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 Et maintenant ?

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Elladan
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MessageSujet: Et maintenant ?   Mer 20 Aoû - 15:36

Exténué,
Je rejoins mon foyer.
Petit à petit, la forteresse des EnferS grandit à l'horizon, pour finir par l'englober tout entier...
Rien n'est visible au-delà et rien n'attire plus le regard que cet Empire sombre et majestueux.
Gigantesque...
Doux euphémisme pour décrire sa taille...
Tout en marchant, j'atteins un point légèrement plus élevé qui me permet d'embrasser la totalité de l'Empire...
Du haut de mon promontoire,
Je vois ses murailles colossales... Les bâtiments les plus proches, malgré leur taille, parviennent à peine à poindre par dessus.
Je vois également ses tours imposantes lancées à l'assaut du ciel rougeoyant.
Au loin, cette brume qu'aucun vent ne disperse jamais cache à ma vue le pied des édifices les plus éloignés. Seul le haut de certains monuments en émergent, me laissant le soin de reconstituer de mémoire leurs soubassements...
Et toujours ce ciel de feu et de cendres...
Je vois aussi la Porte... Elle domine les alentours, elle fait paraître minuscule quiconque passe à proximité...
Les Gardiens sont à leur poste, je les vois également.
Sun Jian et Za'Hya...
La relève... Malgré eux.
Nos ennemis sont ceux qui nous connaissent le mieux... Et ils accomplissent leur tâche à merveille.
A deux pour la protection du royaume des EnferS... éternellement.
Je ne vois pas les sous-sols. Mais je les imagine...
Ces caves étouffantes... Cette touffeur...
Cette odeur de corruption, de putréfaction qui vous prend à la gorge...
Les cris lointains, étouffés par des mètres roche, mais qui gardent en eux toute leur souffrance , leur effroi...
Oui, je les imagine si bien...

Je reprends ma marche, mais quelque chose me tracasse...
J'y pense, la tête courbée, fixant le sol ravagé sans le voir... Terre stérile, altérée à jamais...
La chaleur devient insoutenable. Cela a toujours été ainsi et le sera toujours, je suis au centre de la fournaise qui fait courber l'échine à ces terres... Mais, il y a bien longtemps déjà que je ne porte plus attention à ce genre de détails sans importance.
Si longtemps...
De mes pas, je foule la poussière – ou les cendres – , toujours aussi troublé, mes yeux toujours dirigés vers Gaïa, viciée...
Mes pieds, entrant dans mon champs de vision de façon intermittente, produisent sur moi un étrange effet hypnotique...


Dernière édition par Elladan le Dim 24 Aoû - 21:48, édité 2 fois
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Elladan
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MessageSujet: Re: Et maintenant ?   Dim 24 Aoû - 21:47

Je flotte.
Je n'arrive pas à voir net, à faire la mise au point...
Tout est flou.
Je marche quasiment en aveugle.
Je fais quelques pas mais, tout à coup, ma tête me fait affreusement mal; je ressens une effroyable pression sur mon crâne, j'ai l'impression que ma cervelle a décidé de me quitter en forçant le passage à travers celui-ci.
Le monde se met à tourner, le ciel, à se confondre avec l'horizon.
Cette douleur est insoutenable, je crois que je vais exploser.
Je titube.
Il faut que je m'assoie; je ne sais pas ce qui m'arrive.
Je serre les dents, des larmes perlent sur mes cils.
Je me laisse lourdement tomber sur le sol.
Couché, le souffle court, je reprends peu à peu mes esprits.
Je ferme les paupières et passe la paume de ma main, agréablement fraiche, sur mon front.
Petit à petit, la douleur s'atténue, ma vision s'éclaircit.
Je me sens encore légèrement cotonneux mais mes forces reviendront, il me faut juste un peu de temps.

