AccueilFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 La nuit porte... malheur

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Eyleen
-§-Garde Impérial des EnferS-§-


Nombre de messages : 802
Faction : On my own
Classe : ...
Elément : Taire...
Date d'inscription : 29/12/2007

-§- Meurtres -§-
sur MZ uniquement:
71/100  (71/100)

MessageSujet: La nuit porte... malheur   Mar 18 Nov - 22:03

[quelques temps après ceci... ]

Encore...
Oh non, pas encore...

Ce bruit sifflant et saccadé m'agace. Si ça pouvait cesser. J'en ai marre. J'en ai plus que marre. Ca fait trop de nuits maintenant, j'en peux plus, je veux dormir, sans que ce foutu cauchemar revienne... J'en peux plus...

Mes journées à raser les murs dès que j'entrevois sa haute silhouette droite, à me faufiler par la première porte que je peux mettre entre lui et moi. Et quand je ne peux pas lui échapper, quand il vient s'entretenir avec l'Impératrice, des minutes entières à éviter des regards que j'imagine à tort posés entre mes deux yeux, alors qu'il ne me regarde pas, en fait, ou à peine, et du même oeil distrait, indifférent, qu'il a quand il regarde un meuble. Chaque seconde à attendre une accusation qui ne vient pas, ni en public ni en privé, pas même un geste, pas même une allusion dans les rares mots qu'il m'adresse, qui laisserait entendre qu'il sait.
Rien.
Comme si rien ne s'était jamais passé cette nuit-là...
Si seulement j'osais aller rejoindre Nadhir, si seulement je pouvais me cacher dans ses bras, juste une seconde et oublier tout ça... Mais je n'ose pas. Il me surveille peut-être...

Je sais que ce n'était pas un rêve, mais parfois j'arrive à douter de moi. Dans ce temps de flottement entre veille et sommeil, parfois je ne sais plus déméler le vrai du faux, la réalité du fantasme, le cauchemar rêvé du cauchemar vécu... Cette attente, cette sensation permanente que c'est pour la seconde d'après, qu'il suffira d'un geste de lui, un seul, pour que le sol s'ouvre sous mes pieds et que l'Enfer, celui d'en bas, happe la traîtresse que je suis.

J'en peux plus...
Cette nuit encore je me retrouve assise toute raide entre les draps moites, en sueur, la douleur vissée au sternum, le souffle précipité et les tempes qui bourdonnent. Cette nuit encore le même cauchemar, toujours le même, aussi confus, aussi perturbant, la froideur d'Aioros dans les yeux de Nadhir, le sourire de Nadhir sur les traits d'Aioros, qui est qui, lequel est-ce que je dois craindre, vers lequel fuir, je ne sais plus, alors je les fuis tous les deux, mais le sol se dérobe et la chute est sans fin, dans l'écho de leurs deux rires mélés, aussi horrible l'un que l'autre... Je sais que l'un d'eux m'a trahie. Et j'ignore lequel. Et je sais que je continuerai à l'ignorer tandis que je tomberai de plus en plus vite...

Je sais qu'il y a bien plus, mais c'est tout ce dont je me souviens plus de quelques secondes avant que tout s'estompe enfin. A chaque fois, ça met plus de temps à s'effacer, et je reste de longues minutes avec l'image de celui que j'aime déformée par un rictus de mépris, méconnaissable, et celle de celui que je crains, transfiguré par une douceur impossible.

Cette nuit les minutes sont trop longues et les images restent...
Je passe une main qui tremble sur mon visage en sueur, chassant les mèches collées sur mes joues et mon front. Si ça pouvait chasser le rêve... Mais non... Cette nuit il me colle au fond des yeux comme une lumière trop vive qui laisse des taches noires sur la rétine.

C'est pas la peine d'espérer me rendormir.
J'ai jamais fait deux fois le cauchemar dans la même nuit, mais j'ai pas envie d'essayer.
Je repousse le drap d'un geste brusque, sors du lit, les genoux qui flageolent... Une seconde ou deux pour retrouver mon équilibre. Calmer mon souffle... Les nerfs en boule, la peau trop sensible et cette tension dans la poitrine, foutu coeur qui refuse de ralentir, mais j'en ai marre, j'en ai marre à la fin !
Il faut que je bouge.

J'attrape le premier bout de vêtement qui me tombe sous la main, les couloirs sont déserts mais sait-on jamais, mieux vaut être à peu près décente. Oui bon, c'est un peu juste mais on s'en contentera. Sur le grand coffre à côté de la porte, il y a mon épée favorite parmi celle dont l'Impératrice m'a fait cadeau. Mais aujourd'hui je prends les deux longues dagues que j'ai fait façonner. Deux jumelles étroites à la lame bleutée. Des armes comme on n'en voit pas par ici, effilées et prestes comme des crocs de serpent. Des armes de korgaï. Au moment de quitter ma chambre mon regard glisse sur une statuette de cristal posée sur un meuble d'angle. Le loup... J'aimerais être petite et me réfugier entre tes pattes cette nuit... Mais je suis grande à présent. Et toi tu es mort...




Dernière édition par Eyleen le Jeu 20 Nov - 12:35, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eyleen
-§-Garde Impérial des EnferS-§-


Nombre de messages : 802
Faction : On my own
Classe : ...
Elément : Taire...
Date d'inscription : 29/12/2007

-§- Meurtres -§-
sur MZ uniquement:
71/100  (71/100)

MessageSujet: Re: La nuit porte... malheur   Mar 18 Nov - 22:04

Sur la pointe de mes pieds nus, je file dans la pénombre des couloirs, fantôme sombre voilé de blanc. Mes cheveux sèchent dans l'air surchauffé d'Enfer, ma peau aussi sous le voile léger de la tunique courte. Les flambeaux sont presque tous éteints pour la nuit, seul un sur dix jette sa lueur jaune dans la pénombre rougeâtre qui tombe des fenêtres étroites comme des pupilles de chat. Chaque fois que j'arrive près d'un flambeau, je m'écarte et je frôle le mur.

Dans le grand hall le squelette de dragon m'accuse de ses yeux vides. Je ne l'aime pas... Il me fout le frisson, à chaque fois... Je cours au bas des marches et je traverse le vaste espace dallé de noir, vite et en silence... L'autre escalier qui descend plus bas encore, et la grande porte ouverte, enfin. La salle d'entraînement est vide, évidemment. C'est le coeur de la nuit... Ils dorment tous, eux. Les vrais démons. Ceux que la peur et la culpabilité ne sont pas en train de rendre fous...

Le sol est un plancher de bois dur, luisant d'usure et éraflé par endroit par l'acier des lames et des masses d'arme. Il est doux et tiède à mes pieds. La pièce est vaste est assez basse de plafond, seulement deux hauteurs d'hommes. Elle est peu éclairée, mais je m'en fous, je n'ai pas besoin de lumière... L'arcade qui en fait le tour est comme une enfilade d'yeux sans paupières, d'yeux sans âme et sans vie. Des yeux muets, immobiles, qui voient sans voir et surtout, qui ne jugent pas...

