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 Une autre nuit, le même arbre...

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Eyleen
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MessageSujet: Une autre nuit, le même arbre...   Lun 15 Sep - 20:10

Plus de souffle...
J'ai la tête qui tourne et le sang qui bat aux tempes, dans le cou, dans les mains, partout.
Et la peau qui vibre...

Petit à petit la vibration s'éteint, mais mon souffle reste court, trop rapide, trop superficiel. Normal... Difficile de respirer profondément alors que tu pèses encore sur moi, de tout ton poids... Je halète à petites inspirations brèves, en écoutant ton souffle à toi, rauque, précipité. Et même si j'arrive pas à me reprendre, je m'en fous, je veux que tu restes comme ça encore un petit peu... Pour ça que j'ai fermé mes bras autour de tes épaules. Pour que tu ne t'enfuies pas.

Tes cheveux me chatouillent le menton, je sens ton visage pressé contre ma poitrine, l'abandon dans tout ton corps, même si tu gardes un rien d'appui sur les coudes, pour ne pas m'écraser... M'en fous, écrase-moi, j'aime... J'aime que tu me cloues au sol, de tes mains, de tes hanches, de ton regard surtout... Que tu me réduises en cendres...
Je ne suis plus que cendres, encore une fois. Un petit tas impalpable et doux, qui se disperse... Garde-moi bien serrée, protégée sous ton corps, ou je m'éparpillerais à la brise de la nuit...

Je m'étais endormie sous l'arbre... Le même arbre, notre arbre. Assise dans l'ombre des fougères, je t'attendais, j'étais très à l'avance. Tu m'as éveillée alors que j'avais glissé dans les frondes odorantes, de la manière la plus délicate, la plus enivrante... la plus dangereuse aussi. Evidemment, que ce baiser tout doux, tout léger, a changé de nature dès que j'ai ouvert les yeux... Depuis le temps que je t'attendais... et je ne parle pas de ce soir, évidemment... Cette fois encore je ne t'ai pas laissé placer un seul mot... Tu n'avais pas trop l'air d'avoir envie de parler, du reste. Ou alors on peut considérer que tes mains parlaient pour toi ?...

Je souris aux étoiles, loin au-dessus de moi. Je caresse tes cheveux et j'écoute le sang qui se calme dans nos deux corps. Partout autour de nous gisent des bouts de vêtements, enlevés à la hâte et jetés n'importe où, dans la fièvre furieuse, affamée, qui nous a jetés l'un contre l'autre. Lequel de nous deux a grondé le plus fort, cette fois ? Est-ce que je t'ai encore griffé ? Pardon... Je n'arrive pas à m'en empêcher...

Je souris... Ton souffle a ralenti, un peu... Le mien aussi, suffisamment en tout cas, pour un murmure... Un murmure où le sourire s'entendrait...


Bonsoir... Ravie de te revoir enfin...
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Nadhir
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MessageSujet: Re: Une autre nuit, le même arbre...   Mar 16 Sep - 15:13

Ravie?
Je suis curieux de savoir comment ça se passerait si tu étais contente, voire joyeuse, ou même simplement heureuse. Tiendrai-je le coup?

Pour le moment, je me fixe juste sur cette musique à mes oreilles, sur ce rythme qui n'a plus été que mon seul repère pendant ces derniers instants, récompense et tentation tout à la fois. Les battements de ton coeur dans ta poitrine, là, juste contre moi.

Un battement, et je revis la fatigue délicieuse et comblée qui suis la petite mort, la nôtre, enlacés.

Un battement, et c'est la passion qui se rappelle à ma mémoire, cette passion furieuse, sans bornes, sans calme, sans aucune impression qu'elle puisse être rassasiée, ou même consumée, tant je m'abreuvais de la tienne, et l'attisait en même temps.

Un battement, et c'est le calme, tout relatif. Un baiser volé qui marque la fin d'une attente trop longue, d'une distance trop insurmontable, d'un manque trop cruel. Même après si peu de temps ensemble, nous avons des réactions envers l'autre qui semblent être nées d'une longue expérience commune. Fallait-il que l'on parle? que l'on s'explique? que l'on s'assure, d'une parole ou d'une voix? Non, j'ai reconnu en toi celle qui sait se taire lorsque les mots sont superflus. Et moi qui connais toute la puissance et la magie qui émanent des mots, je les ai laissés au fond de ma gorge, pour laisser toute la place à une autre magie, autrement plus agréable et fusionnelle.

Un battement, et ce sont mille sentiments qui m'attrapent à la gorge. Espérance du moment, attente qui touche à sa fin, crainte qu'elle n'y soit pas, rage de n'avoir pu plus tôt, honte de lui avoir fait peur pour moi, ivresse anticipée de sa bouche, fantasmes qui font bouillir mon sang, souvenir... de ces deux yeux violets qui me suffiraient comme univers, pour peu qu'elle les fixe sur moi.

Un battement... un autre. Jusqu'à cette fois où Anamaya m'a dit qu'elles m'avaient délivré. Un battement, jusqu'à cette fois où nous nous sommes retrouvés, déjà sous cet arbre, et que nous nous sommes découverts. Dernière fois que je t'ai vue, Eyleen.

Un sourire en réponse. Caché sur mes lèvres, par l'obscurité de la nuit, et par sa poitrine. Mais le mouvement de ma mâchoire était suffisant pour qu'elle le sente, pour qu'elle le reconnaisse.

C'est merveilleux d'être dans tes bras.

Il n'y a pas d'avant, il n'y a pas d'autre part, je repousse négligemment la pensée qu'il doit y avoir un après, un départ. Pour l'instant il n'y a que nous, ici, et c'est tout ce qui m'intéresse.

J'ai l'impression que tu aimes ma nouvelle chevelure, pour t'y accrocher au plus fort de ton plaisir? ou essayais-tu de l'arracher? ...
Je ne les ai pas coupés depuis... Je voulais que tu me dises comment tu les voudrais...


Eliyane avait arraché à mon corps un scalp hérissé de cheveux plutôt court. Pendant un temps, je me suis presque habitué à leur absence, alors que je passais la main sur mon cuir chevelu, comme si la peau en avait toujours été à nue. Pourtant, après le récit d'Anamaya, et ce jeu de woodoo dont je ne voulais pas m'intéresser de trop près, mes cheveux ont repris leur droit sur ma tête, plus forts et plus vigoureux qu'avant. Comme pour repousser une dernière fois le mauvais sort, je ne les ai pas encore coupés. Eyleen, tu les aimes plutôt long, ou plutôt court?
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Eyleen
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MessageSujet: Re: Une autre nuit, le même arbre...   Mer 17 Sep - 9:29

Je ris.

Je les veux sur ta tête, et je les veux à portée de mes mains, pour le reste... Oui... longs, j'aime bien...

J'aime bien... Quand j'ai ouvert les yeux tes longues mèches sombres me caressaient les joues. Je ne les ai pas reconnues, ce sont tes yeux que j'ai reconnus, or et ambre... Et je me souviens avoir aimé ton visage révélé quand je les ai balayés vers l'arrière... M'y suis-je vraiment cramponnée avec tant de force ? Pourvu que je ne t'aie pas fait mal...

Il y avait si longtemps que ça ? C'est presque inimaginable. Ma main continue son voyage dans la masse sombre et désordonnée qui repose sur ma poitrine, et je me souviens... Oui, ils étaient plus courts, très nettement... Il ne s'est pourtant pas passé tant de temps, quelques semaines au plus... Je ne sais pas au juste quel rituel Ana a accompli pour te les rendre, mais c'est peut-être ça...

J'ai mis longtemps à trouver un passage. La grande porte n'est plus jamais entrouverte, et les deux Gardiens sont trop vigilants, trop... je ne sais pas. Leur regard... Je ne craignais pas celui de Médolie, sans doute à tort d'ailleurs, car je l'ai trouvé souvent posé sur moi après cette fameuse nuit... Qu'a-t-elle soupçonné ? Je n'en sais rien... Mais je n'ai pas osé reprendre le risque. Depuis ce temps j'ai cherché une voie vers la surface, et ce n'est que récemment que je l'ai trouvée. Elle est longue et tortueuse... Mais j'étais prête à pire pour pouvoir à nouveau émerger à l'air de la nuit, sachant que tu étais là, quelque part.

La petite chauve-souris a bien fait son travail... Je la récompenserai de mon mieux. Elle a pris son vol dansant et chaotique la mèche de cheveux serrée dans une patte. Le message était le plus clair possible, je ne pouvais courir le risque de lui remettre un écrit... Je suis partie dès que j'ai pu, je me suis hâtée dans le passage, craignant que le temps m'échappe... Tellement vite que la lune n'était pas encore levée quand je suis parvenue à mon but. Trop tôt... Trop pressée, 'Nea... Je me suis assise pour t'attendre, et me reposer... et je me suis éveillée sous la caresse d'un baiser. Comme dans un rêve.

Je soupire.
Je dérange ta tête qui pèse sur mes seins, m'en excuse d'un baiser posé en haut du front. Si longtemps... Tout a changé depuis lors... Et tu ne le sais sûrement pas. Tu ne sais rien de ma vie là en bas. Ni celle d'avant, ni celle de maintenant. Et tu ne sais rien de ce voyage et de ce que j'ai appris...
Je frissonne cette fois. Un frisson d'inquiétude.


Froid... je n'ai plus l'habitude...

Menteuse...
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Nadhir
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MessageSujet: Re: Une autre nuit, le même arbre...   Mer 17 Sep - 15:49

Longs. C'est bien ça, longs. Pour que l'épisode précédent ne soit même plus un mauvais souvenir sur ma silhouette. C'est toi qui m'a permis de les récupérer, c'est la moindre des choses que je t'en laisse le bénéfice, et le choix.