Le temps de reprendre mon souffle je m'abandonne à la vue qui s'offre à moi...
Cette terre riche nourrie par la cendre d'où poussent quelques touffes d'herbe rase.
La mort crée la vie.
En relevant un peu le regard, j'aperçois la végétation qui devient peu à peu plus dense pour se transformer en une forêt claire à quelques lieues.
Le jaune de l'herbe de la plaine sur laquelle je me trouve disparaît, laissant place au vert pâle. Puis, ce vert s'intensifie pour finir par donner toute une gamme de verts plus profonds qui constituent la canopée d'autant d'espèces de feuillus.



Sur ma gauche, d'anciennes montagnes sont envahies par les broussailles et par des fleurs éparses aux couleurs éclatantes.
Plus loin, la végétation se raréfie peu à peu avec l'altitude.
A l'horizon, elle a tout bonnement disparu au profit de hautes montagnes.
Certains de leurs pics portent, tel un couvre-chef, une fine pellicule blanche et pure...

Mais c'est à droite, que, irrémédiablement, mes yeux sont attirés.
Tel un aimant, elle me rappelle quand je tourne la tête,
Je ne peux plus en détacher mon regard.
Cette rivière...
Cette onde pure qui traverse la plaine à une centaine de pas de ma personne.
Elle prend sa source dans le bois là-bas, probablement.
Et elle s'écoule vers le levant.
Vers l'océan.
Je me secoue.
Mais qu'a-t-elle pour me captiver cette rivière?
Ce n'est qu'un simple cours d'eau.
De l'eau. De la bête eau.
Et cette eau s'écoule venant de je-ne-sais-où vers je-ne-sais-où.
Cependant je ne parviens pas à en détacher mon regard.
Peut-être à cause du bruit.
Ce bruit continu d'eau cascadant de roche en roche...
Ce grondement lointain...
Peut-être...
Mais je n'en ai pas l'impression.
Il y autre chose.
Une sorte... d'attirance.

Je prends soudain conscience qu'il fait frais.
La chaleur étouffante a disparu.
Pourtant, je connais cet endroit.
Enfin, il me semble légèrement différent, un peu plus... luxuriant.
De l'herbe pousse là où j'ai le souvenir d'une terre corrompue et stérile
Mais quand je regarde dans cette direction, c'est avec l'idée de tuer. La rage et la vue du sang m'aveuglent souvent.
Et, au retour, enfin apaisé, je ne regarde jamais en arrière, car il n'y a plus personne à voir.
Je regarde droit devant moi, vers mon foyer avec la satisfaction du devoir accompli.
Lors de mon moment de faiblesse, j'ai du me retourner.
C'est tout.
Il n'y a aucun problème.
Je verrai ses murs, et, comme une ancre, les EnferS me raccrocheront à cette réalité qui m'échappe.
Je me retourne vers la Porte et vers l'Empire...

Pendant long moment, je reste sans voix.


C'est impossible!

J'ai eu besoin de le crier, comme si ce son, sorti de ma bouche, allait briser cette effroyable cauchemar.

Ce n'est pas possible...


Je me le répète encore et encore,
De moins en moins fort...
Mais rien ne change.

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MessageSujet: Re: Et maintenant ?   Lun 25 Aoû - 21:48



Et maintenant?

Je fais un pas hésitant vers l'avant.
Je ne peux croire ce que je vois.
Ces ruines...
Cela ne peut pas être ce qu'il reste de ma nation...
Pourtant, je reconnais l'agencement du lieu, ce relief.
Et puis, je peux facilement reconstruire les parties manquantes des édifices de mémoire.
Tout concorde.
Je suis toujours au même endroit.
Géographiquement du moins...

J'atteins finalement la limite des EnferS, là où s'élevaient les murailles, jadis.
Jadis?
Je m'arrête soudain, comme frappé par la foudre.


Quand suis-je?