Au centre de la salle, je me tends, lames brandies, et je ferme les yeux. C'est si doux et si facile... Des années entières le vieux maître d'arme m'a seriné les mouvements, corrigeant chaque geste inlassablement jusqu'à ce qu'il soit parfait. Je me souviens de ses yeux sombres, d'un violet d'ecchymose, presque noir. Je sens son regard sans bienveillance qui pèse entre mes omoplates, mais je sais que j'ai fini par la danser parfaitement, cette danse-là, jusqu'à la moindre feinte, au moindre pivot, au moindre déséquilibre... Je sais que là au moins, personne n'a rien à me reprocher, même lui n'a plus rien trouvé, à la fin. Alors je glisse dans la suite de gestes souples et fluides, ininterrompus. J'y glisse comme dans un bain chaud, le vent de l'acier qui me siffle aux oreilles quand les lames tourbillonnent. Je suis bien, enfin... Tout se vide, tout s'efface, lavé par cette sueur nouvelle, douce, une bonne sueur cette fois, le rêve se fond, il ne reste plus...
...plus...
... que les rires.

Qu'ils soient maudits, tous les deux, maudits.
Alors même ça ça ne marche plus ?
Même comme ça ils refusent de me laisser en paix ?
Je vais devoir les porter combien de temps, ces yeux ?
T'avais pas le droit d'avoir de la haine dans le regard, Nadhir, pas toi ! Et toi, Aioros, c'était quoi ce trouble, c'était quoi ces doutes, cette foutue magnanimité, j'aurais préféré que tu me fasses mal, j'aurais pu te détester au moins, j'aurais pu me défendre, mais comment j'étais censée me défendre contre ça, comment, putain de merde, toi non plus t'avais pas le droit de me faire ça !

Les copeaux de bois volent dans tous les sens mais je ne les sens même pas qui me frôlent. Je me suis ruée sur l'un des mannequins d'exercice, et je le retaille à grands coups furieux, main gauche, main droite, encore, les lames geignent contre le bois, taillent de profondes encoches, quand elles se plantent je les arrache d'un coup d'épaule brutal, et puis je les replante en plein dans la protubérance qui représentait la tête avant que des générations d'épées ne la dépouillent de toute humanité, mais je m'en fous, une tête c'est une tête, et je plante ma lame avec un grognement sourd, encore, encore, encore...
Arc-boutée contre le bois, je frappe, j'arrache, je frappe...
De moins en moins fort.
De moins en moins vite.
De moins en moins profond.
Juste un mouvement rythmique, un bruit répété, tchac, tchac, tchac...
Je me laisse glisser le long du mannequin d'exercice, lentement.
Tchac, tchac, tchac...
Et depuis le sol où je suis agenouillée, je continue, le front contre le bois, à planter ma lame...
Tchac.
Tchac.
Tchac.
C'est quand même pas moi qui fais ce bruit...
Ce souffle rauque et étranglé.
Si ?
Et après ?
Je m'en fous.
Tchac.
Je me fous de tout.
Tchac.
J'en peux plus...
...
J'en peux plus...
...

La lame glisse de ma main, sans bruit.
Petit tintement, acier sur acier.
Marrant, tiens.
J'avais pas vu que j'avais lâché l'autre...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aioros
-§-Mentor Imperial-§-//-§-Voix d'Hades-§-
avatar

Masculin Nombre de messages : 1412
Age : 28
Faction : -§-EnFerS-§-
Classe : Démon
Elément : Feu
Date d'inscription : 26/06/2007

-§- Meurtres -§-
sur MZ uniquement:
230/300  (230/300)

MessageSujet: Re: La nuit porte... malheur   Jeu 27 Nov - 19:18

Qu’est ce que tu fais ?
A quoi joues-tu là ?
Hors de ma vue, avec ton sourire malin, ou je t’égorge comme une bête !


Mon bras, une douleur, je remonte ma manche, le signe s’éteint, il scintille d’une lumière rougeâtre étrange qui me fait saigner, et me fait subir cette douleur atroce.
Plus je l’observe, moins je le perçois, il s’efface, la marque de mon appartenance bientôt rayé et moi comme une ombre errant sans but….

NON…

Ma tête est lourde, mon esprit vacille encore, j’observe autour de moi : ma chambre.
Des gouttes d’eau, glisse sur mon front, et viennent continuer leur chemin sur ma joue.
Je passe ma main dans mes cheveux humides, qu’est ce qui m’es est encore arrivé ?

Décidément la nuit ne me réussit pas, il n’y a que l’éveil qui garde mon esprit frais et qui ne fait pas chavirer dans ces cauchemars, oui car pour me retrouver ainsi il devait bien s’agir de cauchemars, pourtant rien aucune souvenir de mon absence.

Cette nuit a assez duré, je me lève, m’entoure de ma longue robe noire et prend la direction des quartiers publiques.
Chaque marche que je descends fait revenir mes maux de tête comme des claquements cérébraux.
Puis enfin le calme et la froideur du marbre pour me stabiliser.

Quelques bruits provenant du fond se font entendre.
Bizarre à cette heure tout le monde dort, qui pouvait bien s’être acquitté de ce devoir naturel ?
Curieux, je m’avance, ma robe trainant sur le sol derrière moi , les bruits sont plus forts, plus rapides à présent.
Au fur et à mesure de mon avancement je comprends qu’il s’agit de la salle d’entrainement qui a été sollicité pour cette nuit.
Je m’approche de la porte, n’entre pas et la voit s’entrainer avec toute sa vigueur, sa rage.

Eyleen, tiens donc cela faisait longtemps que je ne l’avais plus croisé ni ici ni là haut.
Qu’est ce qui pouvait la rendre si agressive surtout par une heure pareil.

Un bruit de métal claquant le sol, un deuxième ne tarde pas, elle est épuisée, qui sait depuis combien de temps elle trainait ici face à elle-même.

Je pénètre dans la salle à peine de quelques mètres quant ma voie retentit dans la pièce :

« Une mauvaise journée peut être ? »


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eyleen
-§-Garde Impérial des EnferS-§-


Nombre de messages : 802
Faction : On my own
Classe : ...
Elément : Taire...
Date d'inscription : 29/12/2007

-§- Meurtres -§-
sur MZ uniquement:
71/100  (71/100)

MessageSujet: Re: La nuit porte... malheur   Mar 2 Déc - 18:21

Un frisson violent, un spasme plutôt.
Je relève la tête brusquement, me tasse sur moi-même comme un animal effrayé. Je n'avais entendu aucun bruit de pas, aucun froissement d'étoffe. Depuis quand est-il là, dans la pénombre qui borde la salle ?

Quand sa voix a retenti, je me suis sentie à nouveau dans les griffes du cauchemar. Comme si je n'en étais jamais sortie, en fait... Mais la sollicitude qu'exprime sa question ne trouve aucun écho dans sa voix. Elle est dure et froide, comme à l'accoutumée. Si différente de la voix sourde et étouffée du rêve.