Et toi, n'as-tu pas craint que par le même jeu, je n'utilise cette mèche de cheveux, reconnaissable entre mille, que tu m'as envoyée, afin de conjurer un mauvais sort?
Un mauvais sort... celui qui semble avoir pris possession de toi, sans que je le comprenne. Je l'ai accepté, déjà, cette fois-là, mais sans pouvoir vraiment m'y faire. C'est la crainte qu'il ne te fasse du mal, malgré toi, malgré ce que j'éprouve pour toi et qui devrait te protéger, j'espère. C'est la crainte qu'il ne te fasse du bien aussi, je ne saurais quoi en penser, même si cela semble être le cas, parce que tu ne te débats pas de son emprise.

Une chauve souris et une mèche de cheveux, seuls contacts depuis tout ce temps. Est-ce que c'est la nature cavernicole de cet animal, que tu as tant dû cotoyer dans ta vie, qui m'a convaincu que c'était bien un signe de toi? Ou était-ce le contraste de son cuir noir et de ces fibres plus blanches que je ne l'aurais crû possible? Une chauve souris. Chauve, et qui rapporte des cheveux, je ne te connaissais pourtant pas cette ironie. J'en ai souris, me suis persuadé que cette pique était signe de bien-être. Pas d'une prisonnière. Ce que j'ai cru pendant un temps, alors que je n'arrivais pas à repousser de mon esprit la possibilité que tes collègues démoniaques n'aient découvert notre relation, et t'en fasse payer le prix.

Tes mains sur mon visage me rappellent à la réalité. Je m'étonne même de m'en être éloigné ne serait-ce qu'une seconde, tant aucune pensée ne pourrait surpasser ce contact réel avec ta peau. Je relève un peu plus mon poids de ta poitrine, ne pas te fatiguer, te laisser respirer plus à ton aise. Et ton frisson ne m'échappe pas. Je le ressens sur toute ma peau. J'entends ton excuse... Tant mieux que mes cheveux couvraient encore mes yeux, tu aurais vu mes sourcils se froncer un instant. Du froid? Quel piètre amant ferais-je alors, si je te laissais au frais après cette explosion des sens et de passion, et mon corps encore bouillant contre le tien. Les bois sont aérés mais mes bras te recouvrent. Tu te serais serrée contre moi, si tu avais eu froid...

Je resserre mes bras autour de toi, comme pour répondre à ta voix, plus qu'à ton corps.

Je relève la tête, pointe mon regard vers le tiens, juste trop peu de lune pour les lire, suffisamment pour les voir briller. Tu ne peux pas tout me dire, je sais - ce serait trahison pour les tiens - et c'est sans doute réciproque. Je ne peux pas non plus ne rien entendre. Je reste sur le ton léger, un murmure taquin...

Nous sommes loin des brasiers enferiens, parce que je n'imagine pas qu'ils nous laissent continuer nos ébats là-bas...

Un clin d'oeil. Mais aussi la confirmation que lorsque tu es là-bas, nous ne serons jamais ensemble...

T'y es-tu déjà tant habituée...?
Les brasiers. Les Enfers. La marque.
Trop de choses dans ma question, alors que ce que je veux c'est simplement toi. Adoucir la question, te laisser une échappatoire, revenir à une promesse, que je t'ai arrachée la dernière fois...

... 'Nea

Un petit nom comme un trésor, même si je ne sais pas au juste de quoi il est fait.
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Eyleen
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MessageSujet: Re: Une autre nuit, le même arbre...   Mer 17 Sep - 19:52

Ce surnom dans ta bouche... c'est comme un baiser léger et doux. Je souris à l'entendre et à le voir courber tes lèvres. Ton visage tourné vers moi, je le dégage d'un geste lent et répété, repousser les mèches sombres derrière ton cou. Elles retombent, les repousser encore et encore, mes yeux se perdent un peu dans ce mouvement hypnotique, se perdent sur ton visage...

J'ai gardé le sourire.
Mais j'ai le coeur lourd...
C'était dit sur le ton de la boutade, mais pourtant j'ai entendu tous les sous-entendus contenus dans tes mots. Les Enfers... Si tu savais... J'ai été ma seule prison. Ils ne m'ont jamais tenue enfermée. Jamais contrainte, pas vraiment. La marque... je sais. On dirait qu'elle me rend folle, et c'est un peu le cas... Mais cette folie existait déjà en moi.
Comment t'expliquer ?
Est-ce que je dois prendre le risque ?
Cette peur-là me taraude depuis longtemps déjà.
Est-ce que tu peux aimer ce que je suis ? Parce que ce que je suis, c'est tellement différent de ce que tu crois connaître...

Elles tiennent enfin en place, ces longues mèches d'encre...
Et je n'ai toujours rien dit.
J'ai peur.
Une fois que tout sera dit, il n'y aura plus de retour en arrière. Et je te dois ces mots. Mais le plus tard possible... Le plus tard possible...

Est-ce que mon sourire a tenu ?
Difficile à croire.
Il a du trembler, au moins un peu...


Ca vient d'Yllanea.
C'était le nom de ma grand'mère.


Soufflé comme ça, sans réfléchir.
Parce qu'il fallait bien dire quelque chose...
Et que j'ai trop peur de te parler du reste...
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Nadhir
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MessageSujet: Re: Une autre nuit, le même arbre...   Jeu 18 Sep - 14:24

Un petit nom que tu ne dois pas entendre souvent, au vu de ton sourire quand j'en ponctue ma question. Ca pourrait être un petit quelque chose plus intime entre nous, mais je ne sais si je dois déjà le partager avec quelqu'un d'autre.
C'est ce sourire que je voudrais voir rester sur ton visage, ce sourire qui me dit que rien ne pourra nous arriver, à part du bonheur. Ce sourire que je garde comme une récompense, d'avoir réussi à le déclencher. Parce qu'il te va si bien, et que ça fait rayonner ton visage.
Pourquoi doit-il partir, ce sourire? Pourquoi doit-il laisser des ombres le cacher, ne serait-ce qu'un instant? Ce n'est pas moi qui fait ça, hein? Jamais je ne voudrais provoquer une éclipse sur ce si appétissant quartier de lune.

Je glisse à ton côté, en remontant. Me mettre côte à côte, contre ton flanc, libérer mon bras pour mieux pouvoir te serrer contre moi. Avoir mes yeux au même niveau que les tiens, en quittant avec regret la courbe laiteuse de ton sein. Agripper au passage un de nos vêtements, je ne sais même pas lequel, pour m'aider à te faire une couverture. Nos jambes emmêlées, comme une assurance que nous sommes inséparables.

Yllanea... Un nom qui résonne comme le lointain. Moins habituel encore qu'Eyleen, par ici. Le bout d'histoire que tu m'avais jetée à la figure un jour me revient en mémoire. Les grottes, les elfes noirs, une parentée double. Cette grand'mère-là devait venir des grottes aussi. Ca ne semble pourtant pas un mauvais nom à donner à une fille, celui de sa mère... Pas aussi baigné dans la haine que ce que j'avais cru comprendre de ton récit. Mais évidemment, je n'ai encore eu que des bribes. Je suis obligé de remplir les trous, interpoler, extrapoler, le tout en toute partialité, à ton avantage, parce que je ne suis qu'un homme, et que je crois en toi.

C'est joli Yllanea... Même si son diminutif est plus facile à prononcer.

Toujours pris avec un sourire, celui de te connaitre mieux, celui de découvrir qui tu es, qui tu étais, rejoindre les bouts...

Et se souvenir.
Les grottes, un royaume sous-terrain. La haine, se battre pour oublier, pour servir la rancune. J'ai entendu ça deux fois. Le passé et le présent.

Je quitte tes yeux, glisse ma joue contre la tienne, je ne sais pas ce que je voudrais voir dans le reflet de tes pupilles, alors je ne les regarde pas. Ton oreille toute proche de mes lèvres, il suffit d'un filet de voix pour que tu m'entendes...

Tu m'avais raconté un peu de ta vie d'avant, à peine... je pensais que tu la fuyais...

On dirait qu'elle t'a rattrapée...
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Eyleen
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MessageSujet: Re: Une autre nuit, le même arbre...   Jeu 18 Sep - 20:53

J'ai souri encore, parce que tu trouves que c'est joli, et aussi parce que tu bouges sans jamais te détacher de moi et que j'aime ce glissement de nos peaux l'une sur l'autre... Difficile à prononcer, mon nom ? Fainéant... J'ai un petit rire...

Ta joue me râpe un peu le visage, et ça aussi, j'aime, ce frottement plus rude, cette manifestation de la virilité que les hommes considèrent souvent comme une corvée matinale, la cuvette, le savon, le rasoir... Et le soir venu le menton pique à nouveau, et moi j'aime ça et j'ai envie de me frotter plus fort à ta joue... Je dois être un peu... un peu idiote. Un peu insensée. Un peu... Un peu amoureuse ? Beaucoup ? A la folie ? Ca concorde..

Ton souffle chaud dans mon cou, qui me porte ta question à l'oreille... Je ferme les yeux... Est-ce que le moment est venu ? Ma foi... il en vaut bien un autre... Avant je remonte mes bras autour de toi, bien serrés... Pour me rassurer sans doute. Parce que je sais bien que si tu en viens à vouloir t'éloigner, ils se dénoueront et tomberont au sol... Ne pense pas à ça 'Nea. Pas maintenant...


Non... Pas vraiment... Je ne sais pas en fait.
Je n'ai pas eu l'impression de m'enfuir. Juste... que je n'avais plus rien à faire là-bas.
Et quelque chose à faire ailleurs, par contre.
Alors je suis partie.