Je pose la question aux ruines, qui ne me retournent que l'écho de ma propre voix.
Aucun signe de vie. Personne pour m'éclairer.
Comment vais-je faire pour remettre les choses en ordre?
Pour revenir à la normalité?
Je suis en plein délire, ce que je vois est impossible.
L'Empire est indestructible, même dans mille ans, il sera encore debout, ses fondations solidement ancrées dans le sol, ses tours rivalisant avec l'astre du jour par leur immensité...
Face à quoi est-ce que je me retrouve dans ce cas?
Un mirage?

Je fais encore quelques pas, et, sans trop d'espoir, j'avance ma main afin de toucher le pan de mur le plus proche.
Peut-être que que je passerai à travers, et que, comme la brume matinale se disperse face aux rayons du soleil qui s'élève, ces ruines disparaitrons pour faire place à ce que j'ai toujours connu et que j'aspire à retrouver...
Sans succès.
Bien sûr...
La solution ne viendra pas comme ça; j'ai le sentiment que je suis ici pour une raison bien précise...
Rien n'est jamais simple.
Et ce n'est pas pour me réjouir.

Je décide de laisser mes doutes et mes angoisses de côté pour le moment.
Ils m'empêchent de réfléchir, de me calmer, et cachent probablement la solution à ma vue...
J'avance au milieu des ruines, si familières et à la fois si lointaines.
Je n'ose émettre un son.
Je pourrais marcher dans un cimetière, au milieu des tombes, j'aurais la même démarche.
Je me sens comme un intrus, je dérange les âmes des guerriers tombés au combat, eux qui n'aspirent qu'au repos...
A certains endroits, plus abrités des intempéries, la cendre ne s'est pas encore mêlée à la terre.
J'y soulève un nuage opaque et laisse la marque de mes pas derrière moi.
Comme lors de mes excursions dans les cimes enneigées...
De la neige grise et noire...
Quelque flocons s'accrochent à ma cape qu'une faible brise fait onduler...
Ça aussi, c'est nouveau. Je n'avais jamais senti le moindre souffle, si faible soit-il sur ma peau auparavant...
Lorsque les EnferS existaient...
Je m'efforce de ravaler l'angoisse qui me prend de nouveau à la gorge, qui m'étouffe.
Il faut que je reste lucide.

Je regarde autour de moi, analyse chaque élément, froidement, comme je le ferais dans n'importe quelle situation.
L'endroit semble désert depuis longtemps déjà.
La mousse pousse déjà sur les murs laissés à l'abandon.
Les racines de petits arbrisseaux se frayent un chemin entre les pierres.
Lentement, mais avec obstination, la végétation décèle la pierre et la jette au sol.
La vie reprend ses droits.
Moi qui pensait cette terre corrompue à jamais...
A jamais... Il ne faut pas trop s'avancer en matière d'éternité.
Que puis-je en savoir... Que peut-il se passer en une éternité...
Peut-être ai-je vécu ici il y a des siècles...

Entre les ruines, les arbres ont déjà atteint une belle hauteur.
Certains atteignent déjà la fin de leur longue vie...
Et qui sait combien de générations d'arbres se sont peut-être déjà succédées ici...




La ciel s'assombrit.
Il va pleuvoir.
Quel comble...
De l'eau là où le feu régnait sans partage...
Les premières gouttent s'écrasent sur la terre et fertilisent le sol.
Je me retourne et quitte ce lieu de désolation.
La pluie se fait battante.
Une larme se mêle à l'ondée...

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Dernière édition par Elladan le Jeu 6 Aoû - 9:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Et maintenant ?   Lun 8 Sep - 19:01

Je ne me retournerai pas.
Que verrais-je de toute façon?
La pluie n'a pas cessé depuis tout à l'heure... Les nuages sont de plus en plus bas...
Ma vue ne porte plus bien loin.
C'est à peine si je vois encore l'orée du bois...
Je fixe la limite de la forêt devant moi. Je ne sais même pas pourquoi je vais là...
Ah si, ça me revient. Je m'étais dit que j'irais là pour avoir un abri contre la pluie...
Je ne me projette plus au-delà de mon futur proche.
Avant, je préparais, planifiais... pour arriver à quoi? A ça? L'avais-je prévu?
Rien n'est acquis. Rien ne reste figé. Tout change, tout se transforme, même ce que je croyais indestructible. Cela ne sert à rien de prévoir puis d'être déçu. Autant voir venir, si l'avenir me sourit, je serai agréablement surpris...
Et sinon? Et Bien... tant pis.