Il faut que je me reprenne...
Je ramasse mes dagues d'une main tremblante, petit cliquètement métallique. Je me redresse, j'ai les jambes flageolantes et le souffle précipité. Mais ça peut passer pour de l'épuisement...

Que fait-il ici en plein coeur de la nuit ? Est-il un coutumier des insomnies ? Ou est-ce que quelque chose le taraude, lui aussi ? Son attitude de ces derniers jours, cette froideur implacable qu'il a retrouvée, se pourrait-il que ce ne soit qu'une façade ? A aucun moment nous ne nous sommes trouvés seule à seul. Peut-être que...

Arrête 'Nea.
Sa voix, à l'instant, était tout aussi glaciale qu'avant.
Il n'y a pas de façade, rien, arrête d'espérer quoi que ce soit. Qui sait pourquoi il persiste à se taire, peut-être qu'il cherche le moment le plus avantageux pour tout révéler. Mais il le fera tôt ou tard.
Sa voix, 'Nea...
Aucune trace de celui de la clairière, aucune...

J'inspire profondément, laisser la tension s'échapper sur le souffle. Laisser les illusions se dissoudre elles aussi. N'espère rien, et tu ne courra pas le risque d'être blessée davantage.
Et qui sait.
Peut-être que...

Je me passe l'avant bras sur le front, pour essuyer la sueur, et chasser mes cheveux. Pour me donner une ou deux secondes de plus. Pour choisir une réponse. Une réponse neutre, pour qu'il parle encore et révèle, peut-être, ses intentions...


Pas vraiment...
Une mauvaise nuit.
Plusieurs mauvaises nuits à vrai dire...


C'est vrai mais c'était une erreur de le dire, ça.
Détourne son attention.


Et toi ?...
Une habitude ?
Une petite soif peut-être ?


Sans le regarder je fais quelques pas vers la fontaine logée sous les arcades, près de la porte. De l'eau fraîche venue de la surface s'écoule dans une vasque peu profonde. J'en puise dans le creux de ma main, j'ai soif. Et puis ça m'offre plusieurs moyens de me donner une contenance pendant qu'il répondra...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aioros
-§-Mentor Imperial-§-//-§-Voix d'Hades-§-
avatar

Masculin Nombre de messages : 1412
Age : 28
Faction : -§-EnFerS-§-
Classe : Démon
Elément : Feu
Date d'inscription : 26/06/2007

-§- Meurtres -§-
sur MZ uniquement:
230/300  (230/300)

MessageSujet: Re: La nuit porte... malheur   Jeu 4 Déc - 19:30

Sa voix est ambigüe, elle cache quelque chose, ma présence à l’air de la mettre d’une certaine façon mal à l’aise.
Je ne comprends pas.

Ses questions ont pour but d’éviter un sujet mais lequel ?
Je n’y prête pas attention et continue la conversation en étant attentif à chaque petit signe, ou mots qui pourraient trahir le voile qu’elle a mis en place.

« Je t’ai observé t’entrainer, tu te débrouilles plutôt bien.
Les progrès que tu as fait depuis ton arrivée ici sont incontestables Eyleen. »


Je m’avance et tourne autour d’elle l’observant de haut en bas comme pour déceler ses forces et ses faiblesses sur son corps ou dans son regard.
Je ne facilite pas son mal être mais je prends un malin plaisir à jouer de cette situation.

« Toutefois, travaille ton agilité et ton déplacement au combat, tu as tendance à rester trop statique et je te garanti que l’ennemi n’en passera pas outre et se fera un plaisir de te le démontrer. »

Je regarde autour de moi, dans les socles disposés le long du mur se trouvaient tout un tas d’armes blanches.
Je me dirige vers cette direction et sort 2 sabres aiguisés tel qu’ils auraient pu fendre un roc.

Je remonte mes yeux dans les siens, la regarde fixement pendant un instant, un sourire se dessine sur mon visage.
Mon bras fend l’air et envoi l’un des sabres dans sa direction.

« Qu’en dis-tu ?
Cela pourrait être amusant et instructif. »


Un brin de malice brille dans mes yeux.

Un combat, voila comment je décèle les faiblesses de mes adversaires.
Mais avec un démon serait ce pareil ?
Pourquoi attendre pour le découvrir.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eyleen
-§-Garde Impérial des EnferS-§-


Nombre de messages : 802
Faction : On my own
Classe : ...
Elément : Taire...
Date d'inscription : 29/12/2007

-§- Meurtres -§-
sur MZ uniquement:
71/100  (71/100)

MessageSujet: Re: La nuit porte... malheur   Dim 7 Déc - 17:34




Réflexe, mon bras s'est tendu et j'ai attrappé l'épée au vol.
Sans autre mouvement depuis que j'ai fait volte-face.
Sans quitter ses yeux du regard.
Il s'amuse.
Très bien.

Je l'écoute émettre ses critiques et je souris, un sourire un rien narquois. Qu'est-ce que tu crois avoir vu, au juste ? Une séquence mille fois répétée, inscrite dans mes muscles et mes os. Statique. Un exercice. Une forme de méditation.

As-tu déjà vu se battre ceux de ma race ? Les humains les appelaient souvent les aspics des cavernes. Si diaboliquement souples et rapides. Et ces petits crocs ridicules, ces lames insignifiantes par rapport aux épées démesurées et pesantes de ces gros abrutis... Si petites et fines. Tout juste suffisantes pour se glisser dans le creux d'une articulation d'armure. Pour autant qu'on soit assez près... Voilà ce qu'ils m'ont appris. Glisser comme l'eau, souple et lisse, chercher le défaut, trouver le moyen de m'en approcher, le moyen inattendu et imparable, et frapper. Vite. L'aspic est petit et vulnérable. Son seul atout est sa vivacité. Statique ? Nous verrons...

Elle est lourde cette épée.
Plus lourde que mes dagues, mais je m'en contenterai.
Je la fais pivoter dans ma main gauche, pour en éprouver l'équilibre. Trop lourde.
Et je suis fatiguée déjà.
Mais tu sais cela.
Et ça t'amuse.

Je ne te quitte pas des yeux alors que d'un geste tu envoies voler cette robe encombrante. Je pèse tes mouvements pendant que tu vas te placer au centre de la pièce. Léger, mince. Rapide aussi probablement. Et la manière dont tu tiens l'arme... Il y a longtemps, n'est-ce pas ? Mais ça ne s'oublie jamais. Ainsi donc tu as porté l'acier avant de plonger dans la magie sombre des nécromants. Lesquelles des cicatrices qui marquent ton torse as-tu reçues en ce temps-là ? Peu importe. Tu connais l'épée. Soit. J'espère que la rouille du temps te rendra son usage assez difficile pour compenser ma fatigue à moi.

Un murmure, c'est plus que suffisant dans ce silence.

A armes égales, hein ?...