Quelque chose à faire... oui. Trouver celui qui avait engrossé ma mère. Celui qui avait été la cause de mes dix-sept ans de vie bâtarde. Celui qui était un de ces humains détestés à la peau trop claire, ce qui m'a valu ces milliers de silences, de regards détournés, de sourires refusés. Celui qui a initié pour son plaisir à lui seul mon calvaire à moi...

Je... Je voulais trouver mon père.
...
Et je voulais le tuer.


J'ai dit ça d'une toute petite voix étouffée.
On aurait dit la voix que j'avais quand j'étais gosse.
J'ai hésité. Et puis... et puis je me suis dit qu'il valait mieux tout dire.
Je ne veux pas qu'il reste des secrets.
Je ne veux pas qu'il reste des doutes...
Je veux que tout soit là, étalé sous tes yeux, que tu puisses décider si tu veux encore de moi, mais que ce choix soit juste. J'en ai assez je me ronger les ongles la nuit en me demandant comment tu verras certaines choses de mon passé, de mon avenir... J'en ai assez d'avoir peur, je préfère te voir rester ou partir, mais qu'on en finisse...

Rester ou partir...
Et j'ai resserré mon étreinte, courbé le cou, caché le front dans tes cheveux.


...mais je ne l'ai jamais retrouvé...

Un murmure...
Je frissonne à nouveau, et j'ai vraiment froid en fait, parce que je serai bientôt plus nue que je ne le suis à présent. Encore plus nue, dépouillée de tous mes mystères... Je sais que cette nuit je te dirai tout. Que tu sauras tout de moi. Parce que moi j'ai besoin de savoir.
Si tu restes.
Ou si tu pars.
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Nadhir
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MessageSujet: Re: Une autre nuit, le même arbre...   Ven 19 Sep - 11:24

Devrais-je te laisser te resserrer toi aussi contre moi? Ne devrais-je pas me rendre compte que ton contact sur ma peau, que ton souffle qui me chatouille, ta chaleur qui m'envahit, c'est autant que je suis capable de te juger en moins, d'être partiel, de tout accepter? Jusqu'ici pourtant, les nouvelles que tu m'as données, les secrets que tu as partagés avec moi n'ont pas toujours été heureux. Certaines parties de moi voudraient se révolter, d'autres argumenter, certaines se cacher, mais toutes en savoir plus, de toi, parce que ça me semble comme une nécessité.
Entendre ton histoire, te connaître, c'est comme te boire, t'embrasser plus passionnément. Un dernier baiser, le plus passionnel, le plus endiablé? Peut-être arrivera-t-il, je ne sais pas.

Ton père. Avoir profité de ta mère, t'avoir laissée comme une inconnue au sein de ton propre peuple. Le tuer, évidemment. Tu as tord, et je ne peux pas t'en vouloir.

Tu sais... il faudrait être à ta place pour savoir si c'est vraiment ce que tu dois faire. Je n'ai pas eu une enfance malheureuse, pas facile non plus, des parents pauvres mais qui n'ont pas mal réussi à m'élever. Je ne sais pas ce que tu ressens, je ne peux pas savoir.
Je sais apourtant que ce que tu es aujourd'hui, tu le dois à lui aussi. Et ça ne m'étonnerait pas non plus que toi, avec ton caractère, tu ne le laisses pas s'échapper.


Que dire? Que ce qui appartient au passé devrait y rester? Que remuer dans son ventre ce que son père a été, en le cherchant, en le trouvant, en le tuant, c'est se faire plus de mal que de bien?
Ou alors que cette quête n'est que l'aboutissement logique de ce que lui-même a déclenché, il y a tant de temps?
L'aider ou la détourner de son projet, ai-je le droit de faire l'un ou l'autre?

J'espère juste... que ce ne soit pas le seul but dans ta vie.

Pourrais-je m'en cacher? Que j'ai déjà pensé - espéré - qu'il pourrait y avoir un futur pour nous... Un futur, pour le meilleur et pour le pire, comme on dit? Je n'imagine pas un pire, quand je sais que ce serait avec toi. Si pourtant ta vie ne prenait son sens que par la vengeance contre ton père, est-ce que cela vaudrait le coup de t'accompagner? Voir en toi uniquement la haine, la revanche, la mort, et puis plus rien? Je sais qu'il y a plus. Ta présence dans mes bras. Ce bien-être inégalable de partager ton air et tes frissons. Tes yeux qui savent haïr autant que désirer. Ton sourire qui sait se faire carnassier autant qu'enjôleur pour moi. Ta peur depuis le début, et encore, que je ne puisse te rendre les sentiments qui t'animent. Tout ça est la preuve, tangible plus que tout autre, qu'il y a plus.
Tu n'as souvent dû t'amuser, dans ta vie. Les Roses, c'était un havre de paix, tu m'avais dit. Les Enfers, c'est ton arme qu'ils veulent.
As-tu jamais imaginé pouvoir chercher du bonheur pour toi-même?

Reste le visage dans mes cheveux. Je ne me suis même pas rendu compte que ma main est venue dans ta nuque, pour t'y encourager. T'y mettre à l'aise. Te réconforter. Moi aussi j'ai serré, pour ne pas perdre le bout de bonheur à ma portée.
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MessageSujet: Re: Une autre nuit, le même arbre...   Ven 19 Sep - 11:48

Surtout continue à me serrer… Les yeux fermés, nichée dans l’odeur de tes cheveux et de ton épaule, je crois que parler est plus facile. Ecouter aussi… Ecouter les arguments et les avis que tu me donnes, attentive, pour essayer de trouver la meilleur façon de t’expliquer…

Ce n’est plus un but dans ma vie depuis longtemps… J’ai renoncé.

Oui, des années déjà que j’ai abandonné la poursuite. Le monde était trop vaste. Et puis le feu s’était éteint, aussi… Les cendres sont toujours en moi, là où brûlait cette rancune-là. Ce bout de moi resté stérile, que rien n’est venu repeupler. Ce vide…

Mais tu fais erreur… Je ne lui dois rien, à lui. C’est ma mère qui m’a élevée, il ne sait rien de moi, il est peut-être mort trois mois après ce qu’il a fait, va savoir. Et ce qu’il a fait, n’importe quel autre homme aurait pu le faire, je ne lui dois rien.

Tiens… Il reste donc une petite braise mal éteinte, couvant sous les cendres… Dommage. Ca ne tient plus chaud, ça fait juste mal. Ca ne sert à rien.

Tu vois… Je souris. Tu ne me connais pas aussi bien que tu crois…
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MessageSujet: Re: Une autre nuit, le même arbre...   Ven 19 Sep - 13:35

Je ne te connais pas aussi bien que je voudrais, serait plus exact.
Je suis pourtant en mesure de t'affirmer quelque chose que tu te refuses à admettre. Oui, j'aurai pensé que tu serais allé jusqu'au bout, que retrouver celui qui aurait abusé de ta mère, et de ta vie, tu l'aurais retrouvé, si tu avais pu, et tu en aurais fait un exemple, dans l'espoir que ça ne puisse plus se reproduire? Non, là j'extrapole peut-être un peu trop. Et pourtant, si ça n'avait pas été lui, si ça n'avait pas été comme ça, tu n'aurais pas été la même.
Imagine, tu aurais été quoi, une elfe au coeur aussi sombre que la nuit, sans aucun feu dans ton âme? Tu serais resté dans tes grottes, sans doute, à haïr ceux de la surface de toutes façons, et nous ne nous serions jamais rencontré. Ou peut-être que si, et peut-être aurai-je été alors obligé de te tuer, pour ma vie. Un second coup d'oeil, comme celui que j'ai eu pour toi et qui a fait chavirer ma vie , il n'en aurai été aucune question. Tu aurais été différente Eyleen, et moi moins heureux sans toi. En bien ou en mal, tu lui dois quelque chose. Moi, égoïstement sans doute, je n'y vois que du bien.

Alors tant mieux. répond-je à sa pique rieuse, lancée sur le côté de mon visage. C'est que j'ai encore à découvrir et à m'émerveiller de toi.

Te venger de ton père, finalement, ça n'aurait pas effacé le passé. Je pensais l'un, et je suis heureux de découvrir l'autre, que tu as renoncé, que tu t'en es fait ton deuil.
Je ne sais pas si toutes mes découvertes seront ainsi, mais je suis prêt à tenter le coup.
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MessageSujet: Re: Une autre nuit, le même arbre...   Lun 22 Sep - 14:27

T’émerveiller…

Je ris doucement dans ton cou.

Si seulement…

Si seulement tout ce que tu découvriras tôt ou tard pouvait t’émerveiller… J’adorerais n’avoir que des choses merveilleuses à te révéler sur moi. Mais je crains qu’ils soient détestables à tes yeux, mes mystères…

Arrête de parler de merveilles… Tu me fais peur quand tu dis ça…

J’ai soufflé ça dans ton oreille… J’aurais pas pu parler haut de toute manière…

Si tu n’attends que des merveilles de ma part, je vais forcément te décevoir à un moment et…

Et…
Et je refuse de voir l’étincelle disparaître dans tes yeux.
C’est la seule lueur qui m’éclaire.
La seule qui reste parmi les rares à m’avoir un jour éclairée…
Si elle disparaît je plonge droit dans les ténèbres…
J’ai pas peur du noir tu sais… Mais ce noir-là, il est infini.
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Nadhir
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MessageSujet: Re: Une autre nuit, le même arbre...   Mar 23 Sep - 7:53

Pas les bons mots.
Je pensais pourtant.