Tout en marchant, je touche par réflexe mon avant-bras, là où se trouve la marque...
Se trouve? Ou bien se trouvait?
Curieux – ou par désir de souffrir je ne sais pas – je lève mon bras à hauteur de mes yeux.
Elle est toujours là.
Mais à peine visible, comme si le temps et les éléments l'avaient érodée.
Je devine encore ses contours, les suit machinalement du doigt, mais je ne sais même pas si quelqu'un d'autre la verrait.
Si elle est toujours là, si faible soit-elle, peut-être l'Empire est-il toujours là?
Quelqu'un a-t-il survécu?
Et bien, oui, idiot.
Toi.
Enfin... Moi plutôt.

Cette marque...
C'est amusant... J'ai l'impression de n'avoir jamais vécu sans elle.
Je ne suis pas comme les autres.
Eux, ils sont venus, plein d'appréhension, nous offrir leur aide... Ou nous supplier de nous rejoindre, selon les cas....
Moi pas.
Cette marque...
Je l'ai depuis ma naissance. Je n'ai pas eu le choix, je crois. Mais si je l'avais eu, en aurais-je choisi autrement?
Peut-être.
Mais est-ce que je regrette?
Pas du tout. Je suis fier de ce que je suis devenu. De ce que je suis.
Depuis toujours, je vis en EnferS. Là a toujours été mon foyer.
L'antre de paix et de calme d'un jeune nécromancien, adorateur de Posicillon...
Au cœur du bercail de Vulfume...
Cela ne m'a jamais dérangé. Je n'y avais jamais pensé pour dire franchement...
C'est assez cocasse pourtant...
Illogique plutôt, cela ne me fait pas vraiment rire...
De l'eau dans du feu...
Si elle est assez nombreuse, elle l'éteint, sinon elle disparaît, évaporée...
Ils ne peuvent cohabiter...
Les quelques autres Posicilliens qui combattent à mes côtés n'ont pas trop l'air dérangés par ça non plus...
Et pourtant maintenant que j'y pense, j'ai le sentiment qu'il me faut une réponse...

Le fil de mes pensés est interrompu par l'ombre des premiers arbres, qui me dominent, qui m'écrasent presque. Je me sens comme aplati par leur grandeur. Ils me défient.



Je me sens intimidé de pénétrer dans leur demeure.
Mais ce ne sera pas long.
Le temps que la pluie cesse, et je rejoindrai la rivière.
Puis je suivrai son cours.
La source de ma question est ici.
J'espère en suivre le fil et en trouver l'embouchure.

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MessageSujet: Re: Et maintenant ?   Mar 25 Nov - 21:54

La pluie a cessé. Seule reste l'odeur humide de son passage.
La nature a été purgée, rincée... Moi aussi, je me sens plus propre.
Comme si le désespoir qui me collait à la peau avait été entrainé par les gouttes et avait rejoint l'humus de la forêt...
L'abattement a glissé le long de ma peau et m'a enfin quitté.
Ce que j'ai vécu il y a à peine une heure me semble déjà loin; je renais, je vais de l'avant.

Je marche vers la rivière, son rugissement furieux me guidant.
Finalement, j'atteins l'orée du bois. Ces arbres ne m'intimident plus.
Ils ont été mes protecteurs durant l'averse. Et le seront à nouveau lors de la prochaine.
Ils seront toujours là, fixes, inébranlables.
Au fil de l'eau, ils resteront prêts de moi, défenseurs de mon intimité.
Je rejoins finalement le cours d'eau. Il s'écoule, rapide et déterminé, vers la côte.
A chaque méandre, des gouttes d'eau jaillissent et fusent sur la rive telle la sueur de quelconque bête enragée et enfermée cherchant à s'échapper de sa prison.
Je suis son cours, apaisé, malgré l'eau qui se déchaine à mes côtés.
Après quelques instants, le sol se dérobe, l'eau le suit dans sa chute.