J'approche.
La lame basse, dans ma main gauche. Oui, gauchère... Tu ne l'avais peut-être pas remarqué, ça. Un désavantage pour toi, les gauchers sont rares.
J'avance encore, lentement, je te fixe.
Ta façon de te tenir, tes points d'appuis, ton équilibre, un peu trop droit, arrogance, ton point faible, Aioros, mais c'était prévisible...
Je commence à tourner autour de toi, lentement, à distance.
Tes pieds sont ancrés au sol, stables, ta main est ferme et tes épaules tendues. Oui, je la vois, l'habitude, l'expérience. Mais il y a trop de tension déjà. Ton arme favorite est ton esprit à présent, ce n'est plus ton bras qui la porte, depuis longtemps. Cela suffira-t-il ?...

Je te fais face, et croise à nouveau tes yeux. Tu me nargues. Tu joues avec moi. Tu sais le pourquoi de cette furie que je déployais tout à l'heure, forcément. Tu sais que je n'en peux déjà plus. Qu'est-ce que tu veux prouver à présent ? Que je suis plus faible qu'un guerrier rouillé depuis dix ans ? Et quand tu l'auras prouvé, si tu y parviens, que feras-tu de ce savoir ? Une arme de plus pour m'écraser de ton mépris ? Pourquoi ne parles-tu pas, Aioros ? Pourquoi ne leur dis-tu pas, si tu veux me voir payer pour mon crime ? Est-ce parce que tu préfères me torturer toi-même ? Est-ce que tu aimes ça, lire la colère et la souffrance dans mes yeux à moi ? C'est ça que tu aimes ?

Et si je ne voulais pas te faire ce cadeau-là ?
Respirer lentement et gommer la haine et la peur, laisser la colère, un peu, elle aide à frapper vite et juste. Tu es un adversaire. Tu n'es plus celui qui tient mon existence entre les dents de ce sourire plein de morgue que tu as... Juste un adversaire.

Je me suis immobilisée, à trois pas de toi, la lame toujours basse. Postée sur la pointe de mes pieds légèrement écartés, prête à porter mon déséquilibre dans la direction où mon instinct me conduira. Prête à déployer tout l'art de la feinte et de la surprise, prête à te prendre au dépourvu et à te prouver que l'aspic, même serré dans un poing ganté, peut toujours mordre...

Je relève la pointe de la lame.
Un murmure, un autre.


Très bien...
Dansons...


Et soudain, tout s'accélère.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aioros
-§-Mentor Imperial-§-//-§-Voix d'Hades-§-
avatar

Masculin Nombre de messages : 1412
Age : 28
Faction : -§-EnFerS-§-
Classe : Démon
Elément : Feu
Date d'inscription : 26/06/2007

-§- Meurtres -§-
sur MZ uniquement:
230/300  (230/300)

MessageSujet: Re: La nuit porte... malheur   Dim 7 Déc - 18:29

Mon bras est lourd, l’entrainement et les combats aux armes blanches remontent à longtemps.
Bien que ne regrettant aucunement la voie que j’ai choisie, ces combats rapprochés me manquaient.
Pouvoir ressentir le souffle de ton adversaire sur ta peau, voir de prés la peur dans ces yeux, l’instant où ils se ferment lorsque la lame enfoncée dans sa chair lui prive de toutes initiatives et toute résistance.

Un régal…

Il fallait me remettre dans le bain immédiatement, je savais que le désavantage de mon entrainement était compensé par sa fatigue, cela annonçait un combat intéressant.

Quelques murmures, sa lame s’envole dans l’air et le combat commence.

Elle s’avance vers moi épée à la main, je n’attends que la dernière seconde pour contrer son premier coup, je peux ressentir son énergie et sa volonté dans cette toute première frappe.
Mais n’y aurait t’il pas là un soupçon de colère dans toute cette énergie ?

Nos épées sont croisées, elle ne baisse pas ses yeux, me fixe, peut être une erreur de ne se concentrer que sur l’arme.

Je ne détourne pas mes yeux des siens, elles pensent m’avoir au mental, je ne suis pas celui à qui il faut tenter un jeu.
Cet échange ne laisse pas prévoir, la montée de mon pied claquant droit sur son abdomen, la faisant ainsi reculer et perdre son équilibre.
Je n’ai pas retenu mon coup, la douleur doit être présente j’en suis conscient, je voulais qu’on soit dans des conditions optimales.
Quant elle relève sa tête vers moi, je peux voir dans son regard qu’elle n’est pas là pour jouer elle non plus.

Allez approche qu’est ce que tu attends, ne me dis pas que c’est tout ce que tu vaux.


Elle ne se précipite pas comme beaucoup aurait pu le faire, elle me prends en contre-pied et vint placer sa lame sur mon bras gauche. Si je ne m’étais pas décalé de quelques centimètres sur ma droite, c’est ma poitrine qui aurait pris le coup.

Je passe la main sur mon bras, une brève plaie faisant couler mon sang apparaît.
Je crois qu’elle commence à se prendre au jeu.

Je porte mes doigts porteurs du liquide rougeâtre à ma bouche, je souris.
Est-ce que ça te plait d’entailler ma chaire Eyleen ?

Maintenant que chacun à fait son petit numéro, nous allons peut être enfin pouvoir commencer.

Je m’avance vers elle, nos épées se croisent à nouveaux, mais cette fois le combat s’accélère drastiquement, les épées s’entrechoquent, les parades s’enchainent avec une rapidité presque surnaturelle.
Allons, nous ne tiendrons probablement pas longtemps comme ça, il fallait changer de technique, je recule d’un pas pour revenir vers elle de plus belle, privilégiant cette fois la force et la précision à la rapidité des mouvements.
Sa jambe droit flanche, elle se retrouve avec un genou à terre, j’ai à présent une tête de plus qu’elle, je veux faire flancher son autre jambe et prendre un avantage certains et ensuite la victoire sur ce duel, je mets toute ma force dans la poignée de cette épée.

Elle ne lâchera pas prise c’est évident, je décolle ainsi mon épée de la sienne la remontant en l’air afin de la faire retomber de plus belle sur son épée et ainsi la faire enfin lâché prise.

Idiot…

Erreur de débutant, elle profite de ces quelques dixième de secondes pour me crocheter mon pied d’ appuie avec sa jambe, je valse à terre retombant sur mon épaule droite.

Je ne lui laisse pas le temps de réattaquer et de me prendre au sol, la victoire m’aurait échappé sans aucuns doutes.
Je suis face à elle à présent, mon épée pointant vers le sol, ma respiration s’est accélérée au vue des circonstances, je l’observe, elle se fatigue aussi.

« Pas mal, mais quand est-ce que tu commences à te battre ? »

Un brin de provocation pour attiser son esprit au combat.
Allez c’est ça, ta colère n’est pas encore à son paroxysme Eyleen, ne la fais pas attendre.
Ni elle ni moi d’ailleurs.