Mais tu continues avec cette peur de quelque chose, cette peur que j'aimerai déjouer, sans bien savoir ce qu'elle représente, ce qu'elle cache. Tu ne crois pas que je puisse encore trouver des choses en toi? Tu ne crois pas que je puisse encore me délecter de ce que tu voudrais bien me dévoiler? C'est mal me connaître. J'ai parfois l'esprit d'un gosse, à l'émerveillement facile. Malgré mes airs qui cachent souvent ce qui m'anime, je ne suis pas du tout blasé. J'aime m'émerveiller. Alors oui, c'est mon voeu que nous arrivions encore, tous les deux, et chacun, à nous étonner, nous montrer plus, nous offrir un peu plus de complicité...

Que des merveilles?
Mon visage qui s'assombrit légèrement. Évidemment que je sais que la vie n'est pas toujours rose. Qu'il est facile d'idéaliser, pour ne pas voir les défauts. Que lorsque l'on vit dans un rêve, la réalité n'est pas loin, en embuscade.

Je suis loin d'être parfait moi-même. Qui pourrait d'ailleurs le prétendre?

Je ne sais ce dont le futur sera fait. Je sais pourtant qu'il y a des coups durs, souvent. Ca nous fait douter, ça nous fait craindre le pire... Et bien moi j'ai choisi de faire confiance en mon étoile, en évitant de me mettre martel en tête avant que ça n'arrive.


Bien sûr que nous avons des raisons pour être déçus, blessés, brisés. Est-ce que ça vaut la peine pourtant de se focaliser dessus, et de s'en empoisonner la vie par avance? La vie vaudrait d'être vécue ainsi?

Et surtout, je n'accorde jamais plus de poids à un malheur qu'à un bonheur. C'est ça qui me fait avancer. C'est ça qui me donne envie de te connaitre, d'être complice et intime avec toi, de t'aider quand je le peux, de te demander un appui si tu le veux, de vivre avec toi tous les moments, des beaux qui nous font chavirer, des intenses qui nous font trembler, des durs qui nous font apprécier les bons...

J'ai quitté ton oreille, décollé mon visage juste assez pour chercher ton regard. Il y a des choses que l'on ne peut dire dans l'air, que l'on ne peut laisser passer que par l'ouïe. Je vise ton coeur, à travers tes yeux.

Tu es mon étoile, je t'aime...
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Eyleen
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MessageSujet: Re: Une autre nuit, le même arbre...   Mer 24 Sep - 16:21

Sa voix me caresse l'oreille, toute de tiédeur et rassurante, comme le ronron d'un chat. Et c'est exactement ce qu'il m'évoque en ce moment... Comme un chat assoupi, il s'abandonne à la vie, il jouit de ce qu'elle lui donne quand elle le lui donne, sans frayeur anticipée et inutile...

Il est doué pour la vie, certaines personnes sont comme ça, heureuses d'être simplement là, le sourire à fleur de visage, toujours. Même les détours du destin ne font pas vaciller leur volonté de vivre, de voir les couleurs douce de l'aube prochaine, et de se délecter à l'avance de la splendeur du prochain crépuscule...

Il laisse s'écouler sa voix le long de ma joue, ce souffle de vie si doux et inflexible pourtant, et j'ai tellement, tellement envie de pouvoir le rejoindre dans sa confiance et sa quiétude... J'ai connu la quiétude, aussi, après avoir renoncé à ce but de violence et de haine, allant là où mon histoire me menait. C'était de la quiétude, oui. Ou de la vacuité. Je n'avais d'autre but que de vivre le jour suivant, comme un animal. D'ailleurs j'étais aussi farouchement solitaire que certains animaux, quand ils sont chassés de la meute. Solitaire et pourtant assoiffés du besoin des autres. Nous sommes des animaux de meute ou de troupeau, selon que nous soyons du côté du loup ou du côté du mouton. Mais personne ne devrait jamais être contraint à la solitude... Ca rend plus fort, plus vigilant, oui. Mais tellement plus amer...

Je l'ai senti bouger, reculer, et sa chaleur me manque là où il s'éloigne. Bon, j'ai gagné son regard...
Mais pourquoi faut-il que tu me poignardes en plein coeur, juste maintenant ?... Ce que tu dis là, pourquoi ne l'as-tu pas dit quand tu ne voyais pas mon visage, quand mon expression douloureuse pouvait t'échapper ? Parce que là, c'est impossible... Tout mon désarroi me passe dans les yeux, et tu es tout près de mes yeux...
Comment t'expliquer ? Ce que tu me dis est comme une vague douce et dorée qui courrait sur moi, en moi, qui rendrait tout plus beau, plus vivant, et pourtant, elle révèle le noyau froid de peur et de doute, celui qui reste noir et mat quand tout miroite et ondule, quand tout rayonne...

Je te mange des yeux, reprenant ma caresse le long de ton front, de ta pommette, je t'imprime dans ma mémoire pour ne jamais rien perdre de cette seconde-là. Mais ma main tremble.


Je ne suis pas une étoile...
Si c'est une étoile que tu aimes tu fais erreur...
Moi je suis seulement un de ceux qui tuent. Ca existe, une étoile qui tue ? C'est une étoile comme ça que tu aimes ?


La voix rompue, qui tremble autant que la main.
Quand rien ne me fait plus pleurer ou presque, je sens les larmes massées dans ma gorge, et elles m'étranglent.
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Nadhir
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MessageSujet: Re: Une autre nuit, le même arbre...   Jeu 25 Sep - 9:40

Est-ce que moi, j'aurai pu dire quelque chose qui me tienne plus à coeur que ça? Est-ce que j'aurai pu donner plus que dans cette dernière phrase toute entière, sans tomber dans l'exagération?
Je ne crois pas, et pourtant, ton hésitation, ton tremblement, me montrent que tu ne l'as pas vu de cet oeil. Oeil qui me fascine pourtant.
Cette fois, c'est à moi de te prendre en défaut de me connaître. Il n'est même pas besoin de me connaître intimement pour savoir mon opinion là-dessus. Mais sans doute qu'un autre membre des constellations auraient compris ce que moi je mets dans ces mots, ce qu'ils signifient. Tant de fois ont-ils dû m'entendre répondre à cette question que tu me poses. Et ces fois-là, c'est moi qui les convainquaient à nous rejoindre...

Mon sourire n'a pas frissonné, parce que si certaines réponses ne sont pas évidentes, celle-ci m'est totalement naturelle. Il suffit que je te dise, il suffit que je t'explique. Je réponds à ta caresse, comme un chat qui se love contre la main de sa maîtresse, profitant et encourageant le contact...

Je sens pourtant ta tristesse, ta crainte, et je ne peux m'empêcher totalement, par empathie, d'en laisser un peu traverser mes yeux.

Je ne saurais dire ce que les Enfers pensent de nous, et de nos paroles étoilées.
Je pensais pourtant que mon intention, au delà des mots, était claire.


Je cherche son regard, qui s'embue. Ce serait si facile d'éponger ces larmes naissantes, de les boire, pour les oublier. Est-ce que je veux ça? User d'un artifice, fut-il agréable et doux, pour les sécher? Ce ne sont pas ses yeux que je veux convaincre, c'est son coeur...

Crois-tu que jamais je n'ai tué, moi-même? Puis-je me dire si différent de toi, finalement? J'ai mes buts, mes justifications, qui ne ressembleraient en rien à ceux professés et martelés par les Enfers, mais objectivement, je suis autant que toi un de ceux qui tuent.

Est-ce que je m'en vante? Est-ce que j'en tire du plaisir? Est-ce que je ne préférerai pas trouver d'autres moyens? Certes, mais je tue. Quand c'est nécessaire, et qu'il n'est pas en mon pouvoir de faire autrement. Et parfois même seulement quand c'est en mon pouvoir tout court, pour être honnête...

Et je peux en dire autant de ces compagnons qui me suivent. Oh, pas tous, non, non... Mais comme j'ai l'habitude de dire, certaines étoiles sont pacifiques, d'autres bénéfiques, et certaines sont sanglantes. Mais toutes scintillent et font parties des constellations...

Une étoile qui tue, tu demandes. Et je réponds.
Ma confiance est totale pour ceux qui trouvent leur voie et choisissent de me suivre, qu'ils soient guérisseurs, tueurs, rêveurs ou voleurs. Tous, je les aime, comme on aime ses enfants.
Mais là n'est pas encore la vraie réponse.

... et toutes nous inspirent ... Comme toi-même tu m'inspires, comme ton sourire scintille, comme tu me fais rêver la nuit et que tu perces la noirceur de la nuit.
Alors permets moi, simplement, de dire ce que j'éprouve, ce qui pour moi est la façon la plus simple d'exprimer ce que je ressens, avec mes mots à moi.
Tu es mon étoile.
Et oui, c'est ainsi que je t'aime.


Mon front est venu se reposer contre le tien. Nos regards ne peuvent plus se voir, ils ne font que se croiser, et s'emmêler. Et ma main a rejoint la tienne, pour la tenir, sentir ton tremblement, et espérer qu'il s'arrête.
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Eyleen
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MessageSujet: Re: Une autre nuit, le même arbre...   Dim 28 Sep - 15:20

Je l'écoute et je bois chacun des mots.
Ils viennent apaiser l'angoisse et dissoudre peu à peu la boule dans la gorge, celle qui m'oppressait. Et au fur et à mesure qu'il m'explique, je repense à ce que je sais de lui, d'eux, et je réalise que je savais tout ça déjà, mais que va savoir pourquoi, je n'arrivais pas à l'appliquer à moi-même... Peut-être était-ce à cause du revirement total, radical, entre l'Eyleen du campement des Roses et l'Eyleen des Enfers, que j'ai cru, imaginé, qu'il ne pourrais pas accepter.
C'était idiot, évidemment.
Il y a bel et bien des assassins parmi les Constellations, et je suis admirablement placée pour le savoir...