Tout en marchant, je me tourne à nouveau vers mes interrogations.
Je me goûte, je me roule en moi même.
J'ai lu ces quelques mots quelque part, dans mon passé, je ne sais plus où, ni quand, mais ils reflètent bien ma démarche actuelle, mon introspection...
Mon appartenance aux EnferS me semble tout à coup aller de soi.
Pourquoi me suis-je tant torturé l'esprit?
Je n'ai pas choisi ma patrie, je n'ai pas choisi ma famille...
Mais même si je n'ai postulé, ni consciemment choisi les miens, je suis bien tombé.
J'y suis, j'y reste.

Ces quelques maigres conclusions se sont pourtant faire désirer.
Le paysage a eu le temps de changer.
La rivière ne coule plus dans la forêt dense, les arbres m'ont abandonné.
A présent, seules des hautes herbes et des broussailles bordent le fil de mes pensées...
La végétation se fait plus aride à chaque pas.
Bientôt, les seules plantes survivantes sont celles dont les racines peuvent s'abreuver dans la rivière.
Le soleil quant à lui, ne manque pas.
J'ai dû marcher longtemps; il n'y a plus trace des nuages qui m'ont surpris tout à l'heure.
Il devrait faire nuit depuis longtemps.
Pourtant, il fait chaud, toujours plus chaud, si c'est possible.
Le soleil est à son zénith depuis des heures...
Me voici dans le désert. Mais ma rivière est toujours là, opiniâtre.
Mais, au lieu, de s'élargir, elle s'amincit.
Je n'en était pas sûr mais si.
De rivière, elle est devenue ruisseau, et le ruisselet n'est pas loin.
Me voici avec le désert partout où que je regarde.
Seul ce mince filet d'eau me rappelle à ma tâche
Derrière moi, les arbres protecteurs ne sont plus qu'un agréable souvenir.
J'ai peine à croire qu'ils aient existé.
J'ai peine à croire que quoi que ce soit ait existé.
Si ce n'est ce désert.

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MessageSujet: Re: Et maintenant ?   Jeu 27 Nov - 21:41

Je marche toujours.
Depuis des jours d'après moi...
Depuis quelques minutes d'après le soleil...
Pourtant j'ai avancé; mes traces en témoignent.
Pas un souffle de vent pour effacer mon chemin... Juste cette chaleur étouffante....
Le ruisselet en témoigne également.
Ou le ru, plutôt.
Ce n'est plus qu'un mince filet d'eau agonisant au fond de son lit.
Aurais-je subi tant de souffrances pour me retrouver face à une flaque asséchée?

Ma vue se brouille, je crois voir ma cité perdue au loin, une silhouette dans la brume, une forêt drue du coin de l'œil qui disparaît quand mon regard cherche à l'attraper...
Je tombe à genoux.
Une de mes mains effleure le filet d'eau.
J'ai soif. Il faut que je boive.
Je suis prêt de l'eau depuis des heures et je n'ai pas pensé à en prélever pour moi-même,
La source de la vie...
Même si je sers les EnferS, je me dois de respecter ce qui nous fait vivre...

Finalement, alors que mon compagnon est sur le point d'être tari, il atteint son but.
Le ruisselet rejoint une oasis.
Au milieu du désert, de la sécheresse, là où le feu règne en maître, l'eau survit.



Les deux ne sont donc pas incompatibles...
Cette grand rivière a parcouru des dizaines, des centaines de lieues, pour approvisionner cette oasis en une quantité tout juste assez suffisante pour empêcher le désert d'en venir à bout.
Contre son gré, le désert cohabite avec l'élément qui est en tout son opposé.