_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eyleen
-§-Garde Impérial des EnferS-§-


Nombre de messages : 802
Faction : On my own
Classe : ...
Elément : Taire...
Date d'inscription : 29/12/2007

-§- Meurtres -§-
sur MZ uniquement:
71/100  (71/100)

MessageSujet: Re: La nuit porte... malheur   Dim 7 Déc - 19:33

Premier sang, un point.
Mais je ne devais pas le blesser. Ceci est un combat d'entraînement, chacun de nous doit maîtriser sa lame et l'arrêter avant la peau, même à un souffle, c'est suffisant.
Son sang coule.
Et c'est une erreur de l'avoir fait couler.

J'enrage.
Trop fatiguée, trop déstabilisée, j'ai frappé juste un peu trop près, et il saigne.
Il porte son propre sang à ses lèvres, sourire carnassier. Le plaisir dans ses yeux. Est-ce qu'il sait ? Mon maître d'armes m'aurait fait fouetter pour cette erreur, et je sens le fouet, dans mon âme, me mordre l'esprit.
Reprends-toi.
Concentre-toi.
Ne fixe pas ce rouge sur ses lèvres et ignore ce frisson sous ta peau.
Ses yeux.
Ouvre ton esprit, reste fixée sur ses yeux, c'est par là que tu liras ses mouvement un instant avant qu'ils se produisent. Ses mains, ses bras, ses pieds sont dans l'espace autour de ses yeux et tu les vois, reste ouverte à son corps et fermée à ses pensées, peu importe l'éclat de plaisir dans son regard et cet écho dans ta tête, ce n'est pas ça qui importe. Choisis de voir ce qui compte, ignore le reste.

Proche, puis loin, puis proche à nouveau, j'agis, je réagis, contrer, attaquer, contrer encore, pivoter autour de lui, ne jamais rester immobile, oublier la fatigue qui me tire les membres, oublier mon souffle qui devient douloureux, guetter le sien, rapide, ses gestes flous dans le coin de mon oeil alors que je reste rivée à son regard, tout le temps.

Défaillance.
J'ai à peine trébuché, mais c'était assez, mon genou heurte le sol, parer, parer encore, alors qu'il déploie enfin son atout maître, la force qu'il a inévitablement en plus que moi. Son atout. Et sa faiblesse.
Il s'est cru vainqueur trop vite, il ne l'avait pas prévu le coup de rein pour balancer ma jambe dans ses chevilles et l'envoyer rouler au sol à son tour. Il réagit vite, se relève, moi aussi.
Immobiles, essouflés tous les deux.
Il sourit.
Moi aussi.
Il parle.
Et moi je ricane.

Mais je ne suis pas si fière au fond.
Je sais que mes forces m'abandonnent.
Et je sais qu'il le sent.
Au tremblement infime de ma main libre, peut-être. Ou au rythme trop vif qui soulève ma poitrine, ou à la vibration de mes épaules et de mes genoux. Les critères sont là. Il les connaît. Ses yeux ne mentent pas, ils ont glissé sur moi, je les ai presques sentis, caresse insolente, alors qu'ils mesuraient ce qui me reste de temps avant de devoir abandonner le combat. Et j'ai vu son sourire se creuser. Et la rage a flambé, une rage nouvelle, furieuse. Tu crois que tu me tiens ? Ce n'est pas fini. C'est loin d'être fini.
Du moins c'est ce que je veux que tu croies.

Un répit de quelques secondes, le temps de cette pique que tu m'as lancé, mais je ne suis plus une débutante, Aioros, il y a longtemps que ce genre de répliques a cessé de me faire de l'effet.
J'aimerais pouvoir en dire autant du reste.
Le filet de sang qui dégoutte de ton bras est un aiguillon qui me rappelle mon incompétence. L'angle de ton sourire aussi. Et le mépris latent dans tes yeux. Pourquoi est-ce qu'il me blesse ? Qu'est-ce que ça peut me foutre que tu me méprises ? Tu méprises tout le monde de toutes façons. Pourquoi ça me fait mal, alors ? Et j'enrage encore plus de sentir cette douleur-là, sourde et lancinante, qui sape ma volonté plus sûrement que n'importe quoi d'autre. Pourquoi est-ce que je tenais tant à briller à tes yeux ? Je sais ce que je vaux pour toi. Ce que je vaux encore, après la nuit dans la clairière. Ce savoir me détruit depuis des jours, des nuits entières. Je n'en peux plus de faire semblant. Je n'en peux plus.

Alors je lance mes dernières forces contre toi comme une désespérée. Une feinte à droite, je lève ma lame comme pour frapper, le cri de fureur serré entre les dents, mais je virevolte au dernier moment, je me dérobe, me courbe, me défile sous ton bras, une attaque classique pour les miens, totalement déstabilisante pour qui n'est pas korgaï. Je maintiens la tension, la concentration alors que je m'efforce cette fois encore de trouver le mouvement parfait, infiniment souple et sans heurts, l'eau qui contourne le rocher, silencieuse, comme si je m'enroulais autour de ton torse pour ressurgir dans ton dos, pirouette encore, changer la lame de main derrière toi, pour gagner la seconde, la fraction de seconde de surprise qui peut tout changer.
Tu te retournes, je te vois au ralenti, le regard en premier, le reste ensuite, l'épaule, le bras, alors que tu pivotes pour me faire face, et je brise mon mouvement pour accompagner le tien dans ce pas de danse mortel qui vise à te pousser au déséquilibre, j'y suis presque, presque, je vois de la rage dans tes yeux de t'être fait surprendre, et j'exulte, enfin.
Plus qu'à ramener mon bras droit contre ton flanc offert, et tailler.

Le fouet, dans ma tête.
Un exercice, idiote. Ce n'est pas un ennemi. Le sang ne doit pas couler.
Si.
Non.
Il veut ma perte.
Peu importe.
Il veut ma souffrance.
Peu importe.
Il tient mon secret.
Laisse-le lui, traîtresse. Tu as choisi de servir, accepte les conséquences de tes choix. De toute façon tu ne le tueras pas. Tu ne pourrais pas. Tu as mérité son mépris. Porte-le, et qu'il t'écrase.

La fraction de seconde de trop, l'hésitation.
Je sais que j'aurais pu, peut-être. Ou alors il m'aurait contrée encore une fois, il est rapide, et alors j'aurais échoué, mais j'avais ma chance.
Il est trop tard à présent.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aioros
-§-Mentor Imperial-§-//-§-Voix d'Hades-§-
avatar

Masculin Nombre de messages : 1412
Age : 28
Faction : -§-EnFerS-§-
Classe : Démon
Elément : Feu
Date d'inscription : 26/06/2007

-§- Meurtres -§-
sur MZ uniquement:
230/300  (230/300)

MessageSujet: Re: La nuit porte... malheur   Jeu 11 Déc - 18:29

Elle s’épuise encore un peu plus.
Son souffle devient plus lourd, son cœur s’accélère je perçois chacun de ces détails qui peuvent me renseigner sur l’état de mon adversaire.

Malgré sa fatigue, elle met toute sa force dans une ultime attaque alliant vitesse, précision et dextérité.
Le coup ne se fait pas attendre, j’ai à peine le temps de réfléchir à sa combinaison, ni le temps de déceler son mouvement, trop de feintes de corps et d’agilité pour le voir arriver.