Par contre, le voir lui comme l'un d'eux, impossible. Il dit qu'il tue aussi, mais je sais qu'il ne tue jamais gratuitement, comme certains de mes compagnons ou des siens le font parfois. Ca fait partie des choses que je ne peux cesser d'admirer chez lui, cette constance, cette opiniâtreté à ne jamais vouloir laisser les apparentes évidences devenir une vérité de surface. A chercher toujours sous la surface, sous l'écorce, sous l'armure, ce qui fait la réalité des choses et des êtres...
Sans ça, jamais tout ceci ne serait arrivé.
Je ne l'aurais jamais tenu contre moi dans le silence et la nuit, souffles entremêlés. Je ne l'aurais jamais entendu me dire qu'il m'aime, je n'aurais jamais pu lui répondre de ce murmure enfiévré et balbutiant, ces mots que je n'ai jamais prononcés, jamais pour personne. Alors que je les sais vrais depuis si longtemps. Bien avant ma chute, je savais, mais c'était trop inimaginable, un rêve mal éradiqué de gamine solitaire, une faiblesse, une blessure au flanc, le trait de douleur qui s'allonge dans la chair quand on oublie qu'il ne faut pas inspirer trop fort.
Et de les avoir dits enfin, d'avoir osé les dire, j'ai l'impression de respirer vraiment pour la première fois.
La digue s'est rompue...
Je ne peux plus m'empêcher à présent de les laisser s'écouler de moi, tous ces mots d'amour, le murmure qui s'étire en un chant chaotique et désemparé, fiévreux, ponctués de baisers furtifs posés un peu partout sur son visage. Je crois que je ris en même temps que je chuchotes, et que je pleure en même temps que je ris, et que je l'embrasse en même temps que je pleure, alors que je me vide enfin de tous ces je t'aime, ces tu m'as manqué, ces j'ai besoin de toi. Trop longtemps retenus, enfermés, ils se sont libérés et ils s'envolent, enfin libres...

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Nadhir
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MessageSujet: Re: Une autre nuit, le même arbre...   Ven 3 Oct - 15:11

Certains disent que c'est le voyage, le plus important, pas la destination.
Je ne sais où nous seront dans quelques mois, dans quelques années, Eyleen, je ne sais quelle sera notre destination. Je sais pourtant que c'est le voyage que je veux faire avec toi.
Mais d'un autre côté, ce dernier voyage entrepris, cette explication, cette bataille contre les doutes que tu avais, cette recherche en moi-même de ce que tu représentes réellement pour moi, il ne vaut rien devant ce que j'ai atteint grâce à lui. Quel changement dans ton attitude, quelle métamorphose en toi! Tu ne voulais pas y croire, depuis le début, c'est comme si tu ne te reconnaissais pas le droit que ça t'arrive à toi, ces sentiments, ce pont vers le bonheur, cette relation nouvelle dont chaque découverte est autant de plaisir... Et pour la première fois sans doute, je ne découvre dans tes traits rien d'autre que cette croyance. Finalement convaincue par je ne sais quoi de plus, mes mots puisés au fond de mon coeur, mes yeux qui brillent de ce que je vois en toi, les mille sensations de mon corps qui veut toujours se rapprocher du tien?
J'aime tes baisers, j'aime tes mots, j'aime tes pleurs et tes rires en même temps, déferlants sur moi comme une première fois. Et tu m'offres un superbe cadeau. Ce je t'aime qui coûte toujours à prononcer. Qui coûte encore plus à ne pas l'entendre en réplique au sien. Celui-là j'y crois, et je le garderai précieusement contre mon coeur, bien au chaud.

Tu craignais ce que je dise, et maintenant il n'y a plus de crainte dans tes yeux. Oui, tu es une tueuse, oui, je l'accepte, mais non, évidemment, ce n'est pas pour ça que je t'aime, et que tu me fais fibrer. Je garde tes mots, ta joie, ta libération comme autant de rayons scintillants de mon étoile.

Et moi, ça me réchauffe, ces rayons d'étoile.
Ca part du bout de mes doigts, et ça gonfle jusque vers mes mains. Ca s'insinue le long de mes bras, et me donne envie de t'y garder bien emmitouflée. Ca atteint mes épaules, ma poitrine, une grande inspiration est bien incapable d'éteindre ces braises en moi. J'en ressens le picotement dans ma nuque, la chaleur sur mes joues, les flammèches dans mes yeux.
Et puis ça descend aussi. Vers mon ventre et mon bassin. Cette chaleur s'enfouit là où mon désir se reposait, somnolant, après le feu d'artifice dont nous venions de sortir. Ca me réchauffe, et ça commence à sembler un feu.

Je tenais tes mains, comme pour pouvoir contenir ton tremblement.
Je fixe maintenant tes poignets. Solidement.
Rien qu'une impulsion, alors que tu ne te tenais plus, et je te repousse sur le dos. Tes mains impuissantes, prisonnières. Ton corps sous le mien, implacable geôle de mes cuisses.
Un tout autre sourire est venu sur mon visage. Peut-être celui du félys que j'étais, venant de mettre la patte sur la biche tant attendue...
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Eyleen
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MessageSujet: Re: Une autre nuit, le même arbre...   Lun 6 Oct - 15:51

Je ne sais pas si c’était le regard soudain redevenu prédateur.
Peut-être que oui.
Ou alors la prise ferme et possessive sur mes poignets.
Ou une qualité différente dans la chaleur contenue entre nous.
Je ne sais pas exactement.
Juste que je ne m’attendais pas à ce que le feu s’éveille aussi vite, alors qu’il semblait endormi, repu, enroulé à nouveau, bien sage, au fond de nos ventres.
D’un baiser à l’autre, tu es redevenu chasseur, et je suis redevenue cible.
Passée du soulagement d’après l’incertitude à l’ardeur du défi, testant la solidité de tes mains de mes muscles bandés, la provocation dans l’œil et dans le sourire.
De la douceur à la fièvre.

Et même si j’ai joué à essayer de me débattre, tu savais, toi, que je ne voulais pas vraiment t’échapper. Juste attiser la flamme, comme si c’était nécessaire… Prétendre que j’étais encore à conquérir et que rien ne t’était acquis.

A présent je reprends mon souffle à nouveau, la joue en feu baignée par la fraîcheur de l’herbe. Je regarde les yeux mi-clos la colline étrange formée par nos deux mains enchevêtrées. Ma peau sombre et vaguement bleutées contre ton hâle couleur de miel. Je serre les doigts, je ferme les yeux et je souris.

L’herbe me chatouille le nez, les paupières, et je ris doucement. Mon rire entravé par ton poids, prison chérie, choisie, ardemment désirée. J’aime ce moment… La caresse de tes cheveux sur mon épaule, ton souffle dans mon cou, j’aime tous ces signes évidents de ta présence, de ta proximité. Tu es là, essoufflé, fatigué, tu reposes sur mon dos, tu m’enveloppes de tes bras inertes. Si seulement on pouvait dormir comme ça… Comme ça en m’éveillant, les souvenirs me reviendraient tout de suite de ce qui a précédé le sommeil, les images sur fond de nuit, de feu, tes yeux brûlants, l’éclat de tes dents découvertes, la pression impérieuse de tes mains, et ma propre furie, incoercible, le goût du sang en bouche quand je me suis mordu la lèvre pour retenir les cris. Tu as bien fait de ne me laisser que le sol à labourer de mes griffes, je t’aurais fait mal, cette fois… Il faudra que je t’en parle, que je t’avertisse d’être prudent. J’ai tendance à perdre la tête, quand…

Pour combattre la torpeur je me force à bouger un peu, replier la jambe, le bras, ramener vers moi nos mains liées pour poser un baiser sur la jointure d’un de tes doigts… Tourner la tête pour tenter de saisir tes yeux, mais j’ai beau me tordre le cou, je ne te vois pas, il va falloir que je te dérange… Une petite pression des fesses et d’une épaule, je te fais rouler en arrière, tout doucement, et roule moi-même pour venir me nicher contre toi. Je cherche ma place le long de ton flanc, capture une jambe qui se laisse faire de bon gré. Puis, le menton sur ton épaule, je renoue nos regards ensemble. Et je souris.


Tu vas réagir comme ça chaque fois que je te dirai je t’aime ?

Ce ne serait qu’une des raisons pour lesquelles je regretterai de ne pas l’avoir dit beaucoup plus tôt…
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Nadhir
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MessageSujet: Re: Une autre nuit, le même arbre...   Mar 7 Oct - 8:54

L'oeil du prédateur, l'oeil de la tigresse.
J'ai cru un instant que je ne ferai qu'une bouchée de toi, que je te croquerai comme ça, crue, que tu te laisserais faire, acceptant la faim qui me tiraillait le fond du ventre. Il y a eu ce regard fugace de surprise, suffisant pour ne pas réveiller la guerrière en toi... et pourtant, tu t'es défendue, comme je l'appelais de mes voeux.

Une tigresse devant moi, mais moi finalement ni un chasseur, ni un dompteur. Un autre félin, rendant pendant un moment son tribut à la nature et aux instincts. Une bataille comme un jeu, ou chaque coup porté est autant de victoire pour les deux, autant d'encouragement à continuer, et à laisser ce feulement intérieur gonfler en nous.
Passion sauvage, animale, sans limite. Rien qu'un peu du feu qui me brûlais, et que j'ai laissé sortir, s'exprimer. Et toi, tu l'attisais. De tes yeux que bientôt je ne voyais plus. De tes mouvements qui étaient à moitié fuite, à moitié attaque
éperdue contre moi. Tu as réussi à te retourner, et là je ne sais plus.
Des flashes de lumière, des râles qui tranchent le silence, des éclairs dans les membres, des mémoires par bribes, et puis...

