille, et ça me fait mal comme si je me griffais le coeur.

Et quand il se fâche, j'ose pas arrêter de peur qu'il retombe dans son échec, alors je mets la dose encore un peu plus, je sors tout ce que j'ai comme morgue narquoise et mauvaise foi, je lui ris au nez. Si tu savais, Sun... Je l'ai soupesé le nodachi. Enfin j'ai essayé. Tellement longue, cette lame... Et son éclat sinistre... Si tu savais comme je la déteste, là, pesant à ton côté, inerte. Je suis sûre qu'elle y met de la mauvaise volonté. Je suis sûre qu'elle t'aime pas...

Alors quand je te vois près de te mettre en colère pour de bon, quand je vois que t'as envie de m'en coller une comme aux pires moments où je venais t'agacer pendant ton entraînement, jalouse parce que c'était du temps qu'on me volait, je donne mon dernier coup, vicieux, tordu, injuste. Pardonne-moi, Sun... C'est pour toi que je le fais... Non ? Non c'est vrai. C'est pas pour toi. Pas seulement...


Ou tu ?...
Tu quoi ? Tu ramasses un caillou et tu me le lances ?


Et je pars dans un rire acide...
Et pour mettre la note finale, je me plante à deux pas de lui, et je souffle sur les pétales, par en-dessous, pour qu'ils volent un peu, et je lève mes lames.
Et je le regarde du coin de l'oeil, moqueuse.
Dans deux secondes je les coupe...
Ta dernière chance, Sun...
Ma dernière chance...
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Sun Jian
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MessageSujet: Re: Quand les fleurs pleuvaient...   Ven 21 Nov - 20:31

Même si j’ai porté ma main à la garde, je sais que le grand sabre ne sortira pas plus qu’avant. Ce n’est plus une question de volonté.
Quand on me regarde, j’ai plus de mal, alors quand c’est elle.

Je soupire. C’est du dégoût, malgré moi, et je me retourne.


Tu ne peux pas comprendre… Toi t’es encore une enfant ! Tu t’amuses toute la journée !

J’avais dit ça en lui tournant le dos. Ma voix montait, je criais :

Tu ne sais faire que jouer !
Gamine !!


La lune apparaît lentement, chassant le soleil. Comme elle m’a chassé. Le monde où j’étais le meilleur, le monde où j’étais un enfant, il a été chassé, lui aussi.
Par qui ?
Par toi ou par moi ?

Quand ton anniversaire arrivera, tu prendras conscience que la vie, la vraie vie, commence à 13ans.
Et ce jour là, je ne serai pas là pour me moquer.

J’allais rentrer au village, je marchais, tête baissée.
Je vis l’ombre du Maître. Il attendait.
Rentrer signifiait que je renoncer, je ne serais plus un guerrier.
Je serai marchand de nouille, au mieux.

J’avais mal à la tête. Cette vie d’adulte était trop forte, elle arrivait trop vite, et moi, j’avais envie de frapper.
Frapper tout et tout le monde. Ce nodachi impossible à manier, ce cerisier aussi sacré fut-il, ces traditions qui ne me conviennent pas, et cette peste de…

Je m’étais retourné, encore, et avais croisé son regard.
Elle suppliait, elle avait peur. Peur pour moi…
Et son regard se raffermit, redevint moqueur.

Mais je l’ai vu ! Et ça me suffit.

Pas à pas, je me rapproche d’elle.
Avec les deux mains, lentement, je tire le sabre.

Et je tranche !



Aucun pétale…

…cette fois.
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