Les centièmes de secondes avancent péniblement, je ne quitte pas ces yeux, car seuls eux me disent où elle frappera, les yeux ne trahissent jamais.
Elle s’est fixé sont point, je la sens dans mon dos sa lame prête à faire couleur le sang de nouveau, mais elle ne pénètre pas ma chair, et ne m’effleure d’ailleurs même pas.

J’esquive alors son coup et envoie son épée valser dans les airs la rendant ainsi inoffensive.

Elle aurait pu me blesser, elle aurait pu je le sais, j’ai senti ces centièmes de secondes s’accélérer quand elle me tenait. A quoi joue t’ elle bon dieu, je pensais avoir mis ce combat dans des conditions on ne peut plus claires.

Je lance violemment mon épée sur le coté, venant se claquer sur le mur et retomber sur le sol dans un claquement métallique résonnant dans l’immensité de cette salle d’entrainement.

Ma voie ne tarda pas à se joindre dans l’écho :

«Tu attendais que je m’ enracine peut être ? »

Si il y a bien quelque chose que je déteste plus que perdre, c’est gagner sans mérite.
Comme si l’adversaire s’estimait trop fort pour donner toute son énergie dans un combat, mais était-ce la raison ici ?
Où cachait-elle quelque chose, peut être même que cela n’a aucun rapport avec ce combat.

« Maintenant dis moi ce qui se passe dans ta tête.
Une guerrière ne peut développer son potentiel physique au maximum si le mental n’est pas en parfaite coordination avec celui-ci. »

Je l’observe, je vois qu’elle ne dit pas tout, son regard est troublé, sa voix l’était aussi et j’ai pu largement confirmer cette sensation lors de ce combat où elle n’était pas à son habitude que ça soit au niveau des attaques ou de son déplacement.

« Tu devrais savoir avec le temps que rien ne m’échappe Eyleen. »


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eyleen
-§-Garde Impérial des EnferS-§-


Nombre de messages : 802
Faction : On my own
Classe : ...
Elément : Taire...
Date d'inscription : 29/12/2007

-§- Meurtres -§-
sur MZ uniquement:
71/100  (71/100)

MessageSujet: Re: La nuit porte... malheur   Lun 15 Déc - 21:16

Ce qui se passe dans ma tête ?

Tu te fous de ma gueule ?

C'est sorti tout seul.
Quelques mots âpres, râpés d'amertume, barbelés de colère.
Ah bon rien ne t'échappe ? Mais putain de merde à quel jeu est-ce que tu joues ? Qu'est-ce que c'est que cette foutue leçon que tu prétends me donner ? Ce qui se passe dans ma tête ? Tu le sais, tu sais tout ! Tu étais là, merde, arrête, ça suffit, j'en peux plus de cette comédie à la con, c'est trop, je craque.

Je me masse le poignet distraitement, le coup qui m'a fait voler l'épée des main me l'a engourdi. Le silence qui suit les tintements d'acier et les mots de glace est assourdissant... Je me tiens à trois pas de lui, là où il m'a repoussée, et je soutiens son regard cette fois. Il ne me fera pas baisser les yeux. J'ai pas à avoir honte.


Un exercice, un entraînement, tu te rappelles ?
A moins que là où on t'a appris les armes, on s'entretue lors des entraînements ?


Parce que j'ai failli le faire.
J'aurais pu le faire.
Et je regrette maintenant de ne pas l'avoir fait.

Je reprends ses mots, en les alourdissant de mes plus beaux accents de sarcasme.


Mon physique était épuisé avant le combat, comme tu le savais, je pense. Quant à mon mental...

J'hésite, je cale, je me tais.

Et quand je reprends j'ai perdu mon sarcasme et je n'ai plus que de la lassitude, de la fatigue, du dégoût. Ca sonne assourdi, étouffé. Faible. Je déteste ça. Mais... oh et puis merde. Advienne que pourra, j'en peux plus de tout ça de toute manière, il faut que ça cesse.


Tu sais parfaitement ce qui me plombe le mental...
Alors arrête cette comédie...
C'est...

C'est plus la peine.


C'est bon, je jette le gant, je laisse tomber, j'abandonne. T'as gagné, j'espère que t'es fier, j'espère que ça te fait du bien, salaud, ordure, fumier. Tu voulais me voir tomber en morceaux, regarde, ça n'en finit pas de s'écrouler. Les épaules qui chutent, les mains, les yeux qui décrochent. Tu as ce que tu voulais, en plus t'as du tout voir dans mes foutus yeux trop faciles à lire avant qu'ils ne cèdent, puisque en plus de ça rien ne t'échappe, n'est-ce pas ? La douleur, la fureur, et puis le moment où ça c'est brisé. J'ai la bile qui me remonte aux lèvres rien qu'à l'idée que je t'ai donné ça. Je me dégoûte.

Je me détourne pour regagner la fontaine, là où j'ai laissé mes petites lames à moi. Un espèce de brouillard sonore dans les oreilles, devant les yeux, dans la tête, partout. Je m'en fous, dis-leur, je paierai, je me fous du prix. Du moment que ça cesse. J'en peux plus.

Pas question que je pleure.
Je veux bien trembler mais il n'est pas question que je pleure.
De toute façon c'est de fatigue que je tremble.
Pas de désespoir.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aioros
-§-Mentor Imperial-§-//-§-Voix d'Hades-§-
avatar

Masculin Nombre de messages : 1412
Age : 28
Faction : -§-EnFerS-§-
Classe : Démon
Elément : Feu
Date d'inscription : 26/06/2007

-§- Meurtres -§-
sur MZ uniquement:
230/300  (230/300)

MessageSujet: Re: La nuit porte... malheur   Jeu 18 Déc - 17:34


"Like a man possessed"

Est-ce bien elle ?
Je pense l’avoir vu sous bien des angles, mais là je crois que c’est une première fois.

Elle s’est perdue en chemin, ces yeux ne dégagent plus la force et la vigueur qu’ils détenaient il y a encore peu.

Elle fait de grands mouvements, son regard parcoure la pièce, oui elle la parcoure de bout en bout mais c’est quand elle me fixe que le changement est le plus net.
Ses mots cachent quelque chose mais sont à la fois explicite.

Qu’es tu en train d’essayer de me dire Eyleen ? Serais-je fautif dans tout ce désarroi qui t’entoure?
Ou essayes-tu simplement de remettre tes malheurs sur moi pour ne pas regarder la vérité en face ?
Dans les deux cas, elle était au plus bas, elle n’a pas pour habitude de se laisser tomber devant quelqu’un de la sorte.
Ne pas montrer mon inquiétude pour elle, l’image des nôtres passe avant les sentiments qu’on pourrait faire refléter.

Malgré la situation, et l’atmosphère plutôt tendue qui régnait dans cette pièce je parviens encore à sortir ce genre de phrases me caractérisant si bien.

« Alors c’est tout ce qui reste de celle que tu étais avant ? »

Elle va vraiment finir par me haïr, mais aucun autres mots ni phrases ne parvient à s’échappe de mes lèvres.