... Allongée sur toi, haletant, repu, presque plus de force pour résister à ton mouvement qui me fait rouler sur le côté. Un instant de panique, déboussolé, sans mon ancre profondément fixée à toi, j'ai l'impression d'avoir perdu... avant que ton contact ne revienne sur ma peau, tout contre, et que je retrouve mes sens. Mon sens, vers toi.

J'ai voulu te gagner, et c'est moi qui suis à terre, vaincu, inoffensif. A toi le droit sur ma dépouille. Tu t'appropries une jambe, mon flanc... et mon regard.
Et comme une ultime victoire sur toi qui m'a terrassé, je m'offre ton sourire...

Soupir à tes paroles, parce qu'elle me font imaginer et revivre tout ça, une fois de plus. Combiner l'expression de l'amour et son plus merveilleux ciment? Le sentiment et la passion? Ce qui nous rend humain et ce qui nous maintient animal?

Oh oui, je pourrais bien m'y habituer tu sais?
Un coup d'oeil taquin Alors j'espère que ça ne te retiendras pas à l'avenir, hein?

Un bras qui t'enveloppe, le long de ton dos, et cherche le creux de tes reins comme un berceau. Un peu plus, je me serai attendu à sentir la continuation de son épine dorsale, et d'un appendice caudal propre aux félins. Souvenirs et impressions qui se mélangent alors que mon esprit vogue un instant.

Il faudra bien que l'on trouve un sujet de discussion moins... épuisant, à l'avenir, nous ne pourrions plus en tenir le coup... Un sourire. Pas que ça me dérangerait d'ailleurs, mais je me retrouverai exsangue bien vite, à ce rythme-là.
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MessageSujet: Re: Une autre nuit, le même arbre...   Mer 8 Oct - 20:28

Me retenir ?
N'y compte pas trop...


Mon sourire s'est creusé, et j'ai senti aussi la pointe un peu rauque qui a coloré ma voix. La femelle repue, sa faim satisfaite, apaisée, mais quand même possessive, et qui gronde, la patte posée sur sa proie.

Un autre sujet de discussion, vraiment ? Tu crois qu'on pourrait trouver quelque chose d'aussi... palpitant ?

Je te taquine les yeux de mes yeux qui s'étrécissent, et le torse du bout de mon index. Il se promène sur ta peau, dessine des arabesques, des spirales, runes mystérieuses et qui sait, magiques... Va savoir si tu ne vas pas te retrouver irrémédiablement lié à moi, après ça... Va savoir quelle vieille magie de mon peuple je pourrais exercer pour être sûre que je ne perdrai jamais ce regard, là... La patte se repose sur toi, bien à plat. Ma proie... Qui était la proie de l'autre ? Qui est asservi au sourire de l'autre ? Qui se réchauffe en frémissant à la flamme douce d'un oeil d'ambre pailleté ?...
Pas toi...
Mes yeux à moi ne sont pas d'ambre, ni d'or chaud...
Et mon sourire s'est estompé...


Tu sais...
...
Je crois que ça va être difficile...


Je frotte ma joue contre ton épaule, juste le temps de décrocher mon regard du tien. Il était trop doux, soudain. Si seulement...

Si seulement on pouvait être à deux endroits à la fois...

Une 'Nea couchée dans tes bras jusqu'à ce que le soleil se lève et au-delà... Ici ou ailleurs, dans l'ombre des forêts ou contre la roche d'une caverne ou nichés dans la tiédeur d'un lit...
Et une autre 'Nea à sa place aux côtés de l'impératrice, tenant son rôle de garde, impassible et vigilante, loyale et fidèle à la parole donnée.


Au lieu de ça, ce temps-ci, il faut que je le vole... Et il sera toujours beaucoup trop court...

J'ai murmuré ça. Une pensée à moitié dite, est-ce que tu peux seulement comprendre alors que je ne te dis pas tout... Un long soupir m'échappe...

Je relève la tête, replante mon menton à la jointure de ton épaules, et t'offre un sourire un peu triste, mais un sourire quand même.


Tu crois que c'est moi qui ai la poisse, ou c'est toi ? Lequel de nous deux est le plus doué pour se foutre dans des situations impossibles ?


J'essaie de plaisanter mais ça ne me fait rire qu'en surface. Parce que ça me plombe, tu sais, de savoir que tout aurait pu être différent. J'aurais pu te rencontrer autrement, on aurait pu ne pas se retrouver en guerre au premier regard, j'aurais pu te revoir autrement qu'en essayant de sauver la vie et la paix de mes compagnes, on aurait pu parler paisiblement et apprendre à se connaître, j'aurais pu me réfugier près de toi quand elles sont parties et pleurer dans ton cou, et alors jamais l'Empire n'aurait posé la main sur moi, et tout aurait été tellement doux, tellement facile.
Et alors que le temps se défile, au lieu que leur influence s'amenuise et que s'effiloche le maléfice dont je porte ma marque, je ne fais qu'apprendre de plus en plus que ma place est parmi eux...


Pourquoi c'est si compliqué...

Râlerie de môme contrarié...
Oui, je sais que ça en a l'air...
C'est vrai, c'est pas très aigu, comme souffrance, pour le moment.
Mais il y a peu je souffrais.
Tandis que là, collée à ton flanc de tout mon long, ton odeur plein mes narines, la torpeur qui m'engourdit les reins, tout est dilué dans ta chaleur, et je n'ai pas mal.
Pas encore.
Mais ça reviendra.
Je le sais...

Un autre long soupir, je repose ma joue, et je ferme les yeux...
Et puis ça sort tout seul, j'ai même pas réfléchi.


Tu veux que je te raconte ?...
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Nadhir
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MessageSujet: Re: Une autre nuit, le même arbre...   Jeu 9 Oct - 12:36

J'aime comme tu renvoies la balle à mes taquineries, que tu imagines comme je le fais les implications et les non-dits et que ça te donne envie. J'aime jouer avec toi tu sais? Parce que tout ça est bien un jeu. Du plaisir, du divertissement, soumis à des règles qui nous sont imposées, d'une façon où d'une autre. Tirer le meilleur parti de la situation qui nous est donnée. Un jeu. Et pourtant plus que ça.
Un jeu auquel j'ai besoin de participer, que je ne pourrais arrêter de mon propre chef, que pour rien au monde je ne voudrais perdre.

Parfois, on oublie les règles, comme à l'instant, et on se laisse submerger. Je profite encore de ce moment. Tes yeux taquins, ton sourire gourmand, la volupté de tes caresses sur mon torse, ta question qui vient faire écho à mes désirs...
Mais comme toujours, elles reviennent, ces règles. Trop vite, trop tôt. J'espère que cette fois-ci encore elles ne nous feront pas perdre le goût du jeu, ne serait-ce que temporairement...

Je hoche la tête à ton évocation. Je ne sais pas encore où tu veux en venir, même si j'ai les mêmes craintes, tapies au fond de moi. Des instants volés, alors que j'aimerai t'avoir au près de moi le plus possible. Des instants cachés, alors que je n'éprouve aucune honte de notre relation. Voilà ce que nous avons. Voilà ce que toi aussi tu crains je crois.

Oui, c'est difficile. Ne pas cacher, ça. Ne pas faire croire que ces inquiétudes ne me traversent pas, moi aussi. J'y perds peut-être en manquant lui insuffler de la confiance, mais j'espère y gagner pour notre proximité. C'est ensemble que ça doit marcher, je ne crois pas que l'un puisse tirer l'autre. Nous serions deux à trouver ça bizarre...

Evidemment, j'arrive à imaginer ce qui aurait pu se passer différemment. Pour ne pas nous mettre au supplice la quasi totalité du temps. Avons-nous choisi la mauvaise direction le long du chemin? Ou est-ce que notre seul chemin est celui-ci...? Toujours allongé sur le sol, la tête reposée, les yeux qui se perdent dans le vague. Ces dernières paroles étaient presque pour moi seulement, pensées qui se sont frayées un chemin vers ma bouche.

Mais je n'ai pas l'intention de vivre de remords. Sans doute y avait-il d'autres façons. Je ne sais pas, et ce n'est plus un choix en mon pouvoir... Ce que je sais, c'est le choix d'aujourd'hui. La facilité, en te perdant. Ou la croyance, la ténacité, et passer des moments merveilleux avec toi, et le reste du temps avoir cette chaleur au fond du coeur, qui n'est jamais loin de toi.

Je ne sais pas si tu verras ça comme moi. Entre nous deux, j'ai l'impression que c'est plutôt moi l'optimiste. Je ne sais comment tu verras ce choix... Même si moi, quelque part,j'ai menti. Il n'y a pas de choix. Rien qu'une évidence, une nécessité. Aveugle sans doute, elle ne voit même pas la difficulté, elle. Elle ne fait que garder le cap, s'accrocher, défier les aléas comme si ce n'était que des brises légères, s'en amuser même, chaque fois qu'elle obtient ne serait-ce que la plus petite récompense. Drôle de chose, elle, bien nichée au fond de moi, et qui palpite au moindre de tes coups d'oeil, au moindre de tes souvenirs...