Si je garde ma volonté et mon énergie, je pourrai servir ma famille sans renier mes origines.
Et c'est ce que je ferai.
A présent, je suis apaisé. Je suis en paix. Je sais pourquoi ce périple, j'ai ma réponse.


Et maintenant?

Je ne pense plus avoir aucune raison de vivre dans un monde où je me retrouve seul.
Que je rêve ou pas, je n'ai plus aucune raison de revenir en arrière.
Je m'engage dans le désert.
Et j'arrête de réfléchir.

Bientôt, le désert m'entoure de toutes parts. Et cette fois-ci, je suis vraiment seul.
Mes mirages me reviennent, je revois ma cité, mes compagnons, mon oasis, mes arbres...



Mon esprit commence à renier mon corps.
Ce que mes sens décodent, il ne l'analyse plus.
J'ai l'impression que le soleil a repris sa course.
Il me semble qu'il se couche, je ne sais plus...
Mes jambes décident tout à coup de ne plus me porter.
Mon visage heurte le sable encore brûlant.
Je ferme les yeux.

Néant
.

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MessageSujet: Re: Et maintenant ?   Sam 13 Déc - 18:46

Ça devient un peu long là...
Toujours ce néant...
Que mes paupières les voilent ou qu'elles ne le fassent pas, mes yeux voient la même chose: rien.
Je ne sens rien.
Je n'entends rien, si je tente d'émettre un son, j'ai l'impression qu'un bâillon invisible l'étouffe et l'assourdit immédiatement.
Je ne respire même rien. Et pourtant, je vis. Enfin, je crois.
Je flotte...
Tout à coup, c'est comme si, tout redémarrait d'un coup, comme si la peinture s'animait.
Les personnages du tableau prennent vie (même si mon tableau personnel ne devait pas être plus fascinant que ça).
J'ai l'impression que je bouge dans ce néant, que je m'y déplace...
Et que j'accélère.
Des traits de lumière strient mon néant, le lacèrent.
Ils me laissent ainsi voir des bribes de réalité incompréhensibles...
Finalement, je traverse les derniers fragments de ce vide.
C'est l'apocalypse, la levée du voile.
La réalité qui m'était cachée m'est enfin dévoilée.
Mais je n'ai que le temps de l'entrevoir avant de heurter violemment le sol meuble et de repartir vers un autre néant temporaire...

J'ouvre enfin les yeux, pour une période un peu moins courte que la dernière fois, je l'espère...
Le soleil se lève, l'ombre quitte ces nouvelles terres où je me pose, quelles qu'elles soient.
Une faible lumière éclaire petit à petit une terre sur laquelle rien ne pousse...
Une terre stérile qui me rappelle un lointain souvenir...
Je me redresse difficilement, j'ai mal partout, chaque parcelle de ma peau est assaillie par les courbatures...
Je reste quelques instants à genoux et combats les vertiges qui m'agressent eux-aussi...
Finalement, je parviens à me tenir sur mes pieds.
Je me rends compte que je ma gorge est sèche et que ma peau est brûlée.
Mon cerveau cherche également, à grands coups de boutoir, à quitter mon crâne, et ce n'est pas ce qu'il y a de plus agréable...
Le désert a laissé ses marques.
J'ai si soif...

Je fais face à l'ouest, je vois la terre ravagée que je connais si bien...
Normalement, la cité et le palais se trouvent dans mon dos.
Je n'ose regardé, de peur d'être déçu, à nouveau.
Tant de fois j'ai espéré revoir ce paysage, maintenant qu'il est peut-être à portée de main, je doute...
Un instant seulement.
Je ferme les yeux.
Je me retourne.
Prie la déesse...
Et ouvre les yeux.
Je ne me rappelle pas avoir déjà éprouvé autant de joie, même après un meurtre particulièrement glorieux.
Le jour se lève sur les EnferS...



Je me dirige vers la porte.
Je vais enfin rejoindre les miens.

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