Je m’arrête un instant, regarde la fontaine sur laquelle elle s’était à présent assise et m’avance vers elle doucement.
Je reprends mon discours d’un ton plus calme, plus posé :

« C’est par la violence et la haine que l’ancienne Eyleen est morte pour renaître parmi nous, plus forte et plus grande que tu n’aurais jamais pu l’être.
Alors pourquoi serait-ce différent cette fois ci ? »


Je vois bien dans son regard qu’elle n’est pas totalement convaincue par mon discours.
Peut être s’attendait-elle à un autre dialogue vu les circonstances.

Peu importe, après tout, je ne parviendrais peut être pas à la saisir finalement.

Un peu perdu, mon regard parcoure la pièce, les murs, le décor, mes yeux finissent par revenir non loin de nous.
Je m’abaisse pour reprendre l’épée que j’avais envoyée valsé plus tôt qui était venu atterrir au pied de cette fontaine.

C’est là que j’ai ressenti le poing à ma poitrine.

*Flash*

La lune est pleine, la brise fraiche, un homme sort d’une tente.
Moi ?
Engourdi mais décidé, marchant vers la forêt en quête de quelque chose.

Ca s’accélère…

Des arbres, une clairière, Eyleen, je la vois, elle sourit elle est heureuse…
Un homme de dos, un magicien.

L’accélération continue de plus belle, je ne discerne plus grand-chose.

Un coup, un autre, je roule, me relève, il me regarde, mais qui est ce type enfin ?

Plus qu’elle et moi, la scène est à présent beaucoup trop rapide pour comprendre quoi que ça soit, le soleil se lève d’un coté et vient se recoucher de l’autre, je tremble légèrement.

….

De l’air.

Je regarde autour de moi, je suis revenu dans la salle mais je suis couché sur le sol, je porte ma main à ma gorge, je ne sais plus respirer, plus rien ne me parvient, mes forces me lâchent complètement, mon corps ne me répond pas, je ne contrôle plus rien….

Pas maintenant, pas ici, pas comme ça.

Juste quelques mots peinent à sortir de ma bouche :

« Sors-moi d’ici… »

Ma vision devient de plus en plus floue, mon esprit s’échappe.
Est-ce cela la mort ?


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eyleen
-§-Garde Impérial des EnferS-§-


Nombre de messages : 802
Faction : On my own
Classe : ...
Elément : Taire...
Date d'inscription : 29/12/2007

-§- Meurtres -§-
sur MZ uniquement:
71/100  (71/100)

MessageSujet: Re: La nuit porte... malheur   Ven 26 Déc - 21:29

Même ses piques ne font plus mal. Je courbe l'échine. Ca se plante dans mon cou et ça saigne, et ça fait mal à la couenne, en surface. C'est tout. Dedans tout est devenu froid.
Si soudain tout ça.
Il y a une minute je n'étais que feu, prête à ruer, à mordre, à arracher des yeux, à répandre le sang et à aimer le son ignoble du métal sur la chair, quand on sait si bien lequel des deux est toujours vainqueur, et lequel toujours perdant.

Maintenant je ne suis plus qu'une chose molle et épuisée.
Une chose vaincue.
Et des années entières me reviennent en mémoire, me ramènent en un éclair au temps où j'étais seule mais libre, où j'étais cachée mais sauve. LEs années où j'allais seule de village en hameau, évitant les villes, au rythme lent du pas d'un cheval, scrutant le monde du fond d'un capuchon.
Ici j'ai cru trouver une liberté différente. Ici ils se foutent tous de la couleur de ma peau et de mes yeux, de la forme de mes oreilles et de la finesse de mon ossature, ils s'en foutent éperdument. Je suis une tueuse comme eux, tant que je ramène ma moisson d'âmes, peu importe ce que je suis.
C'est ce que je croyais.
Mais ils n'aiment pas.
Ils n'en sont pas capables.
Ou ceux qui le sont doivent se cacher comme moi.
Et ça, c'est une faille, une tare, un défaut rédhibitoire.
Et il me le rappelle encore, avec ses yeux froids et sa voix qui déchire, je ne suis plus celle que j'étais, je n'ai fait que me perdre, petit morceau par petit morceau.
Sauf que j'ai commencé à me perdre bien avant ce qu'il croit.
Bien avant d'avoir trouvé ce refuge précaire dans les bras d'un ennemi.
Bien avant même de leur être tombé aux pieds, à eux, les démons.
Bien avant la fuite des Roses, bien avant les avoir rencontrées.
A bien y réfléchir, le seul moment où j'ai été en paix, c'est quand j'étais seule et où aucune haine n'obscurcissait plus ma vie...
Où aucun amour ne venait accuser les zones d'ombre.
Sauf que ça je refuse de le perdre.
Je refuse de le perdre.
Je refuse.

Je relève la tête juste à ce moment là.
Au moment où il parle à nouveau.
Où il me dit que c'est la violence et la haine qui me rendent forte.
Il ne se doute pas qu'il est exactement à l'envers de la vérité.
Je ne hais personne.
Je ne le haïssais pas quand je lui ai sauté dessus l'acier à la main, je cherchais ma propre mort, et il était celui qui pouvait me la donner, pour peu que je l'y force. Je ne l'ai jamais haï... Ce malaise qui me prend en sa présence, ça n'a jamais été de la haine. Je hais le Juge, oui. Lui, jamais. Je ne sais pas. Je le crains. Je le respecte. Je l'admire. Le reste, je cherche encore les mots. Parce que fascination, j'aime pas. Ca fait papillon de nuit et lanterne. Ca fait mort rapide et flamboyante. Ca me dérange.

Pourquoi serait-ce différent, dis-tu ?
Mais tu ne sais rien de ce que j'étais avant, rien de ce que je suis devenue, rien de ce qui reste de moi. Tu me voyais plus grande et forte, mais tu ne voyais que ce qui t'intéressait en moi, ma faculté de tuer. Pauvre de toi, tu ignores l'essentiel... Tant mieux d'ailleurs. Mieux vaut que tu ne saches pas que je n'ai rien à voir avec une machine à tuer, du genre de celles qu'EnferS apprécie...

Je ne songeais pas à te répondre, aucune réponse n'était assez prudente.
Heureusement.
Parce qu'il se passe deux secondes à peine avant que tes yeux s'écarquillent, et quatre avant que tu ne t'effondres.
Ta respiration crie, étouffée, et tes propres ongles griffent ta gorge à la recherche de l'air. Et moi, interdite, je n'ai pas fait un mouvement... je ne comprends pas encore très bien ce qui t'arrive.

Il faut tes trois mots hachés, éructés, pour que je réagisse.
Je m'abats près de toi, les deux genoux douloureusement râpés par le plancher, une main pour tirer ton bras autour de mon cou, l'autre serré comme un étau autour de ta taille, et l'effort brusque pour te relever et t'emmener hors de la salle. Ici on crève de chaud, même la fontaine n'apporte aucune fraîcheur. Dans le grand hall c'est mieux déjà, même si il fait chaud partout ici, merde, où est-ce que je vais bien pouvoir t'emmener pour que tu ne sois pas accablé de chaleur ? Il y a les chambres, où l'air est rafraîchi par je ne sais quel sortilège ou prodige technique. Mais l'escalier... Je suis si fatiguée, et tu es trop lourd, beaucoup trop lourd pour moi...