Alors oui, dis moi.
Parce que quoi qu'il arrive, on aura besoin de s'aider mutuellement. Besoin de savoir, et de comprendre, et d'être là pour l'autre. Boucher mes oreilles à cette vie compliquée que tu mènes, même si c'est celle qui ne m'appartient pas et que je ne peux qu'accepter telle quelle, ce ne serait pas malin.
Et puis... j'aurai bien besoin aussi de pouvoir parfois te parler de la mienne...
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Eyleen
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MessageSujet: Re: Une autre nuit, le même arbre...   Mer 15 Oct - 9:25

J’ai gardé les yeux fermés en t’écoutant.
C’est plus facile…
J’ai entendu tes mots qui espèrent, qui luisent doucement dans l’ombre qui éteignait mon sourire tout à l’heure. J’aime que tu ne nies pas la difficulté, que tu n’essaies pas de me faire croire que tout ira bien, tout s’arrangera, je n’aurais pas pu croire à ça, je ne suis plus assez naïve, plus assez enfant, depuis beaucoup trop longtemps d’ailleurs… J’apprécie aussi que tu ne parle pas d’avenir, car nous ne savons pas si l’avenir nous sera donné. Mais malgré ces restrictions, il y a de l’espoir dans tes mots, et de la sérénité.
Et ça m’apaise…
A quoi bon rager contre le sort ? Nous n’avons pas vraiment le choix. Accepter ou refuser. Quand refuser nous amènerait à nous tourner le dos l’un à l’autre, il est facile de voir qu’il ne s’agit pas d’un choix…

Alors je commence l’histoire.
Celle qui te dira pourquoi je reste parmi eux, alors qu’ils ne me retiennent pas, alors que la marque n’est plus un tourment pour moi.
Celle qui t’explique pourquoi la mort que je sème, si elle ne m’amuse pas et ne me procure aucun plaisir, me donne cependant le sentiment que j’accomplis la tâche pour laquelle je suis faite… pour laquelle ma vie m’a faite, patiemment.
Celle qui t’explique aussi, finalement, pourquoi les étoffes dont tu m’as dépouillée sont infiniment plus douces et plus riches que celles que je portais avant. Pourquoi l’acier de la dague que j’ai emportée est plus acéré et résistant. Et pourquoi luit à son pommeau une pierre violette, lisse comme une goutte de vin. Et ce bijou discret qui orne le creux de ma gorge… Il m’est devenu coutumier si vite, j’ai oublié de l’ôter. Moi, porter des bijoux… Voilà qui a du te surprendre…

Je crois que tu peux comprendre à demi-mot la portée de ce voyage étrange, son impact sur moi, tout ce qui a changé, tout ce que j’ai appris à accepter enfin, cette noirceur au fond de moi, que je me suis pardonnée et à laquelle j’ai trouvé un sens… Je crois que tu peux saisir l’émerveillement et les émotions encore vivaces dans mon souvenir quand j’évoque ma longue marche à la suite d’une salamandre, ma plongée dans un feu inexplicablement bienveillant, et ce temple antique et silencieux. Et puis, surtout, la sphère blanche, le cœur. Cette chose immobile et indifférente, au-delà du temps, au-delà du bien et du mal. Je n’ai pas rêvé… Mes pieds portent encore des plaies mal cicatrisées causées par les laves râpeuses et acérées…

Puis mon réveil solitaire.
La douleur diffuse quand j’ai marché jusqu’au Palais, et cette sensation d’être assommée, ahurie par la connaissance nouvelle de quelque chose d’infiniment plus grand, d’infiniment plus vieux…
Et l’Impératrice. Là où elle m’a conduite, et ce qu’elle attendait de moi. La faveur dont elle m’a honorée, que je ne comprends pas vraiment, mais que j’accepte comme venue d’un jugement plus élevé que le mien.


Tu sais, je crois qu’elle se doute… pour nous. Elle gardait la Porte la première fois, elle a du me voir partir et revenir, je ne sais pas. Mais ses questions… je crois qu’elle se doute.

Et puis un bref silence. Je peux rouvrir les yeux maintenant, rechercher les tiens et y lire ce que tu penses… Très calme. Je n’ai pas peur.

Voilà…
Je ne suis ni une victime ni une esclave, je ne l’ai jamais été… même si je l’ai cru moi-même, parfois… Peut-être que j’adore qu’on m’oblige à faire ce que je brûle de faire de toute façon…


Un bref sourire à ce que cette phrase évoque d’autre… je sens encore tes mains sur mes poignets et ton poids qui me cloue au sol…
Mais ce n’était pas un jeu…
Un jeu ne fait pas souffrir, en principe.
Un jeu ne fait pas pleurer…
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Nadhir
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MessageSujet: Re: Une autre nuit, le même arbre...   Ven 17 Oct - 9:29

Je savais.
Savais qu'il y avait une histoire comme ça, quelque chose dont je ne pouvais que me douter, mais qu'il me fallait entendre. Je savais que ça te faisait peur, que tu redoutais de m'en parler, mais le plus dur est déjà passé. Il a déjà fallu que je me convainque que ta place parmi eux, c'est ce qui est bon pour toi, à défaut du meilleur pour moi. Les raisons, les justifications, pourquoi c'est bon pour toi, j'aurais été capable de ne pas les entendre, te les laisser, un jardin secret, comme moi j'ai le mien.
Malgré ça, je te remercie. Parce que ça m'aidera dans le futur, de savoir tout cela de toi. Toute cette aventure, cette découverte que tu as faite au tréfond de la terre. Baignée dans le feu, mais toujours profondément tellurique, c'est comme ça que je te vois, une pierre dans la marre des Enfers, tu restes celle que tu as été, et tu profites et apprend de leur environnement. Je n'aurai sans doute pas mieux fait.
J'écoute ton récit, vibrant, vivant, tes intonations qui reflètent les vibrations de ce coeur de fournaise blanche, j'aurai pu être à ton côté ce jour-là... j'aurai voulu peut-être... Et ça aurait été égoiste. Certains chemins sont à faire en solitaire, celui-là t'appartenait.

Et puis le changement de statut parmi les tiens. A cause de ton voyage? Je ne suis même pas sûr, je crois que même eux étaient capable de voir ta vaillance, ta force de volonté. Rien que comme une arme, pensais-tu qu'il te voyait. C'était penser bien mal de toi-même, et ça m'arrangeait alors que tu le crois, encore, parce que je pensais que plus tu t'accrochais à eux, plus tu me lâcherais, moi. La confiance est venue avec le temps, la confiance en ce que je ne pouvais contrôler, m'assurer...

Je fronce les sourcils. L'impératrice des Enfers. Médolie. Qui saurait... Qu'est-ce que ça pourrait bien impliquer pour nous deux, cette connaissance? Trop tôt pour le savoir, bien assez tôt pour le craindre.

Et merci à toi, tu chasses ces pensées plus noires, de tes dernières phrases. J'ai très bien noté l'intonation de ta conclusion, qui à elle seul aurait pu m'enflammer à nouveau, si je n'étais pas doublement épuisé. Je m'en doutais à vrai dire, et je m'en souviendrai...

Mes bras autour de toi, qui n'ont pas tremblés, te gardant contre moi. La chaleur qui émane de toi, et que je bois autant que je provoque. Les yeux que tu m'offres à nouveau, sans peur, sans détour. J'y lis ta détermination, ton envie, ton espérance.

Victime ou esclave. Je voulais y croire aussi tu sais. Comme une excuse, comme une facilité. Et pourtant comme un mensonge à moi-même en même temps, parce que l'Eyleen que j'aime, elle ne serait pas restée comme ça.

Trop volontaire, trop indépendante, trop libre pour ça, mais un doux mensonge, suffisant à l'époque pour me faire croire que ça irait mieux en t'arrachant à eux. Et ce serait oublier que je suis parfaitement heureux avec toi, maintenant, comme ça. Parce que tu t'es trouvée, parce que je fais partie de ta vie, et que ça me suffit.

Je suis heureux que tu aies fait ce voyage. Je suis heureux que ça t'ai apporté les réponses que tu attendais depuis longtemps, sans savoir que tu les cherchais. J'ai entendu par ta bouche ces raisons que tu as reçues, et qui t'animent maintenant. Et je ne pourrais qu'espérer que chacun trouve les leurs.

Errer sans but, sans raison, sans philosophie, sans compréhension, sans espoirs. Je ne le souhaite à personne. Je n'aurai sans doute pas pu me mentir très longtemps sur mon amour pour toi, si ça avait été ton cas.

Ton récit, d'ailleurs, ressemble beaucoup à... Je t'en ai déjà parlé? J'ai déjà évoqué aussi ce chemin, dans un temple millénaire et baigné dans les éléments, que j'ai entrepris, et qui m'a changé tel que tu me vois maintenant? J'ai évoqué, je crois, il y a longtemps, sans peut-être te laisser l'occasion de voir ce qu'il y avait derrière... quelque chose que j'ai vécu... ou rêvé, peu importe. Je sais à quel point ça a changé ma vie. Je sais que celui que tu vois aujourd'hui en est le fruit. Et que si je suis critique avec moi-même, je dois admettre que si les mots et les paysages étaient différents, le message était le même que le tien.

Moi, je vois ça plus religieusement que toi. Par ici il y a Fimine, je suis sûr qu'elle nous regarde avec un sourire en coin, elle... Et surtout au delà il y a les étoiles. Etoiles qui sont tour à tour génitrices et meurtrières, vie et mort, éternelles et en perpétuel recommencement.

Je sais que certains se battent pour des mots, ce sont les seules idées derrières qui m'importent. Et si tu n'as pas suivi le même chemin que le mien, je suis heureux qu'il ait abouti ainsi.

Et tout d'un coup, un souvenir, quelque chose clochait encore...

Mais... ton impératrice. C'est elle qui t'a gardée auprès d'elle, plus encore qu'avant, en se doutant de nous tu dis? Dis moi alors, si elle a le pouvoir... si tu lui laisseras le pouvoir... de nous éloigner l'un de l'autre

Les rôles sont presque symétriques. Nos factions respectives tueraient l'autre sans réfléchir, je suis incapable d'empêcher les miens de le faire, et elle non plus. Mais accepter la liaison, en connaissance de cause? J'aurai peut-être - sans doute - des regards d'incompréhension de la part des Constellations, mais je n'aurai jamais d'ordre ni de remontrances. Privilège royal. Mais toi...?
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MessageSujet: Re: Une autre nuit, le même arbre...   Dim 19 Oct - 11:21

Je n'avais pas peur, je savais que tu comprendrais tout ça. Mais ça mefait plaisir de l'entendre quand même... J'entends les réserves que tu gardes encore sur toi-même et ton passé. L'homme-chat, le voleur. J'y ai beaucoup pensé depuis, cherchant le félin derrière l'homme, et le retrouvant dans tous ces détails qui te rendent différent et unique. Cette sérénité vigilante, et puis aussi cette façon d'accepter la vie comme elle vient à toi, sans t'encombrer l'esprit de regrets et de peurs inutiles. Et puis d'autres aspects aussi, ceux qui me font courir le sang, ce côté animal qui s'exprime dans tes gestes et dans ton regard, parfois. Comme quand tu cesses de parler de vive voix pour donner la parole à tes sens...

J'hésite à t'en demander plus. Je n'aime pas qu'on me pousse à révéler ce que je veux garder pour moi encore un peu, et malgré ma curiosité, je préfère attendre. Tu raconteras quand tu en auras envie. Je serai heureuse de savoir. Et en attendant je serai heureuse d'imaginer, tout en sachant que mes rêves sont sans doute très éloignés de la réalité.

Ta dernière remarque, par contre... Celle-là me met mal à l'aise, et pour cause.


Je ne sais pas... Somme toute c'est déjà le cas. Sinon j'aurais pu revenir bien plus tôt... Je ne sais pas du tout. J'ai l'impression qu'ils n'apprécieraient pas de savoir ce qui nous lie. Ils auraient sûrement peur que je les trahisse...

Alors que rien n'est plus éloigné de mon esprit.
Mais jamais je n'ai eu à choisir jusqu'à présent.
Si un jour je dois décider qui sauver, de l'Impératrice ou de toi ? Que vais-je choisir ? Ma loyauté ou mon amour ? Les deux me sont indispensables. Je ne saurais faire défaut à aucun des deux.
Je n'ai plus qu'à prier le destin qu'il m'évite semblable situation...


Je crois que si elle voulait vraiment me tenir loin de toi elle en aurait déjà le pouvoir, mais elle ne l'exerce pas... Elle n'a que faire de ce que je te donne à toi, alors quelle importance pour elle ? Quelle importance pour eux tous... Je ne sais pas.
Elle a l'air de ne pas s'y opposer, mais les autres ?...
Je ne sait pas quelle serait leur réaction.
Mais je sais quelle serait la mienne.
Je ne suis pas leur objet.
Ils ont ma parole et mon bras. Le reste m'appartient, et ils n'ont aucun droit dessus.


Mon sourire vient adoucir mes mots.

De toute manière ils pourraient difficilement revendiquer ce qu'ils ont eu à leur disposition tout ce temps, et pour lequel aucun d'eux n'a manifesté le moindre intérêt. S'ils venaient gueuler maintenant que "ça" leur appartient aussi, je répondrais que c'était pas dans le contrat, et qu'en plus ils ont eu leur créneau et ils l'ont laissé passer !

Là je ris un petit peu. Surtout que c'est faut, tout était joué pour moi bien avant que je les rencontre...
Mais le fond d'anxiété demeure.
Je sens qu'ils n'accepteraient pas. Je ne sais pas pourquoi, mais ce qui est permis à un homme ne l'est pas à une femme, ce n'est pas nouveau. Maintenant si leur désaccord se résume à quelques marmonnements de désapprobation, je m'en fous. Mais si c'est plus virulent que ça... Je ne sais pas.

Mais je ne me laisserai pas couper de toi.
Jamais.
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MessageSujet: Re: Une autre nuit, le même arbre...   Lun 20 Oct - 15:39

Je hoche la tête à ses premiers mots. C'est vrai, c'est déjà le cas. Mais ce n'est pas à ça que je pensais, évidemment. J'ai déjà fait mon deuil de pouvoir être avec toi autant que je voudrais, je sais que nos rencontres seront aussi rares que passionnelles. Je me plais de ces moments volés, de cette attente, qui semble parfois interminable, qui semble parfois augmenter encore mon désir et mon amour pour toi. Je m'y plais parce que je sais que nous n'aurons pas plus. Et je les crains parce qu'ils ne peuvent sans doute changer que d'une seule façon, s'arrêter.
Qu'est-ce qui me garderait les yeux ouverts alors, sans l'espérance de te voir briser l'horizon de ta silhouette?
Qu'est-ce qui me tiendrait debout, sans tes hanches auxquelles m'accrocher?
Qu'est-ce qui ferait battre mon coeur, si jamais plus il ne le ferait contre le tien?

Je chasse ces idées de mes pensées. Idées noires, moi qui ne leur donne jamais assez d'importance pour qu'elles puissent me hanter. Celles-ci s'accrochent, pourtant, parce que je tiens à toi. Elles s'accrochent, parce que je ne sais pas si mes actions pourraient en changer le cours, un jour.
Tu pourrais te faire mal voir par ta famille, à cause de moi.
Tu pourrais te faire réprimander, te faire enfermer, te faire... tuer?
Ils en sont sans doute capable, les Enfers ne s'embarrassent pas de détails.
Alors quoi, jouer au preux chevalier? T'arracher à cette famille ingrate, t'enlever pour quitter tous deux ces Terres qui ne feront que nous accabler, t'emmener là où il n'y aurait plus ni Enfers sous nos pieds... ni étoiles sous nos têtes...
Un rire intérieur.
La bêtise de la proposition.
Et un oubli, qui vient de toutes façons rendre la rendre caduque, c'est que ni toi ni moi ne vivrions loin de ces familles-là.

Mon sourire s'externalise alors que tu m'affirmes ton point de vue. Tu n'es pas leur objet. Le dos de mes doigts glissent sur ta joue, caresser la pommette rebondie de ton rire.

Je ne sais pas ce qu'ils feraient, ou ce qu'ils pourraient revendiquer... Mais selon toute vraisemblance, si et quand ça arrivera, je ne pourrais rien faire pour t'aider, alors même que je suis à l'origine de ta situation. Rien de ce que je pourrais proposer comme aide aujourd'hui ne te préparerait pour cette éventualité. Sois prudente alors... J'ai déjà assez de cauchemars de te savoir la cible de ceux qui sont mes amis, pour ne pas ajouter la crainte de te voir cerner par les tiens.

Enfin, quand je dis sois prudente...
Un petit rire étouffé...

Enfin tu es une grande fille, je sais, et tu n'es pas arrivée jusque là en faisant trop confiance au premier venu, je sais bien que tu peux te défendre...

Un peu de réalisme. Ca finira par arriver, une situation comme ça, autant la préparer.
Je cherche ta main, la serre dans la mienne.
Si d'aventure tu avais des doutes ou des indices sur leur réaction, essaye de me faire passer le message. Si je ne te revois pas tout de suite, que je sache au moins sur quel pied danser...

Sur quel pied danser...
Ce serait possible, ça, de te faire tourner sur une musique enjouée et insouciante, pour oublier tout ça?
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MessageSujet: Re: Une autre nuit, le même arbre...   Dim 26 Oct - 16:19

Ca fait tout drôle de t'entendre parler de ça si calmement. J'en fais du cauchemars, tu sais ? Tu ne sais pas ? Tant mieux. Autant que ça ne t'assombrisse pas, alors. Un sourire pour cacher tout ça, pour l'enfoncer en moi, bien caché. Même pas peur.

Tu te flattes, là, non ? Un rien de raillerie dans le sourire, mais juste un peu, pour le parfum. Toi, à l'origine de ma situation ? Je suis assez grande pour me mettre dans les emmerdes toute seule...

Fini la raillerie, rien que de la soie à présent.


J'ai choisi, tu sais...
Rien ne m'obligeait à venir la première fois.
Ni à revenir ensuite.
Je suis ici parce que je le veux.
Et je sais ce que je risque...


Non, ne réponds pas tout de suite. D'ailleurs voilà, comme ça tu as le bec cloué, moi aussi d'ailleurs, on a mieux à faire de nos lèvres dans l'immédiat que de leur faire dire des choses tristes ou désagréables, et c'est bien mieux comme ça... Silence...
Nous connaissons les risques, nous savons les dangers.
Ou nous les soupçonnons.
Et nous savons tous les deux que l'interdit est un piment autant qu'une crainte.
Je t'aimerais sans ça, évidemment.
Plus doucement, plus longuement...
Obligée de concentrer des jours entiers d'amour sur quelques heures volées... et ça le rend d'autant plus intense et brûlant... A s'aimer aussi fort tout le temps, on s'épuiserait, non ? Je ne sais pas. J'ai du mal à imaginer ce que ça serait si nous étions libres. Alors je laisse tomber, de toute façon nous ne le sommes pas. Libres, je veux dire.

Allons j'ai encore un peu de temps.
Juste un peu de temps...
Une autre fois, je leur volerai une nuit entière.
Ils ne font rien de mes nuits, alors ça ne leur porte aucun préjudice...
Tandis que nous, songe à ce que nous en ferions, de toutes ces heures...
Moi j'y songe...
C'est pour ça que je souris en t'embrassant...
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