J'ai le choix ?
Non.
Alors monte.
Pfffff... D'accord...
Je compte les marches.
A soixante deux, le sol redevient égal et je retiens un soupir de soulagement entre mes dents serrées. Heureusement ta chambre est proche, et la porte entrouverte. Quelques pas encore à ignorer la douleur qui me vrille les reins et les épaules. Je peux te faire basculer sur le grand lit défait, courir fermer la porte pour préserver la fraîcheur de l'air.
Tu respires toujours comme un agonisant.
Pâle comme un mort, déjà.
Et cette souffrance qui se lit dans tes yeux...

Et je fais quoi, moi, maintenant, hein ?
Je n'ai pas la moindre idée de ce qui t'arrive !
Je suis pas une guérisseuse, j'y connais rien !

Deux secondes à hésiter, puis je me décide.
Il y a cette vieille technique korgaï. Le vieux me l'a montrée parce que ça bloque toute douleur pendant quelques secondes, et que c'est utile pour remettre en place un bras démis ou arracher une flèche. Pendant quelques secondes seulement la douleur est déviée, dissipée, et on peut faire ce que l'on doit.
Le temps presse...
Un genou à côté de toi pour me pencher, placer mes doigts comme il m'a appris, dans la nuque et le haut du dos, presser juste les points nécessaires, avec juste la force qu'il faut. Juste le temps de voir tes yeux tout proches s'éclaircir et la douleur s'estomper, juste le temps de poser ma question d'une voix précipitée.


Je vais chercher qui ?
Un guérisseur ?
Ou l'Impératrice ?


Vite, vite, réponds vite...
Tu as encore trois secondes, ou quatre, vite, de grâce, réponds...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aioros
-§-Mentor Imperial-§-//-§-Voix d'Hades-§-
avatar

Masculin Nombre de messages : 1412
Age : 28
Faction : -§-EnFerS-§-
Classe : Démon
Elément : Feu
Date d'inscription : 26/06/2007

-§- Meurtres -§-
sur MZ uniquement:
230/300  (230/300)

MessageSujet: Re: La nuit porte... malheur   Mar 6 Jan - 12:37

Montant les marches sur appuyé sur son épaule, je sens que cela ne pas va aller en s’améliorant.
Il fallait atteindre mes quartiers avant d’alerter d’autres démons.
L’idée même qu’elle me voyait dans cet état me mettait déjà hors de moi, mais alors si la nouvelle faisait le tour j’en serai fini.

C’est donc cela qu’on appelait le déclin…

La porte est fermée, nous sommes seuls.
Ses mains se posent sur ma nuque, qu’essaye t’elle de faire ?

La douleur s’estompe, l’air me revient brièvement, ma respiration arrive à reprendre doucement je sentais que ça n’allait pas durer, mais cela m’apaisait.
Alors elle n’était pas que guerrière mais avait des bases de guérisseuses, je ne l’aurai pas imaginé, elle me surprendra toujours…

Elle me parle, me pose une question, mes yeux rencontrent alors les siens, son visage est floue.
Pourquoi faisait-elle tout ça ?
Ca ne change rien après tout.
Mes lèvres se décollent avec peine :

« Personne…
Personne ne doit me voir dans cet état. »


Je veux être sur qu’elle se taira sur les évènements de cette nuit alors j’agrippe son bras violemment, ma voix est toujours calme mais mes yeux parlent pour elle.

« Des visions brouillent mon conscient, je ne saisis pas encore ce qui m’arrive, mais je règlerais ça moi-même tu m’entends. »

L’effet s’est dissipé, mes poumons se rétractent peu à peu, la douleur commence à réenvahir mon corps.
Ça va reprendre d’un moment à l’autre et elle en assez vu, elle en assez fait.

Je dois être ferme, si je veux m’en débarrasser sans les questions, sans son aide.
Non, je n'ai pas le choix.
Ma voix rauque monte dans les tons et se fait entendre pleinement dans la pièce.

« Sors maintenant je veux être seul ! »

Seul face à ma douleur, seul à vivre mon calvaire, voila ce que je souhaitais.
Je ne fais ni dans l’émotionnel, et ne veux encore moins de leur compassion ni de leur pitié.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eyleen
-§-Garde Impérial des EnferS-§-


Nombre de messages : 802
Faction : On my own
Classe : ...
Elément : Taire...
Date d'inscription : 29/12/2007

-§- Meurtres -§-
sur MZ uniquement:
71/100  (71/100)

MessageSujet: Re: La nuit porte... malheur   Sam 10 Jan - 10:31

Fierté stupide.
Je savais pour l'orgueil, mais je ne te savais pas aussi crétin, Aioros.
Je ne sais pas ce que tu veux cacher, et à qui, mais puisque tu préfères crever seul à demander de l'aide, soit.

Il a lâché mon bras et je me relève. Heureusement ma peau montre peu les hématomes. Si j'étais comme eux, j'aurais le bras tout bleu, demain. Je m'éloigne du lit où il râle à nouveau comme un agonisant. Aucune idée de ce qui lui a pris. Aucune idée non plus de ce que sont ces "visions" dont il parle.
Et je m'en fous.
Je n'ai plus rien à faire ici.

La porte se referme sur moi, je suis dans le couloir désert, seule.
La nuit étend son silence partout.
Plus rien à faire ici... Et si c'était le bon moment ?
Aioros gît, impuissant, il ne peut me suivre.
Maintenant ou jamais.

Je file jusqu'à ma chambre, revêt en vitesse des vêtements plus pratiques et surtout plus décents. Une dague courte à la ceinture. A nouveau dans le couloir, je suis prète, la petite chauve-souris portera mon message et il viendra, je le sais.

Je quitte le Palais comme une ombre, je contourne quelques gros rochers vers ma route, cachée, secrète, ma route tortueuse de failles et de boyaux, vers la surface.
Vers lui.
Enfin.

Alors que je me tortille dans mon obscurité rocheuse, j'essaie de ne pas penser. Le retour. Ou ne jamais revenir...
Ne jamais revenir...

Je serre les dents et je rampe...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: La nuit porte... malheur   

Revenir en haut Aller en bas
 
La nuit porte... malheur
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Il ne faut jamais dire adieu, cela porte malheur.
» Superstitieuse, moi ? Non ça porte malheur...
» La Nuit porte Conseil... Dangereuse et Perfide [Livre 1 - Terminé]
» Attention au chat noir ... On dit qu'il porte malheur ....
» Ça porte malheur d’avoir une femme à bord, même une femme miniature (ft Olivia the pig)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: L'Empire des Enfers :: La Cité Enférienne :: La salle d'entraînement-
Sauter vers: